Trois initiatives porteuses

Dossier Collaboration industrie-commerce, moyens propres de livraison, anticipant le durcissement de la réglementation, réduction des kilomètres à vide... La grande consommation avance à grands pas vers une meilleure efficacité de la supply chain.

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Castorama crée un portail web collaboratif

L'idée

Un portail web collaboratif permettant à tous les acteurs de la supply chain de Castorama (équipes centrales, magasins, entrepôts, plates-formes, transporteurs...), ainsi qu'à ses fournisseurs, de suivre en temps réel les flux physiques, de communiquer entre eux et de partager les informations. Voilà le projet que mène Castorama depuis 2011, et qui s'insère désormais dans la stratégie de l'enseigne, 100% des produits disponibles en magasin. Un sacré défi dans le bricolage, où, « au contraire de l'alimentaire, le marché des fournisseurs est très peu concentré », relève Laurent Nicastro, directeur supply chain de l'enseigne.

Un taux de rupture produit ramené à 1,6% en magasins.

Castorama en compte quelque 800, dont la maturité supply chain est très hétérogène. « Nous avons identifié 300 fournisseurs auprès desquels nous réalisons 60% de notre masse d'achats, et qui transitent par nos filières supply chain centralisées soit sur entrepôts, soit sur plates-formes via le cross docking. » Ce sont donc ces fournisseurs, qui reçoivent par EDI les commandes des magasins, qui se connectent au portail, et l'alimentent. « Ils indiquent les flux prévisionnels des livraisons sur le portail. Les cellules d'optimisation transport s'organisent en conséquence : elles prévoient les camions nécessaires et anticipent en amont le groupage des marchandises de manière beaucoup plus fine et fiable », explique Laurent Nicastro. Ces cellules vont même jusqu'à « tirer par anticipation » du flux en provenance des entrepôts afin de compléter les mètres linéaires disponibles dans les remorques. Enfin, les prestataires et les magasins ont une meilleure visibilité des flux à venir et peuvent anticiper leurs opérations (surfaces, ressources).

Les résultats

1 000 utilisateurs ont désormais accès aux bases de données du portail web. Chacun, avec un identifiant, consulte les seules informations le concernant. « C'est d'abord un gain en termes de réduction de tâches répétitives sans valeur ajoutée, de rapidité en matière de communication, d'accès à l'information et de mise en place d'actions correctives en cas de problème, se félicite le responsable supply chain. L'étiquetage des supports, par exemple, ne se fait plus qu'une fois chez le fournisseur qui en a la responsabilité. Cet étiquetage servira ensuite à assurer toute la traçabilité du flux. » Accélérer et tracer un flux plus fiable et plus optimisé depuis le fournisseur jusqu'au magasin fait partie des actions clés du projet stratégique du « 100% disponible ». Depuis le début de la démarche, le taux de rupture a été divisé par deux. Il atteint à l'heure actuelle 1,6%.

Monoprix livre ses clients par triporteur électrique

L'idée

Monoprix étoffe sa gamme de modes de livraison de courses à domicile, dans un contexte de plus en plus compliqué pour les camions : manque de place pour stationner, embouteillages... Depuis l'été 2011, l'enseigne propose, au travers de son prestataire Star's Service, une livraison à domicile par triporteur avec assistance électrique. Star's Service a racheté le groupe La Petite Reine, spécialiste du service.

88 000 livraisons clients par triporteur en 2012

Celui-ci est proposé à Paris, mais aussi à Bordeaux, Toulouse ou Aix-en-Provence. 90 « cargo-cycles », c'est leur nom, sont en circulation en journée. La nuit, ils stationnent dans des « espaces logistiques urbains », en général des parkings, dans lesquels leur batterie est rechargée sur des bornes électriques prévues à cet effet. Pas besoin d'être champion cycliste pour piloter le triporteur. « Il suffit de donner le premier coup de pédale, le moteur électrique prend le relais », explique Nathalie Pourzand, directrice marketing de Star's Service. Le périmètre de livraison est compris entre 500 m et 1 km autour du magasin.

Les résultats

À l'heure actuelle, Monoprix effectue 880 000 livraisons chaque année par triporteurs. Le volume du coffre (1,5 m3), et la capacité de charge (180 kg) permettent d'embarquer une douzaine de bacs, soit la livraison de trois à quatre clients en moyenne. Le bilan environnemental est double. D'abord, ce mode de livraison limite les nuisances sonores et permet d'accéder au plus près des immeubles en zones piétonnes. Ensuite, Monoprix économise 90 tonnes équivalent pétrole (Tep) chaque année, et évite près de 600 000 km parcourus par des camionnettes rien qu'à Paris.

Coca-Cola évite les retours à vide

L'idée

Dans le langage logistique on appelle ça le « backhauling ».

Une économie de 325 000 km à vide

En clair : éviter, quand c'est possible, de faire les trajets de retour à vide, en tout cas les minimiser. Les géants des eaux et des sodas, Coca-Cola au premier chef, sont pionniers en la matière. Au sortir d'une usine Coca-Cola, par exemple, le camion va vers l'entrepôt client puis vers le magasin. Il revient à l'usine, pourtant éloignée, à vide. Désormais, il retourne du magasin vers l'entrepôt tout proche.

Les résultats

Coca-Cola Entreprise commence à tester le dispositif en 2009, avec deux routes concernées. En 2013, elles sont au nombre de neuf. En 2012, près de 1 200 livraisons clients ont été réalisées selon ce modèle, avec une économie de 325 000 km à vide non roulés et 350 t de CO2 non émis.

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Article extrait
du magazine N° 2266

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