UFC-Que Choisir fait un parallèle entre l'absence de concurrence et les niveaux de prix

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LÉGISLATION - LOISL'association de consommateurs a mené une vaste enquête dans 634 zones de chalandise visant à démontrer que seulement 30 % de celles-ci sont concurrentielles.

Lorsqu'un magasin fait face à une concurrence insuffisante, les prix sont plus élevés. Telle est la démonstration que l'UFC-Que Choisir fait en se basant sur une vaste enquête sur les prix dans 634 zones de chalandises, soit 40 % du total en France. Les écarts atteignent en moyenne 1,30 %, mais peuvent atteindre 20 % dans certains cas. « Il apparaît évident que les distributeurs, notamment Carrefour et Auchan, adaptent leurs prix à l'environnement concurrentiel local », a fustigé Alain Bazot, président de l'UFC-Que Choisir, dont l'étude a été présentée hier aux sénateurs chargés de mener les auditions sur la future loi de modernisation de l'Economie, qui prévoit la réforme de la loi Raffarin. L'étude a comparé les prix des zones de chalandises comportant un, deux ou trois hypermarchés, ainsi que la présence des hard-discount dans le secteur, et comparé les résultats : « un ménage qui fait ses courses au Leclerc de Talence qui est une zone non concurrentielle, paiera 9,3 % de plus qu'au Leclerc de Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, en concurrence avec un Géant Casino ; le Carrefour du 15e arrondissement de Marseille est 5,5 % plus cher que celui du 8e, qui fait face à un autre hypermarché dans sa zone ». Les indices de prix ont été collectés par des bénévoles entre le 8 et le 23 septembre 2007, l'échantillon de produits étant composé de 160 articles dont 110 grandes marques et 50 marques de distributeurs. L'écart entre les positions extrêmes pour ces prix est le plus élevé chez Carrefour, avec 2,16 % entre le moins cher et le plus cher des Carrefour. «Même dans les zones riches, les prix sont plus élevés quand il n'y a pas de concurrence », affirme l'association. En écarts de prix résultant de «positions dominantes », Carrefour et Auchan seraient les deux premières enseignes, tandis qu'en nombre de magasins dans des zones non ou peu concurrentielles, c'est Carrefour et Leclerc qui arrivent en tête. De ce fait, Alain Bazot «ne comprend pas que le gouvernement fasse de la négociabilité sa priorité pour la baisse des prix, alors que les enseignes ont déjà tout le loisir de baisser les prix avec la possibilité, depuis la loi Chatel, de réintégrer les avantages obtenus auprès des fournisseurs dans ces prix. Or, l'autre hypothèse des hausses de prix provenant en fait de l'absence de concurrence n'est pas prise en compte ». Il préconise non l'ouverture de nouveaux magasins, mais de donner la possibilité au Conseil de la concurrence de prononcer des injonctions de cession de magasins. «Dans le cas des stations-services sur les autoroutes, lors de la fusion Elf-Total, il a été exigé que certaines stations soient revendues aux grandes surfaces. Il faut qu'il en soit de même pour les hypermarchés. Il faudrait contraindre les groupes de revendre leurs magasins à d'autres acteurs économiques». L'étude fait essentiellement ses comparaisons sur la concurrence entre hypermarchés, «la présence de supermarchés et même des hard-discounters ne changeant réellement pas les niveaux de prix. Comme la Commission européenne a déjà eu l'occasion de le formuler, les hypermarchés contre des supermarchés ne sont pas des magasins réellement en concurrence », a indiqué l'Association, devant les questions sur la surprenante absence de supermarchés dans l'étude comparative.

Sylvain Aubril

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