Ulmart, l’Amazon russe, en passe d’entrer en bourse en défiant l'Occident

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Ulmart n’a pas peur d’Amazon et l’a fait savoir dans une récente interview sur une chaine de télé américaine. Nouvelle preuve de cette défiance vis-à-vis de son ennemi assumé, une très probable intronisation en bourse londonienne dès l’année prochaine. Le tout dans un style direct et avec un regard acéré sur la crise diplomatique actuelle entre la Russie et une partie de l’Occident.

Dmitry Kostygin, président du conseil d'Ulmart, avait déjà lancé des pics contre Amazon lors d'une interview à la télévision américaine.
Dmitry Kostygin, président du conseil d'Ulmart, avait déjà lancé des pics contre Amazon lors d'une interview à la télévision américaine.© Capture Bloomberg

En passant la barre des 602 millions de livres Sterling de chiffre d’affaires, Ulmart passe aussi la barre psychologique du milliard en dollars. De quoi alimenter les rumeurs autour d’une très probable intronisation à la bourse de Londres dès 2015. Selon Business Insider, dont Amazon est l’un des actionnaires, Ulmart finaliserait la sélection de conseillers financiers afin de préparer cette IPO. Deux établissements, la Goldman Sachs et la banque de Moscou, seraient sur les rangs pour une valorisation estimée pour le moment entre 2,5 et 3 milliards de dollars.

Le marchand électronique russe fonctionne sous le mode de la place de marché et se différencie des commerçants occidentaux notamment par des points de distribution logistiques placés au cœur des villes. Un modèle qui s’adapte parfaitement au marché russe, mais qui doit désormais sortir de ses frontières pour atteindre ses folles ambitions. Il projette notamment un chiffre d’affaires de 1,6 milliard de dollars pour l’année prochaine, soit une hausse de 60%. A titre de comparaison, lorsqu’Amazon a franchi le cap du milliard de dollar, sa croissance annuelle s’est contentée d’une moyenne de 30%.

Dmitry Kostygin, son directeur général et principal actionnaire (60% des parts) ne semble pas non plus découragé par le contexte politique explosif depuis le début de la crise ukrainienne. Dans un style très personnel et franc, il adresse un message à ses détracteurs: "il y a assez de capitaux en Russie et ce pays restera la cinquième puissance économique mondiale pour au moins les dix années à venir. Viser les capitaux russes à l’étranger est une manière de réagir très primitive. Si les pays de l’Ouest sont aussi stupides, je pense que cela finir par bénéficier à la Russie. Les russes prennent déjà leurs distances avec les entreprises occidentales, comme Facebook et Visa, et se tournent vers leurs homologues locaux ou asiatiques." Dmitry Kostygin en profite au passage pour évoquer ses goûts en matière d'organisation politique: celle de la Suisse où reigne "la souveraineté des petites communautés".

Le russe Ulmart en Angleterre et le chinois Alibaba à New York. L’expansion des e-commerçants mondiaux grâce aux places financières de l’Occident démontrent une autre facette de la puissance des émergeants, s’il en était besoin.

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