Marchés

Un assortiment croissant

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Quasi inexistante il y a encore trois ans, l'offre halal se construit sous l'impulsion des marques nationales et désormais aussi des distributeurs. Le frais non laitier reste la principale catégorie, mais les possibilités de diversifications sont considérables.

Part de marché en valeur en 2010 (%) et évolution versus 2010
Part de marché en valeur en 2010 (%) et évolution versus 2010© Source : Nielsen France - HM, SM, HD

Tout un symbole, l'arrivée de Carrefour Halal dans les rayons de l'hypermarché lors des fêtes de fin d'année dernière... Après avoir hésité (les noms de Yasmine ou de Sabrina ont circulé), le numéro un français a finalement décidé d'avancer à visage découvert sur ce marché à potentiel mais ô combien tabou. Une première, alors que Casino, pionnier, a préféré en 2009 ne pas exposer son nom au profit de Wassila. Au-delà de savoir s'il faut y aller avec sa marque ou pas, l'intérêt pour le halal ne fait plus de doute. À preuve, l'offre ne cesse de se multiplier ces derniers mois. Du côté des MDD donc, mais aussi des spécialistes et des marques nationales. Derniers exemples en date, celui de Martinet et de ses Recettes de Nurdan (le prénom de l'épouse de Pierre Martinet), ou celui tout récent de Daunat, qui lance ce mois-ci une gamme de sandwich halal. Le snacking représente plus largement un gros potentiel. Pour répondre aux attentes des clients en quête de nomadisme et de produits modernes, les marques creusent ce sillon, avec non plus seulement des sandwichs mais aussi des hamburgers ou, encore tout récemment, des croque-monsieur micro-ondables. Dans le même esprit, le rayon plats cuisinés, frais ou surgelés, est en plein boom, respectivement de 50,9% et de 35,9%, selon les données exclusives Nielsen France à fin 2010.

L'assortiment restant, rappelons-le, à ce jour dominé par le rayon frais non laitier, la charcuterie de volaille en tête. « Avec 36,7% de part de marché valeur, en hausse de 42,4% en 2010, cette famille contribue pour moitié à la croissance du marché », souligne Sébastien Monard, insight manager Nielsen France. Parmi les précurseurs, Fleury Michon « compte bien continuer à accompagner ce marché, mais de façon progressive », précise Patrick Lerüe, directeur Fleury Michon pour l'activité charcuterie. Pas question donc de se développer à tout-va et de perdre en crédibilité !

« Les sources de diversification sont multiples », confirme néanmoins Sébastien Monard. Parmi les gisements à explorer, l'épicerie sucrée, avec déjà des bonbons halal (+ 116,4% en 2010), l'épicerie salée avec les soupes et les sauces froides dont le chiffre d'affaires, certes modeste, a été multiplié par près de 4 en 2010, ou encore l'alimentation infantile, qui pourrait jouer un double effet réassurance pour toutes les mamans musulmanes.

Pas seulement de la charcuterie...

Si la charcuterie de volaille et la viande restent les principaux postes de dépenses et le moteur du marché halal, l'offre se multiplie notamment dans le surgelé avec la multiplication de plats cuisinés et, de façon plus anecdotique, sur l'épicerie via les soupes et les sauces.

 

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