Un bilan 2002 contrasté pour Leclerc, Carrefour et Casino

Les premiers chiffres 2002 mettent Leclerc en tête, avec des ventes en progression de 5 %. Développement des surfaces de vente, multiformat et conquête internationale font apparaître un bilan plus contrasté.

Avec des ventes en hausse de 5 % en 2002, les centres E.Leclerc affichent la meilleure progression de la distribution alimentaire (sous réserve de connaître celle de Système U), bien au-dessus des indices FCD.

Faut-il en conclure que le « système Leclerc » serait mieux armé que ses concurrents pour se jouer d'une croissance molle ? « Attention aux comparaisons hâtives », répond-on chez Dexia Securities, dans une note publiée le 31 janvier. «Ce chiffre de 5 % doit être relativisé par plusieurs éléments », expliquent en substance les analystes, en particulier par la variation des surfaces de vente. En effet, bien que Leclerc annonce un chiffre d'affaires « à périmètre pratiquement constant », sa surface de vente totale en hypermarchés a augmenté de plus de 3 % par rapport à 2001, passant de 1,88 million de mètres carrés à 1,94 million, ainsi que l'indiquent les chiffres diffusés par LSA dans l'Atlas de la distribution. Dans le même temps, Carrefour n'a augmenté sa surface de vente en hyper que de 1,6 % en France. Pour Casino, enfin, l'augmentation de 3,9 % des ventes coïncide pratiquement avec celle des mètres carrés « français » : + 3,5 %.

Les bonnes performances de Leclerc tiendraient, par ailleurs, à son positionnement sur des magasins de taille moyenne, épargnés par la désaffection supposée des consommateurs pour les grands hypermarchés. « C'est incontestablement un facteur de succès, analyse un franchisé Carrefour, qui attribue pour une part au même élément ses bons résultats en 2002. Mais cet engouement, s'il est vrai aujourd'hui, ne le sera peut-être plus demain. »

Sur les moyennes et petites surfaces, Casino et Carrefour sont d'ailleurs loin de laisser l'initiative à Leclerc. Les chiffres sont là : en France, Casino affiche une progression de 6,2 % des ventes de proximité et Carrefour de 4,4 % (chiffre qui inclut les supermarchés).

L'incontournable hard-discount

Bien que champion autoproclamé du discount, Leclerc est absent d'un autre secteur en plein boom : celui du hard-discount. Malgré un trou d'air au quatrième trimestre, Casino affiche une progression de 6,9 % des ventes de Leader Price sur l'ensemble de l'année. Carrefour fait presque aussi bien, avec, en France, 6 % de hausse d'un format de distribution dont il a fait une de ses armes privilégiées de conquête internationale. Sortir des frontières est désormais vital, car la bataille pour les parts de marché en France peut réserver bien des surprises. Ainsi, en dépit de la bonne progression de ses ventes, Leclerc est perdant dans la mesure où il passe de 16,9 % à 16,8 % de pénétration du marché.

L'international reste, en dépit des aléas macro-économiques, le vrai champ d'affrontement. Bon an mal an, Carrefour y réalise 50 % de son chiffre d'affaires, 2002 devant être considérée à cet égard comme une mauvaise année : le rapport 49-51 entre France et international atteint en 2001 s'est, en effet, inversé principalement en raison de fortes variations de change.

Mêmes causes et mêmes conséquences pour Casino, qui a vu la part de ses ventes internationales diminuer en 2002 de 24,8 % à 23,4 %. Le groupe stéphanois est néanmoins déterminé à compter sur la scène mondiale. L'association conclue l'an dernier avec Auchan au sein de l'International Retail and Trade Services doit servir cette ambition. « La structure s'est mise en place en ce début d'année comme cela était prévu et les premiers contrats ont déjà été signés », annonce Jacques-Édouard Charret, vice-président d'IRTS et directeur général d'EMC, la centrale d'achats du groupe Casino.

Parti très longtemps après les autres, Leclerc avait réalisé, en 2001, un chiffre d'affaires de 610 millions d'euros hors de France, soit à peine 2 % de ses ventes globales. Les 3 % réalisés l'an dernier peuvent donc être considérés comme une bonne avancée. L'année en cours devrait constituer un tournant pour le mouvement : l'Unilec, la société créée pour favoriser l'expansion internationale, dispo- se désormais d'un budget de 300 millions d'euros depuis l'augmentation de capital votée fin décembre. Dans les cinq pays (Pologne, Espagne, Portugal, Italie et Slovénie) où le groupe est implanté, il promet « une dizaine de projets programmés ou en cours de réalisation ». Pour la seule Italie, l'accord avec Conad prévoir six nouvelles ouvertures d'ici au printemps 2004.
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Article extrait
du magazine N° 1800

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