Un bug européen dans les insecticides

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Il y a de plus en plus d'insectes indésirables. Un facteur essentiel de bonne santé pour le marché des insecticides. Seuls problèmes : l'incertitude liée au désengagement de Sara Lee et l'évolution de la législation européenne.

Guêpes, fourmis, cafards, punaises de lit, mouches, araignées, mites alimentaires, frelons, acariens, puces, poux... plus on en tue, plus il en vient ! La plus belle des promesses de développement dont le rayon insecticides puisse rêver. De fait, à l'instar des spéculateurs qui profitent de la mondialisation des marchés, les insectes voyagent également de plus en plus. Sans parler des modifications climatiques qui, de façon tendancielle, facilitent l'implantation de nouvelles espèces dans l'Hexagone. « C'est incontestable, même si le marché est extrêmement dépendant des conditions météorologiques qui jouent un rôle très important dans la prolifération de certaines espèces majeures, les moustiques notamment, l'avenir est globalement très prometteur. Les insectes ont de beaux jours devant eux », affirme un industriel.

Le pari vert :                                                                                      Mortis répulsif ultrasons moustiques est un appareil à ultrasons qui chasse et repousse les moustiques femelles (les mâles ne piquent pas). L'émetteur, portable, peut être utilisé à la maison, sur la terrasse, en camping... La protection est naturelle et n'entraîne pas d'accoutumance. Mortis est la gamme de La Compagnie générale d'insecticides destinée aux GSA. Jusque-là implantée au rayon jardin, elle pourrait, pour améliorer ses performances, bientôt tenter sa chance du côté du DPH.
Haltes aus gûepes et frelons:                                                          Reformulé l'an dernier pour faire face à l'arrivée du frelon asiatique, le « Halte guêpes et frelons » de la société Fulgator, PME familiale basée à Sarlat, en Dordogne, existe en fait depuis plus de vingt ans, et a d'abord été utilisé par la brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Une référence pour le moins prestigieuse qui a très certainement favorisé l'arrivée du produit en grande distribution. Premier référencement chez Le Galec, en 1991. Beaucoup d'autres enseignes alimentaires se sont laissé séduire depuis...

Nuages noirs à l'horizon

Un avenir radieux tout de même obscurci, pour les industriels en tout cas, par deux nuages. Le premier est l'avènement progressif d'une nouvelle législation européenne (directive Biocide et règlement Reach - enregistrement, évaluation, autorisation et restrictions des substances chimiques) qui fait peser sur les industriels de nouveaux et très importants coûts (enregistrement des composants, homologation des formules...). Un surcoût de quelques centaines de milliers d'euros qui sera, bien sûr, répercuté sur les prix de vente, mais que certains petits industriels estiment d'ores et déjà quasiment insupportables. « Les grands leaders mondiaux qui développent des stratégies basées sur les volumes pourront absorber le choc. Il en va tout autrement pour les petits acteurs, qui devront imputer ces coûts d'homologation sur des potentiels de vente beaucoup plus réduits. Je crains que cela ne soit impossible pour beaucoup d'entre eux », affirme le même industriel.

Second nuage qui constitue d'ailleurs l'actualité majeure de ces derniers mois, la reprise, pour l'instant en suspens, des activités européennes « insecticides domestiques » de Sara Lee (Pyrel, Catch, Vapona) par SC Johnson (Baygon, Raid), lequel distribue déjà par ailleurs les produits grand public de Bayer. Face aux objections bruxelloises, Sara Lee vient purement et simplement d'annuler la procédure en cours, sans pour autant remettre en cause le principe de la cession. Scénario le plus probable : une cession partielle du catalogue de marques. Johnson pourrait par exemple se contenter de Pyrel, et laisser un troisième larron reprendre Catch et/ou Vapona. Sara Lee a affirmé, début mai, sa volonté de clore le dossier d'ici à la fin de l'année. Difficile donc, aujourd'hui, de dire à quoi ressemblera le rayon d'ici à quelques mois. Le plus important est sans doute qu'il soit en ordre de marche début 2012 pour préparer correctement l'été qui suivra.

Les chiffres

- 3,4% L'évolution du marché des insecticides, à 128 M €  (rayon entretien courant), CAM à fin février 2011, en hypers et supermarchés Source : SymphonyIRI Un mauvais printemps et un été 2010 tardif expliquent pour l'essentiel le recul du marché au cours de l'année écoulée. 2011 présente, à fin mai, un contexte totalement opposé. Une excellente nouvelle pour le rayon.

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Article extrait
du magazine N° 2186

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