Un conservateur, le MIT, bientôt interdit dans les cosmétiques ?

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Son petit nom, c’est MIT. Voire MI, pour les intimes des longs documents européens. Pour les chimistes c’est le Methylisothiazolinone. C’est également un bon exercice de diction pour les théâtreux. Mais c’est avant tout un conservateur pour les formulateurs de produits cosmétiques. Pas tous, mais une bonne partie en contient.

L’association européenne des professionnels de la cosmétiques Cosmetics Europe recommande ainsi aux marques de ne plus utiliser le MIT
L’association européenne des professionnels de la cosmétiques Cosmetics Europe recommande ainsi aux marques de ne plus utiliser le MIT

Pour faire simple, il permet aux produits de ne pas s’altérer avec le temps, et de conserver leur propriété. Mais voilà, il provoquerait certaines allergies et serait irritant pour la peau. L’association européenne des professionnels de la cosmétiques Cosmetics Europe recommande ainsi aux marques de ne plus l’utiliser. Cela n’a aucune valeur règlementaire pour le moment. Il faudrait que la Commission Européenne soit saisie et qu’elle change la règlementation en vigueur. Ce matin le 17 décembre, contactée par LSA, la Febea, la fédération française des entreprises de beauté, a repris cette recommandation à son compte pour les industriels français.

Un allergène suspect depuis longtemps

Le MIT est arrivé sur le marché en 2006 et son utilisation a été très largement répandue pour ses très bonnes qualités en tant que conservateur. Le comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS) avait rendu des conclusions sur ce conservateur conseillant de limiter sa concentration. Mais ne s'était pas prononcer clairement sur son aspect allergène, étant donné le manque de donné - bien qu’il lui reconnaissait cette propriété. Mais ne pouvait se prononcer de manière précise sur les doses. Sa concentration a donc été limitée à 0,01% du produit, afin de limiter ses impacts, avec un conseil de vigilance pour les produits sans rinçage - qui restent donc longtemps en contact avec la peau. 

Une meilleure méthode

Cependant, depuis 2009 de l’eau a passé sous les ponts, et des tubes à essai sur les paillasses des laboratoires. La méthode de calcul des risques sur les allergènes s’est améliorée. Baptisée Quantitative Risk Assessment for allergens, elle sous estimait sans doute l’exposition au produit, reconnait un rapport européen de 2009. (Page 6)

Face aux nouvelles données cliniques, et aux rapports dermatologiques, Cosmetics Europe a décidé d’agir et de déconseiller les marques d’utiliser le MIT. Certaines comme Pampers ne l’avaient jamais utilisé. D’autres comme Nivea et Huggies ont annoncé selon le Nouvel Observateur revoir leur formule.

Pour les autres, à ce jour, la contrainte n’est en aucun cas règlementaire. Mais il serait difficile de concevoir qu’elles ne le retirent pas progressivement… Ni que le règlement européen change sous peu... 

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