Un duo Martinez-Veyrat pour diriger Fnac-Darty

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Dossier Alors qu'Alexandre Bompard prendra ce mardi 18 juillet 2017 la direction du groupe Carrefour, la succession s'organise au sein de Fnac-Darty. Le duo formé par Enrique Martinez et Jacques Veyrat présidera désormais aux destinées du groupe.

Le groupe Fnac-Darty doit se trouver un successeur pour faire face au départ d'Alexandre Bimpard.
Le groupe Fnac-Darty doit se trouver un successeur pour faire face au départ d'Alexandre Bimpard.© © Fnac Darty

Alexandre Bompard vit, en ce 17 juillet 2017, son dernier jour de PDG du groupe Fnac-Darty. Dès demain, mardi 18, il quittera les quais de Seine d’Ivry pour s’installer tout près de ceux de Boulogne-Billancourt, à proximité immédiate de l’île Séguin, où siège Carrefour, groupe dont il deviendra le nouveau patron.

Un duo pour remplacer Bompard

A Ivry-sur-Seine, un autre homme s’apprête à changer de bureau, lui aussi, jeu des chaises musicales oblige. Ou plutôt deux hommes, car c'est bien un duo qui est appelé à remplacer Alexandre Bompard à la tête de Fnac-Darty. Deux hommes du sérail, qui connaissent parfaitement le groupe.

Enrique Martinez, près de 20 ans de maison

Enrique Martinez, 46 ans, 20 ans de Fnac l’année prochaine, est nommé directeur général du groupe Fnac-Darty. Une promotion logique pour lui qui, depuis cinq ans, était le bras droit du PDG Bompard, pilotant la Fnac Europe du Nord. Soit, avec la France, la Belgique et la Suisse sous sa responsabilité, quasi 75% des ventes de la Fnac, mine de rien.

Autant dire qu'Enrique Martinez étant dans l’opérationnel depuis toujours et connaissant sur le bout des doigts « ses » magasins Fnac, le groupe Fnac-Darty se trouve là un homme de terrain pour le diriger. Exactement ce qu’il convient à Darty, habitué du temps de Régis Schultz à voir le patron déambuler dans les rayons pour s’imprégner de l’atmosphère ambiante.

Jacques Veyrat, un maîtres ès-finances

Enrique Martinez sera épaulé, à la tête de Fnac-Darty, par Jacques Veyrat, nommé président du conseil d'administration. Membre du dece même conseil depuis quelques années, ce dernier, 55 ans en novembre prochain, maîtrise bien son sujet Fnac-Darty. Entré en 1995 dans le groupe Louis-Dreyfus, jusqu’à en prendre la direction, en tant que PDG, entre 2008 et 2011, avant de fonder sa société d’investissements Impala, il connaît bien, surtout, les milieux financiers. Une nécessité pour un groupe coté comme Fnac-Darty.

Des enjeux pas forcément simples

En somme, le duo Martinez-Veyrat devra se partager les tâches. A l’un l’opérationnel. A l’autre les arcanes financiers. Pas loin, dans les faits, à défaut de l’être dans la forme, du fonctionnement Bompard-Martinez qui prévalait jusqu’alors.

Ils ne seront en tout cas pas trop de deux pour présider aux destinées de Fnac-Darty. Les enjeux sont multiples, en effet. Si les synergies amont sont bien en place, les applications commerciales commencent seulement à fleurir : en mai 2017, la Fnac de Reims-Thillois est devenue la première du groupe à accueillir un espace Darty en son sein quand, quelques jours plus tard, l’inverse se produisait avec le magasin Darty de Clermont-Ferrand qui présentait un espace Fnac. Enfin, le 29 juin 2017, un magasin commun Fnac-Darty ouvrait à Biganos, près de Bordeaux.

Pérenniser ces expériences et passer des seuls magasins pilotes à un déploiement plus massif sera l’un des axes de travail majeurs que la nouvelle équipe dirigeante devra accompagner. Le tout dans un contexte de marché pas forcément simple.

Maintenir le cours de Bourse et le chiffre d'affaires

La cotation, d’abord. Elle est au plus haut et la maintenir à ce niveau s’annonce ardu : le cours de Bourse, qui dépassait à peine les 50 euros il y a un an, est aujourd’hui à 75 euros. Or, on le sait, la finance est volatile…. Il faudra au duo Martinez-Veyrat la convaincre que même sans Alexandre Bompard, petit prince à qui tout a réussi jusqu’à présent, l’investissement Fnac-Darty vaut la peine d’être poursuivi.

Maintenir le chiffre d’affaires dans le vert sera dans ce contexte primordial. Mais, là encore, cela ne sera pas simple. D’abord parce que les marchés de la culture, du multimédia et de l’électroménager restent fragiles, année après année. Mais, surtout, parce que la base de comparaison, pour cette année 2017 en cours, sera élevée. L’année dernière, en effet, les enseignes Fnac et Darty ont été portées par le boom des ventes de téléviseurs, dû au passage à la TNT-HD.

Darty avait ainsi vu son chiffre d’affaires bondir de 16% à l’occasion du dernier trimestre de son exercice décalé 2015-2016. Une performance qui, en dépit des qualités des équipes mises en place, ne se renouvellera pas. Pas sûr, alors, que la croissance de 2% affichée pour les résultats 2016, à 7,4 milliards d’euros pour le duo Fnac-Darty soit encore au rendez-vous en 2017.

 

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