Marchés

Un effet boeuf au rayon viandes

|

Malgré les critiques dont elle fait l'objet depuis des années, la viande reste dans les assiettes des Français. En particulier le boeuf, dont les offres économiques ont tendance à se développer fortement.

Le plus gros segment

La viande hachée, à 677,1 M€

Source : SymphonyIRI, CAM au 4.7.2010

Poids lourd du rayon boucherie libre-service, la viande de boeuf continue de s'imposer dans les assiettes de la plupart des Français. Son taux de pénétration est de 94%. Une performance qui mérite d'être soulignée tant ce produit est mis en cause par les nutritionnistes et les cancérologues. Sans oublier les défenseurs de l'environnement. À regarder de près, les industriels ont cependant quelques soucis à se faire.

 

Les offres protéinées en hausse

 

677,1 M€

Le chiffre d'affaires* + 2,7 % en valeur** + 3,5 % en volume**

0,91 % La part dans le chiffre d'affaires des PGC*

62,5 % La part des MDD en valeur*

Source : SymphonyIRI * CAM au 4.7.2010

** Évolution vs 2009

Le nombre de gros consommateurs de viande rouge est en baisse. Ainsi, le pourcentage de ceux qui mangent plus de 75 g de boeuf par jour a chuté de 21% en 2003, à 17% en 2009.

Plus inquiétante est cette évolution du marché vers des produits plus économiques, et donc plus gras, pointée par le Syndicat national de l'industrie des viandes. En 2009, la viande hachée contenant un taux de matières grasses de 20% a vu ses volumes augmenter de 17% en 2009. Et c'est sans compter le fort développement des offres protéinées, dont le taux de viande de boeuf oscille entre 50% et 80% selon les produits. En cause, la crise et un pouvoir d'achat qui diminue ? L'explication serait tentante, mais certainement incomplète : « Regardez l'explosion du budget consacré à la téléphonie. Les Français doivent retrouver l'envie de cuisinier et de s'arrêter au rayon boucherie », s'exclame un industriel. Encore faut-il qu'il s'y passe quelque chose...

 

Difficile de communiquer

 

La viande hachée

+ 0,91 %, à 677,1 M€

Source : SymphonyIRI, CAM au 4.7.2010, évolution vs 2009

Le constat est unanime : le marché est loin d'être arrivé à maturité sur le plan marketing. Et cela est bien normal lorsque l'on sait que l'industrie de la viande est l'un des secteurs les moins rentables de l'agroalimentaire (la rentabilité moyenne des industriels est de 0,6%, contre 2,6% pour l'ensemble de l'agroalimentaire). Difficile, dans ces conditions, de financer de grandes campagnes de communication ou de consacrer des sommes folles à la recherche et développement.

Certains fournisseurs s'y sont essayés, à l'image de Jean Rozé, la filiale du Groupement des Mousquetaires, qui, en 2008, a lancé la première gamme de viandes micro-ondables. En 2009, Charal, la première marque du rayon boucherie, lui a emboîté le pas. Sans grand succès.

Aux antipodes de cet univers purement pratique, les industriels semblent désormais jouer davantage la carte de la convivialité et du savoir-faire boucher. Ainsi, la nouvelle marque d'Elivia, Tendre et Plus, fait volontiers savoir que ses brochettes sont assemblées à la main. À cuisiner au four, au gril ou à la cocotte, la première côte de boeuf du rayon boucherie libre-service signée Charal mise sur les instants de convivialité. Les tartares façon bouchère rappellent l'ambiance des brasseries. Autant de propositions qui contribuent à soutenir la consommation de viande de boeuf. Preuve, s'il en faut, qu'un rayon peut fonctionner à condition de l'animer.

LES TENDANCES

Pot-au-feu aux légumes, tagine de boeuf à la mexicaine... Les plats cuisinés s'invitent à la boucherie.

Le marché de la viande de boeuf a tendance à se recomposer au profit du segment le plus économique, la viande hachée.

Les industriels s'attachent plus que jamais à donner une dimension conviviale à leurs produits.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter