Un fonds brésilien bientôt premier actionnaire de Carrefour ?

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Carrefour dit vouloir examiner dans les prochains jours la proposition portée par un fonds brésilien, Gama, de fusionner ses activités brésiliennes avec celles de CBD, le leader du marché, co-détenu par Casino. Au terme de l'opération, Gama deviendrait aussi le premier actionnaire du groupe Carrefour. Le groupe stéphanois s'insurge contre ce projet "hostile" affirmant qu'aucune négociation concernant l'avenir de CBD ne pourra se faire sans son accord. A l'heure de la fermeture de la Bourse de Paris, Carrefour gagnait 3,74%, tandis que Casino plongeait de 5,61%.

Une société brésilienne, Gama, détenue par un fonds d’investissement brésilien, a adressé le 27 juin à Carrefour et à son concurrent brésilien CBD, actuel partenaire de Casino (qui assure co-contrôler l'entreprise avec la famille Diniz et en est le premier actionnaire), une proposition de fusion entre les deux distributeurs au Brésil. Le montage prévoit dans un premier temps la fusion de CBD et Gama, CBD étant valorisé à quelque 7,5 milliards d’euros. Dans un second temps, CBD et Carrefour Brésil fusionneraient ; en échange de quoi le groupe français émettrait au bénéfice de Gama 90 millions d’actions de préférence représentant environ 11,7 % de son capital. Gama pourrait acquérir par la suite jusqu’à 6 % d’actions supplémentaires sur le marché et signerait un pacte d’actionnaires avec Blue Capital (Colony Capital et groupe Arnault), actuels actionnaires de référence du groupe Carrefour, avec 14,1% du capital.
Un incroyable pataquès que cette affaire brésilienne, qui pourrait donc bien voir Carrefour s'allier à la société brésilienne, Gama, détenue par les actionnaires d’origine de CBD (dont Casino ?) et par un fonds géré par une banque d’investissement brésilienne, BTG Pactual, comme principal actionnaire. « Gama est une coquille vide, créée de toutes pièces dans un objectif purement financier et court-termiste, réagit un connaisseur du dossier brésilien, proche de Casino. Et cette opération serait une mauvaise affaire pour Carrefour, qui perdrait ainsi le contrôle sur sa filiale brésilienne, et s’engagerait de plus dans une procédure très hasardeuse, qui risque de prendre de longs mois, et reste en plus sous la menace de Casino, qui dispose d’un pouvoir de blocage. »
En clair, aucun accord ne semble pouvoir être trouvé sans l’aval de Casino, qu’il conviendra donc, au moins, de convaincre de l’intérêt du deal, si jamais deal il y a. « Sans parler des problèmes de concurrence, avance l’expert. CDB plus Carrefour, dans certaines grandes agglomérations, pèserait plus de 50% de part de marché. Je doute que l’Autorité de la concurrence brésilienne ne s’en émeuve pas. »
Tout aussi intéressant : derrière BTG Pactual se trouverait un certain Andre Esteves, ancien trader de 42 ans, autoproclamé « plus jeune milliardaire self-made man du pays. » Un habitué des gros coups financiers : en 2006, il avait vendu Pactual à la banque suisse  pour 2,6 milliards de dollars, avant de le racheter au même UBS pour 2,5 milliards seulement, en 2009, et de le revaloriser à… 10 milliards de dollars en décembre dernier en faisant entrer dans BTG Pactual des actionnaires venus de Chine, de Singapour et d’Abou Dhabi.
Du côté de Casino, concerné au premier chef, l’heure est déjà à la contre-offensive : « En vertu des accords publics que Casino a signés avec Abilio Diniz, aucune négociation impliquant l’avenir de CBD ne peut avoir lieu sans Casino », indique un communiqué du groupe stéphanois, qui évoque par ailleurs le caractère « hostile » du projet, et des discussions qui ignorent « délibérément tant le droit que l’éthique élémentaire des affaires. »
A l'heure de la fermeture de la Bourse de Paris, Carrefour gagnait 3,74%, tandis que Casino plongeait de 5,61%.

Cliquez ici pour lire le communiqué du groupe Carrefour

Cliquez ici pour lire le communiqué de la société Gama

Cliquez ici pour lire le communiqué du groupe Casino

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