Un Intermarché presque entièrement converti aux caisses libre-service

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ÉQUIPEMENT - Le magasin Intermarché de Rennes Longs Champs, en Ille-et-Villaine, vient d'ouvrir 32 caisses libre-service destinées aux chariots. Désormais, seules 10 caisses sur 50 sont des traditionnelles.

Certes, l'affluence de l'Intermarché de Rennes Longs Champs n'est pas à son paroxysme en cet après-midi d'été. Certes encore, les travaux d'agrandissement du site, lui conférant une surface commerciale de 6 000 m² contre 3 600 précédemment, sont presque achevés. Pourtant, ce ne sont pas ces deux circonstances qui donnent cette impression de vide une fois arrivé aux caisses. Nulle trace d'hôtesse... Sauf, à bien y regarder, une debout devant chaque îlot composé de quatre éléments.

Depuis le 8 juin, l'hyper Intermarché de Rennes Longs Champs, en Ille-et-Vilaine s'est massivement équipé de caisses libre-service en mode chariot. Au nombre de 32, ces postes d'encaissement en côtoient quatre autres équipés de tapis, auxquels s'ajoutent quatre postes destinés aux paniers. Seules une dizaine de caisses traditionnelles survivent à cet ensemble de 50 postes.

« En juillet 2006, nous avons commencé par installer huit caisses libre-service, les quatre paniers et les quatre tapis, raconte Christian Legendre, propriétaire du magasin et par ailleurs président de la Société informatique des Mousquetaires (Stime). Je savais déjà que nous irions plus loin. C'est chose faite avec ces automates. » Féru de nouvelles technologies, Christian Legendre est ravi de présenter ces caisses uniques en France. « À l'inverse des autres self-checkouts, notamment ceux munis d'un tapis, la caisse chariot simplifie les manipulations. Le client n'a plus qu'à prendre son produit, le scanner et le mettre dans un sac ou dans un Caddie. »

Confort et sécurité

Les caisses chariot développées par la Stime, le magasin Rennes Longs Champs et IBM sont, en effet, dotées de deux balances incrustées au sol et placées de chaque côté du moniteur. L'idée est d'arriver avec son chariot, de le faire rouler sur la balance vide, qu'elle se situe à gauche ou droite, et de prendre les produits un à un pour les scanner. Une fois pris en compte, ils peuvent aller dans un autre chariot, placé sur la deuxième balance qui vérifie que le poids sortant correspond au poids entrant, et permet d'éviter les fraudes : en effet, chaque article non scanné génère automatiquement une erreur de poids qui bloque le système et impose l'intervention d'une hôtesse de caisse. « Notre plus gros défi a été de faire en sorte que le produit soit déplaçable de gauche à droite ou de droite à gauche, précise Catherine Mengin, directrice de l'entité Retail Store Solutions chez IBM. Après chaque passage, il reste forcément un chariot vide placé sur l'une ou l'autre des balances. Pour éviter des déplacements supplémentaires au consommateur et rendre l'utilisation de la caisse plus confortable, il fallait donc que les balances soient programmées à chaque fois pour accueillir un chariot entrant ou sortant. »

Pragmatisme

La collaboration étroite entre le magasin et IBM s'est appuyée sur des expériences très concrètes. « On s'est, par exemple, vite aperçus qu'il faudrait protéger les balances par un petit rebord en fer qui empêche le client de monter dessus quand il transfère ses produits d'un chariot à l'autre, raconte Christian Legendre. »

Sans donner de préconisations officielles, le président de la Stime croit en l'avenir de ces caisses dans le groupe Intermarché mais aussi chez ses concurrents. Dès septembre, IBM les présentera d'ailleurs au salon Equipmag. S'il ne communique pas d'objectifs chiffrés, le fabricant croit en une commercialisation rapide aussi bien en France qu'à l'étranger.

Destinée à améliorer le flux de la clientèle, la caisse libre-service chariot apporte aussi une souplesse importante au magasin. Pour une même emprise au sol, Intermarché Longs Champs dispose désormais de 50 caisses au lieu de 20 précédemment. Et cela sans nécessiter d'hôtesses supplémentaires. « Cela facilite clairement la gestion du temps de travail de nos hôtesses, commente Christian Legendre. À raison de une personne par îlot de quatre, voire pour deux îlots quand il n'y a pas trop de monde, je peux ouvrir simultanément toutes mes caisses sans nécessiter de renfort. » Les hôtesses, désormais plus axées sur le conseil et la relation client, sont également amenées à aider le chaland qui rencontre un souci ou lors du paiement s'il s'effectue par chèque. « Nous n'avons pas souhaité équiper ces caisses de monnayeurs, développe Christian Legendre. Cela aurait coûté plus cher et ce n'était pas vraiment nécessaire puisqu'il s'agit de gros paniers ou de chariots. »

Souplesse pour tous

À entendre Christian Legendre, les caisses chariot n'auraient que des avantages. « Le magasin s'y retrouve. En doublant le nombre de caisses sans en augmenter l'emprise, il peut générer plus de chiffre d'affaires sans accroître la masse salariale. » La souplesse des ouvertures est là aussi, ainsi que la polyvalence des hôtesses qui peuvent notamment aller plus facilement en rayons. Le client, lui, devrait gagner 30 % de temps de passage à la caisse. L'hôtesse, enfin, se concentre sur son rôle de conseillère et évite les troubles liés à la station assise qu'imposent les caisses traditionnelles. « Dans mon équipe, celles qui ont essayé ne veulent plus en revenir ! », témoigne Christian Legendre.

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Article extrait
du magazine N° 2054

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