Un Noël déprimé, mais toujours dépensier

|

Encore un paradoxe français ! Alors que nos concitoyens battent des records de pessimisme, ils projettent cependant d'augmenter légèrement leurs dépenses du prochain réveillon. Dans son étude relative à Noël 2012, le cabinet Deloitte revient sur cette ambivalence.

 Même en période de crise, les Français, attachés à la tradition de Noël, continuent à dépenser. Mais les arbitrages se renforcent sur d'autres budgets, comme les loisirs et l'habillement.
Même en période de crise, les Français, attachés à la tradition de Noël, continuent à dépenser. Mais les arbitrages se renforcent sur d'autres budgets, comme les loisirs et l'habillement. © DR

Le moral n'y est pas. Mais les dépenses pour Noël seront quand même au rendez-vous : selon la 15e édition de l'étude de Noël du cabinet Deloitte, les Français prévoient de consacrer un budget de 639 € pour les fêtes de fin d'année, en augmentation de 0,7% par rapport à 2011. Preuve qu'une fois encore le Père Noël n'oubliera pas les petits souliers des petits et des grands !

Si la hausse atteint 1,2% pour les cadeaux, avec un budget prévu de 378 €, les achats de nourriture et de boissons ne devraient croître que de 0,6%, pour atteindre 197 €. Seuls les divertissements devraient être - un peu - sacrifiés, avec une baisse de 1,1% du budget prévu, à 65 €.

« Le sentiment d'inquiétude se renforce et s'installe durablement. Ainsi, 60% des Français pensent que le pays sera en récession l'an prochain. Mais, parallèlement, nos concitoyens restent très attachés à Noël et à la tradition familiale. Ils ont donc fait des arbitrages sur d'autres postes de dépenses, comme les vacances, les loisirs et l'habillement, pour pouvoir à nouveau s'offrir de belles fêtes de fin d'année », analyse Stéphane Rimbeuf, associé responsable du pôle Consumer Business au sein du cabinet Deloitte.

 

Haro sur les achats futiles

Une parenthèse de folie dans un contexte économique difficile. En effet, si 58% des Français déclarent vouloir se faire plaisir pour Noël sans trop penser à la crise (+ 10 points en un an !), 65% se disent aussi prêts, l'an prochain, à serrer leur budget loisirs et divertissements, 61% celui des vêtements et chaussures, 57% leurs vacances, leurs dépenses ponctuelles et leur enveloppe multimédia (abonnement internet, TV, téléphone...) Une première pour ces deux derniers postes de dépenses.

« Dans ce contexte difficile, les consommateurs adoptent des modes de consommation plus raisonnés : la sensibilité aux prix, déjà forte, s'accentue encore », explique Stéphane Rimbeuf. Ainsi, 90% déclarent qu'ils offriront des cadeaux en se préoccupant du prix (contre 85% en 2011). Chiffres encore plus révélateurs des tensions sur le porte-monnaie des ménages, 90% également disent qu'ils achèteront des produits et des cadeaux en promotion (contre 72% en 2011), et 86% qu'ils offriront des cadeaux moins chers (contre 59% seulement l'an passé).

Bien placés dans les stratégies de consommation malignes des Français, les MDD et les premiers prix seront privilégiés par 79% des sondés, au détriment des grandes marques. Haro aussi sur les achats futiles : 91% des clients interrogés déclarent vouloir donner la préférence aux cadeaux utiles. Fini les fanfreluches !

Cette exigence d'utilité se retrouve dans les cadeaux souhaités et offerts. Depuis trois ans, l'argent, les livres et les chèques-cadeaux composent le tiercé, dans l'ordre, des présents les plus désirés.

Cette année, toutefois, les voyages font une remontée spectaculaire, passant du 9e rang des souhaits au 4e. « Les Français ayant rogné leurs budgets de vacances et de loisirs aspirent fort logiquement à en recevoir en cadeau », décrypte Stéphane Rimbeuf. Concernant les cadeaux qui seront offerts, le top 2011 est bouleversé par le bond du livre, désormais en tête (alors qu'il n'était que 10e en 2011), devant les traditionnels chocolats (2e) et les cosmétiques (3e), mais aussi les CD, qui passent du 11e rang au 4e.

 

Éducation et liberté

Pour les enfants, la prime est donnée aux valeurs sûres. Les jeux de construction, 4e place des intentions de cadeaux en 2011, prennent la pole position pour les moins de 12 ans, devant les livres (6e en 2011). Les vêtements et chaussures passent de la 15e place, en 2011, à la 8e cette année et les équipements de sport de la 22e à la 10e.

Pour les adolescents, les jeux vidéo restent en tête, devant l'argent. Le livre, 5e en 2011, se hisse à la 3e place des cadeaux offerts. Si les cadeaux pour enfants représentent 52% de l'enveloppe totale consacrée aux présents, la valeur moyenne du cadeau diminue légèrement : 47 € en 2012, contre 49 € en 2011.

Au jeu de la recherche du petit prix et de la promotion, l'hypermarché rafle la mise. Si, fort logiquement, 82% des Français ont l'intention de réaliser leurs dépenses alimentaires dans ce type de magasin, ils sont aussi 42% à le privilégier pour leurs achats de cadeaux (contre 31% en 2011), devant les spécialistes (cités par 35% des sondés qui les préfèrent notamment pour le sport, le jouet, les loisirs et la mode). Internet progresse également, cité par 33% des Européens pour leurs achats de cadeaux, films, musique, jeux vidéo et livres en tête. Comme le consommateur, le Père Noël aussi est devenu « omnicanal » !

Un moral plus que jamais en berne...

  • 63% des Français estiment que le pays est en récession
  • 39% ont le sentiment que leur pouvoir d'achat a baissé en 2012
  • 41% pensent qu'il baissera encore l'an prochain

 

... Mais un budget de Noël en hausse

  • 639 € Le budget que les Français prévoient de dépenser pour Noël (+ 0,7% versus 2011)
  • 378 € Le budget pour les cadeaux (+ 1,2%)
  • 197 € Le budget pour la nourriture et les boissons (+0,6%)

 

L'HYPERMARCHÉ REGAGNE DU TERRAIN

Si l'hypermarché reste la première destination pour l'approvisionnement en nourriture et en boissons du réveillon (cité par 82 % des sondés), ce format regagne aussi des galons pour l'achat des cadeaux. 42% des Français prévoient d'y faire leurs emplettes, contre 31% en 2011. « La praticité du " tout sous le même toit " et la forte sensibilité aux prix jouent en faveur de l'hyper. C'est le lieu où l'on trouve le plus de promotions, devenues presque un pré-requis à l'achat , rappelle Stéphane Rimbeuf, associé responsable du pôle Consumer Business au sein du cabinet Deloitte. Internet seul recule par rapport à la combinaison internet et magasins. »

 

MÉTHODOLOGIE

La 15e édition de l'étude Noël de Deloitte a été réalisée via internet dans 18 pays européens et en Afrique du Sud, en septembre 2012, auprès d'un échantillon de 18 587 individus âgés de 18 ans et plus.

47 €

La valeur moyenne d'un cadeau 55 E La valeur moyenne d'un chèque offert (chèque bancaire et chèque-cadeau)

 

Source : Deloitte

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2251

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous