Un nouveau coup dur pour le Groupe André

Georges Plassat, nouveau PDG, aura une marge de manoeuvre très limitée pour redresser les comptes de Groupe André : au premier semestre, il affiche 39,4 millions de francs de pertes nettes (6 MEUR) dues surtout aux enseignes de chaussures discount.

A la veille de la présentation de sa stratégie, prévue fin juillet, Georges Plassat fait face à une difficulté inattendue : c'est au tour des enseignes de chaussures de périphérie de plomber les résultats de Groupe André. Sur le premier semestre de l'exercice en cours, le distributeur d'habillement et de chaussures affiche des pertes nettes de 39,4 millions de francs (6 MEUR) - contre un résultat net de 110,6 millions de francs (16,86 MEUR) sur la période précédente - pour un chiffre d'affaires de 5,57 milliards de francs (850,5 MEUR) en hausse de 2,6 %.

Jusqu'ici vedette de ses enseignes de périphérie, « la rentabilité de la Halle aux Chaussures s'est fortement dégradée » sur le premier semestre 1999-2000, indique un analyste financier qui estime que la marge de la chaîne discount de chaussures est passée de 8,2 % en 1994 à 5,3 % aujourd'hui. « Ce malaise en périphérie est inhabituel », relève-t-il. Les contre-performances de l'enseigne (- 6 %) affectent tout le pôle chaussures du groupe (André, Orcade, Minelli, Besson, Chaussland, La Halle aux Chaussures), qui affiche un CA en baisse de 2,3% à 2,56 milliards de francs (390,7 MEUR). De plus, selon le groupe, « les enseignes de chaussures de centre-ville supportent des provisions supplémentaires de 25 millions de francs (3,8 MEUR), liées à l'apurement des stocks anciens de l'enseigne André ».

Acquise en février, la chaîne San Marina, dont l'activité sera consolidée sur le second semestre, échappe à ce marasme : son chiffre d'affaires semestriel (292,6 millions de francs, 44,6 MEUR) progresse de 15,9 % pour un résultat net de 21,4 millions de francs (3,3 MEUR).

Fermeture de magasins André

Heureusement, les enseignes et marques d'habillement du groupe se sont bien comportées : la Halle aux Vêtements, Kookaï, Caroll, Creeks et Liberto ont vu leur CA croître de 5,33 % à 2,72 milliards de francs (415,9 MEUR).

Ces mauvais résultats, que le groupe attribue aussi aux coûts d'ouverture de 13 magasins en Europe de l'Est, limitent la marge de manoeuvre de la nouvelle direction. Selon un analyste, ils démontrent qu'« il n'y a pas de révolution possible » dans le Groupe André. Seules quelques solutions se présenteraient à Georges Plassat pour redresser le groupe. Parmi ses projets : la réalisation des actifs fonciers de l'enseigne André, propriétaire des murs d'une centaine des 240 unités qu'elle exploite. Elle passerait par la fermeture et la vente d'une quarantaine de points de vente, dont celui des Champs-Elysées. Ce qui se traduirait par la suppression de 350 à 400 emplois.

Georges Plassat pourrait aussi décider d'affecter une quarantaine de magasins André à d'autres enseignes du groupe, telles Kookaï et Caroll. Des rapprochements entre marques et enseignes sont envisagés : Orcade (chaussures de milieu de gamme) disparaîtrait au profit de Minelli, enseigne positionnée sur le même créneau de prix, et Creeks absorberait Liberto.

Ces actions dégageront-elles des économies d'échelle suffisantes pour améliorer la rentabilité du groupe ? Certains y voient déjà la volonté de se désengager à terme de la chaussure. D'autant que le Groupe André présente désormais ses résultats par filière et non plus en distinguant les zones d'implantation de ses enseignes.
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Article extrait
du magazine N° 1684

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