Un nouveau géant du café en gestation 

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BRÈVES La branche café de Mondelez et le néerlandais Douwe Egberts Master Blenders ont annoncé leur fusion et la naissance dans le café d’une nouvelle société baptisée Jacobs Douwe Egberts.

Un pavé dans le « marc » ! Le nouveau géant du café s’appellera Jacobs Douwe Egberts. Né de la fusion de l’américain Mondelez et du néerlandais D. E. Master Blenders, le nouveau groupe, basé aux Pays-Bas, pèsera plus de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Mondelez recevra 3,58 milliards d’euros et 49% des parts de la nouvelle société. De son côté, AHBV, le propriétaire de D.E. Master Blenders 1753, aura la majorité des parts, ainsi que celle des sièges au conseil d’administration. La transaction devrait être conclue au cours de l’année 2015. D’ici là, elle devra encore obtenir le feu vert des différentes autorités de régulation, alors même que les deux entreprises se partagent le leadership dans une douzaine de marchés, dont la France.

Dans la corbeille, Mondelez – issu de la scission du géant Kraft Foods, et qui réalise 17% de son chiffre d’affaires total sur le café – apporte Carte noire, la première marque de café dans l’Hexagone, mais aussi Café Grand-Mère, Jacques Vabre, Tassimo, Jacobs, Gevalia, Kenco et Millicano. L’ensemble a enregistré, en 2013, un chiffre d’affaires d’environ 3,9 milliards de dollars. Le propriétaire de LU, de Cadbury, de Belvita, d’Oréo ou de Milka ou de Philadelphia conservant sa totale autonomie pour toutes ses autres activités. De son côté, le néerlandais D.E. Master Blenders 1753 affichait environ 3,4 milliards de dollars de ventes avec plusieurs marques de café telles que la néerlandaise Douwe Egberts, Maison du Café, L’Or, Senseo et Pilao, et la marque de thé Pickwick.

« La logique du marché »

Pour Jean-Pierre Blanc, directeur général des cafés Malongo, la nouvelle n’est pas si surprenante. « C’est la logique du marché qui engendre cette volonté de fusion. Il s’agit pour les grands groupes d’augmenter leur poids de négociation vis-à-vis de la distribution et des circuits d’approvisionnement et de rationaliser les circuits de production. » Une mauvaise nouvelle pour la grande distribution et sans doute pour Nestlé, qui voit grandir devant lui l’ombre de plus en plus menaçante d’un redoutable concurrent. Le président de Malongo y voit, lui, une opportunité pour gagner plus de place dans un linéaire encombré. « Les distributeurs doivent rééquilibrer un peu le système s’ils ne veulent pas être face à un seul interlocuteur qui leur imposera ses conditions. C’est un signal d’alarme. »

Une mauvaise nouvelle aussi pour une partie des salariés de Mondelez, qui a annoncé, en parallèle, un plan de restructuration qui doit lui permettre d’économiser 3,5 milliards de dollars d’ici à 2018, via notamment des réductions d’effectifs que le groupe ne chiffre pas. « Les mesures stratégiques de réductions de coûts que nous annonçons aujourd’hui soulignent notre volonté de devenir un groupe plus leste, vif et un mastodonte mondial des snacks », a déclaré la PDG, Irene Rosenfeld, dans le communiqué.

Des synergies attendues à l’échelle mondiale

  • Une force accrue dans les négociations avec la distribution. 
  • Un poids renforcé pour négocier avec les producteurs.
  • La rationalisation des circuits de production.
  • De meilleures conditions tarifaires en matière de communication publicitaire.
  • Une nouvelle dimension face à Nestlé.

L’alliance de deux mastodontes

DEMB pèse 2,5 Mrds € de CA et rassemble plusieurs marques de café (Maison du Café, L’Or, Senseo et Pilao, et la marque de thé Pickwick).

Mondelez réalise 17% de son chiffre d’affaires total sur le café, soit 2,9 Mrds €, et possède Carte noire, Jacobs, Gevalia, Kenco, Tassimo et Millicano.

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Article extrait
du magazine N° 2319

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