Un outil indispensable pour ouvrir à l'étranger

· Monter un système d'information en Pologne ou à Taiwan n'est pas une sinécure. · Les informaticiens ne disposent que de quelques mois. · Ils n'ont pas le droit à l'erreur. · Conseils pratiques.

Deux raisons poussent les distributeurs à ne pas négliger l'informatisation des magasins qu'ils ouvrent à l'étranger. La première est un problème de rapidité. Pour obtenir la taille critique, les enseignes françaises doivent disposer dans les meilleurs délais d'un parc de points de vente. Or, si l'informatique ne « tourne » pas, le magasin n'ouvre pas! La seconde raison est d'ordre stratégique. Exporter son système d'information, c'est imposer sa culture d'entreprise, sa philosophie du management. Il n'est donc pas question de rater cet exercice imposé. Voici quelques grands principes à respecter.

· Choisir rapidement entre la décentralisation et la centralisation

La clé de la réussite réside dans la façon dont les groupes sauront faire le partage entre la tendance à la centralisation et le souci de décentraliser certaines décisions. A l'origine, Carrefour n'a pas adopté un logiciel financier international. Sa culture décentralisée l'a incité à opter pour la solution la mieux adaptée à chaque pays. Mais la nomination imminente d'un « Monsieur Organisation et Systèmes » pourrait amener l'enseigne vers une plus grande centralisation. Ce qui est déjà le cas chez Wal-Mart ou Toys ' R ' Us. Dans ces enseignes, les responsables locaux n'ont rien à dire. Tout est décidé au siège.

· Acheter des produits standard

Parfaitement organisées, certaines chaînes ont défini un concept clés en main, une plate-forme technique en jargon de techniciens. Les fournisseurs de TPV et autres ordinateurs sont déjà référencés, les progiciels développés et surtout amortis. Le groupe ouvre alors aisément un premier magasin qu'il peut dupliquer rapidement. C'est la seule façon économique et fiable de démarrer. Mais tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant. Il existe en effet des spécificités par pays, notamment pour la monétique. Il ne faut pas sous-estimer les adaptations à réaliser localement.

· Expatrier des salariés

Promodès expédie pendant six mois un « commando » de trois ou quatre personnes. Ces experts mettent tout en place, forment le personnel et partent ensuite dans un autre pays. D'autres distributeurs préfèrent nommer un responsable de l'informatique par pays. Mais il ne s'agit pas d'un informaticien de métier (afin d'éviter qu'il ne monte un Sicob ). Le téléchargement des logiciels et la téléassistance permettent de travailler à distance. Les magasins ne peuvent se payer le luxe d'un responsable informatique à domicile. Il ne faut donc pas « mégoter » sur la formation initiale des utilisateurs. Un petit groupe extrêmement bien initié peut servir de support aux autres.

· Traduire les logiciels

La langue est toujours une barrière. Le personnel expatrié ne connaît pas toujours le vocabulaire local et les salariés rarement celui du pays d'origine de l'enseigne. Le problème peut être plus complexe : ainsi, en Belgique, les programmes informatiques, les étiquettes de gondoles et les tickets de caisses doivent être rédigés en français et en flamand. Heureusement, certains systèmes permettent à plusieurs opérateurs de travailler dans leurs langues respectives et d'accepter différentes devises ! Enfin, avec les interfaces graphiques, il n'est plus besoin de traduire les logiciels.

· Ne pas sous-estimer les problèmes de télécommunication

Dans beaucoup de pays, le manque d'infrastructures de communication est évident. D'autant plus que les Français ouvrent davantage d'unités dans des nations émergentes que les Américains ou les Anglais, lesquels investissent plutôt l'Europe de l'Ouest. Pour preuve : les résultats de tous les magasins Toys ' R ' Us de l'Europe du Sud sont centralisés à Evry. Ensuite, l'informatique détermine l'approvisionnement. Cette politique ne tient pas la route sans un solide réseau de télécommunication.

· Tester des solutions d'avenir

Il est beaucoup plus facile de partir de zéro que de tout remettre à plat. C'est pourquoi des distributeurs testent à l'étranger des solutions informatiques qu'ils n'osent essayer en France. Des enseignes spécialisées dans le développement interne de logiciels achètent des progiciels, d'autres changent de prestataires (juste pour voir ). Sans parler des groupes qui investissent lourdement dès le départ dans des magasins très informatisés. Certains distributeurs français suppriment ainsi presque totalement le câblage (les informations circulent par ondes hertziennes). Avant, un jour ou l'autre, de faire de même en France.
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Article extrait
du magazine N° 1553

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