Marchés

Un PC premier prix pour pays en développement

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« PC du pauvre », le PIC est destiné, par son promoteur, AMD, aux pays émergents. Il pourrait cependant séduire des consommateurs européens en quête de simplicité.

Son design rappelle les set-top box proposées, sans aucun succès, dans les années 1999-2000. Son ambition, résumée par Hector Ruiz, PDG d'AMD, est de réduire la « fracture numérique entre populations », en proposant aux millions de foyers vivant dans les pays en voie de développement d'accéder, sans se ruiner, à internet. À plus long terme, le programme 50X15, théorisé par Hector Ruiz, vise même à convertir 50 % de la population mondiale à l'informatique et à internet d'ici à 2015. Ce qui, pour parler chiffres, représentera, à cette date, un potentiel de 3,6 milliards d'individus.

Partenaires d'AMD dans l'opération, Microsoft, Samsung, Seagate ou encore le sous-traitant Solectron ne sont pas avares de déclarations grandiloquentes sur l'extraordinaire opportunité ainsi offerte aux populations défavorisées. Quant aux dirigeants d'AMD, ils expliquent fort honnêtement que leur entreprise espère bien retirer quelques fruits de l'opération, même si la dimension philanthropique n'est pas absente de leurs motivations.

Concrètement, le produit commercialisé est une sorte de mini-PC, fonctionnant avec un modeste processeur de 366 MHz, et embarquant une version édul- corée et sécurisée de Windows. Permettant l'accès à internet - c'est sa raison d'être -, il propose aussi un traitement de texte, un tableur, et devrait être capable de lire certains formats de fichiers multimédia.

Simple, économique et donnant accès au Web

Comme en téléphonie mobile, l'opérateur pourra subventionner la machine si, en contrepartie, le consommateur s'engage sur un abonnement d'une certaine durée. Le tarif indiqué par AMD est donc avant tout indicatif, la marque insistant sur le fait que le PIC sera vendu sous la marque de l'opérateur internet partenaire, qui pourra proposer toutes formes de crédit ou de « microfinancement ». À terme, le but est aussi de licencier le PIC auprès de fabricants extérieurs, afin de créer des « chaînes locales de création de valeur ».

Une grande interrogation demeure : le PIC sera-t-il un jour en vente dans les pays riches, où il ne fait guère de doute qu'une clientèle existe, pour une machine économique, simple et donnant accès au Web ? Chez AMD France, on répond par la négative, en précisant toutefois prudemment qu'« il ne faut jamais dire jamais ». « Qu'ils le veuillent ou non, ce produit arrivera chez nous, parce qu'il y a une demande », assure, pour sa part, Didier Clapier, ingénieur informatique et directeur de la société française Anteor, qui conçoit des mini-PC sur base de processeur Via C3. « Il y a quelques années, le marché n'était pas mûr. Mais aujourd'hui, même Intel a renoncé à la course à la puissance. Et le discours, selon lequel l'important, pour un PC, n'est pas d'avoir la puissance maximale, mais la puissance nécessaire, est maintenant très bien perçu », complète-t-il. Bien sûr, le PIC ne permettra jamais d'utiliser les derniers jeux vidéo sortis ou de lire un DVD (d'autant qu'il ne possède pas de lecteur). Mais il répondrait amplement aux besoins d'une large population. « Personnellement, conclut Didier Clapier, je suis ingénieur-développeur et mon PC est un 400 MHz. Quand je dis ça aux gens, ça les fait réfléchir. »

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