Un petit air de marché

|

Pour résister à la concurrence des circuits spécialisés, les enseignes soignent de plus en plus le rayon fruits et légumes. Nébulisation, éclairages et pesée libre-service y contribuent fortement.

©BERNARD MARTINEZ

Il règne une petite am-biance de rosée du matin dans le rayon fruits et légumes de l'Intermarché de Minihy-Tréguier, dans les Côtes-d'Armor. Une atmosphère qui donne envie de s'attarder au milieu des îlots de salades, radis et poireaux. C'était bien là le but avoué de Jean-Noël Cornec, lorsque, il y a deux ans, pour se démarquer de son voisin concurrent - un Super U -, cet adhérent d'Intermarché a entrepris de refaire entièrement son magasin. « Le rayon fruits et légumes était une priorité. Il contribue à 9 % au chiffre d'affaires. Mais c'est également un axe fort de différenciation. Nous voulions offrir une image de fraîcheur et de qualité à nos clients », explique l'adhérent.

 

Un brouillard salutaire

Jean-Noël Cornec n'a pas lésiné sur les moyens. Il a eu notamment recours au système de nébulisation exploitée par la société Areco. Grâce à des ondes ultrasoniques à très haute fréquence, ce système génère un brouillard d'eau extrêmement fin. Gros avantage par rapport à la brumisation, la nébulisation ne mouille pas les produits, ce qui ne risque pas de les abimer. Utilisé surtout pour des légumes verts à feuille, la méthode permet de gagner une journée de conservation des produits et génère moins de manipulation en rayon, car les produits ne sont pas remballés le soir. Pour les éclairages, l'Intermarché de Minihy-Treguier a opté pour des projecteurs orientés sur les fruits et légumes qui les mettent en valeur sans les chauffer.

À l'image du magasin de Minihy-Tréguier, les enseignes travaillent de plus en plus sur l'aménagement et l'équipement du rayon fruits et légumes. « Poussées par la qualité des assortiments des concurrents comme Grand Frais ou la Provençale, les distributeurs musclent leurs linéaires et travaillent davantage sur la qualité des produits », explique Pierre Bergougnoux, PDG de la société PB Conseil.

« Les motivations de nos clients diffèrent selon la taille des magasins. Les hypers investissent dans la nébulisation davantage pour l'aspect visuel et qualitatif du rayon, tandis que les supermarchés y voient surtout un gain économique, que ce soit en terme de conservation des produits ou de manipulation », observe Nathalie Leroy, responsable marketing chez Areco.

 

Des habits de lumière 

Comme la nébulisation, l'éclairage du rayon fruits et légumes, censé faire ressortir leur fraîcheur et leur couleur, joue un rôle fondamental dans la mise en valeur des produits. « Les sources lumineuses ont évolué et présentent toutes un meilleur indice de rendu des couleurs », confirme Frédéric Larivaille, PDG de Sunlux. Les couleurs chaudes comme le orange ou le jaune de la banane ressortent à 3 000 Kelvin, tandis que les sources lumineuses de 4 000 Kelvin, plus adaptées pour les couleurs froides, sont orientées sur les légumes verts. Selon Fréderic Larivaille, les lampes à iodures métalliques présentent un très bon rapport puissance consommée/flux lumineux. « De plus en plus d'enseignes se tournent vers d la Shoplight d'Osram et la lampe Elite de Philips », poursuit Frédéric Larivaille.

Un bémol toutefois: ces lampes, d'une durée de vie de 8 000 heures, doivent idéalement être changées tous les deux ans, ce qui représente un investissement important. Mieux, les éclairages Led permettent de réaliser 40 % d'économie d'énergie de plus que les lampes à iodures métalliques et vivent 50 000 heures. Mais, surtout, ils ne dégagent pas de chaleur, permettant ainsi de renforcer l'atmosphère de fraîcheur du rayon. Selon Frédéric Larivaille, une enseigne serait sur le point de convertir l'ensemble de ses magasins. Carrefour l'a généralisé dans ses deux magasins d'Écully et Vénissieux.

 

Histoire de poids 

Mais la bonne gestion de ce rayon passe également par la pesée. À l'heure où le rayon voit son assortiment s'étoffer, il s'agit de dégager du temps-homme pour le conseil au client et la rotation des produits. Ainsi, Casino, Auchan et plus récemment Carrefour sont passés de la pesée assistée réalisée par un employé à la pesée libre-service. Des avancées technologiques permettant de limiter la démarque. Les appareils équipés d'une caméra qui reconnaissent automatiquement l'article à peser figurent parmi les innovations les plus marquantes. Pierre Bergougnoux n'en reste pas moins sceptique, préconisant plutôt la pesée en caisse.

Autant d'équipements qui, s'ils donnent un aspect plus qualitatif aux produits, ne doivent pas dispenser les enseignes d'une véritable méthodologie de travail sur ce rayon : « Sur ce point, bien du chemin reste à parcourir », insiste Pierre Bergougnoux.

68%

La part des fruits et légumes achetés en GMS en France, soit 32 % en hypers, 24 % en supermarchés et 12 % en hard-discountSource : CTIFL

5 à 10%

La part moyenne du rayon dans le chiffre d'affaires des hypers et supermarchés.

Source : CTIFL

Les tendances

- La nébulisation génère un fin brouillard qui donne une atmosphère de fraicheur au rayon sans mouiller les produits, contrairement à la brumisation. La conservation des produits est ainsi optimisée. Seul bémol, le coût de maintenance du système, qui représente près de 10 % de l'investissement initial.

- Les éclairagesà Led, plus économiques que les sources à iodures métalliques, gagnent du terrain.

- Après la pesée assistée, la pesée libre-service revient en force grâce à des balances de nouvelle génération équipées de caméra, capable de reconnaître automatiquement le fruit ou le légume à peser.

Les produits

L'« oeil » de la pesée

Dotée d'une caméra, cette balance « intelligente » reconnaît automatiquement le fruit ou le légume à peser. Il est équipé d'un disque dur capable de stocker à l'infini les données produits en textes et en images.

Mise en boîte

Attendue avec impatience chaque printemps, la fameuse fraise de Plougastel devient incontournable en rayon avec le box fraises Saveol. Disposé facilement en raison de son format demi-palette, il se déploie en cinq minutes. L'aspect self-service est renforcé.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2149

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous