Marchés

Un vent de déconsommation souffle sur les beurres et margarines

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Malgré une accalmie enregistrée sur les premiers mois de l'année 2012, le marché des corps gras souffre. Pourtant, les industriels tentent de trouver de nouveaux leviers de croissance sur leurs catégories.

Percée des plaquettesPour tenter de dynamiser le marché, les fabricants misent, entre autres, sur de nouveaux formats. Ainsi, Sill a mis, en février 2012, son Beurre de Bretagne
Percée des plaquettesPour tenter de dynamiser le marché, les fabricants misent, entre autres, sur de nouveaux formats. Ainsi, Sill a mis, en février 2012, son Beurre de Bretagne© PHOTOS DR

La margarine et plus particulièrement le beurre continuent d'être des produits boudés par les consommateurs. « On assiste à une déconsommation du beurre en général. Les Français en consomment moins au petit déjeuner, la tartine n'est plus d'usage au goûter et, en cuisine, on le remplace par de l'huile d'olive. S'ajoutent à cela la prise de conscience santé et les risques de cholestérol », indique Florence Galesne, chef de marché Grand Fermage (Eurial). La margarine ne profite pas pour autant de ce désamour pour le beurre. « Le marché des corps gras souffre et le consommateur n'arbitre pas entre les deux catégories de produits », ajoute Laure Mbarga, chef de groupe margarine chez Unilever. Si le marché enregistre une baisse structurelle depuis une quinzaine d'années, on constate toutefois un rédémarage sur les premiers mois 2012. « Mais il ne s'agit que d'une accalmie », indique Emmanuelle Daumas, chef de groupe beurre chez Elle et Vire.

 

Les industriels à la peine

Cependant, les industriels, qui peinent à innover sur ce segment, tentent pourtant de trouver des nouveaux leviers de croissance : les beurres à 60% de matière grasse, les changements de formats avec la forte percée des plaquettes - à l'image du groupe Sill, qui a lancé en février 2012 ce type de références sous la marque Beurre de Bretagne -, les margarines qui s'installent sur le créneau de la santé - comme Unilever avec Fruit d'Or Pro-activ, « un produit "curatif" enrichi en stérols végétaux permettant ainsi de réduire le taux de cholestérol », selon Laure Mbarga.

De son côté, St Hubert a proposé fin 2011, pour le petit déjeuner, un produit novateur aux 5 céréales (blé, seigle, orge, avoine et millet), qui associe les bienfaits de la matière grasse végétale à une texture céréale (12% dans le produit fini). La marque espère ainsi séduire de nouveaux foyers grâce à un positionnement plus jeune.

Pour dynamiser le marché, les fabricants tentent les produits rupturistes tels les beurres santé ou des références aromatisées, comme le beurre persillé chez Le Gall. Mais l''affaire n'est pas très concluante. Il est vrai que, comme l' indique Frederick Bourget, directeur de la laiterie Le Gall et directeur marketing du groupe Sill, « la crémerie n'excite pas les distributeurs, à la différence de l'ultrafrais ».

 

Percée des plaquettes

 

Pour tenter de dynamiser le marché, les fabricants misent, entre autres, sur de nouveaux formats. Ainsi, Sill a mis, en février 2012, son Beurre de Bretagne sous plaquette.

 

 

 

La carte santé

 

Les margarines investissent le créneau de la santé. Unilever propose Fruit d’Or Pro-activ, un produit «curatif» permettant de réduire le taux de cholestérol.

 

REGAIN DE CROISSANCE PONCTUEL

Marché du beurre et de la margarine CAM à fin avril 2012 et évollution vs 2011

Total marché 1,3 Mrd € + 6% 228,4 millions d'unités vendues à -0,2% Beurre 891,3 M € à +5,9% 149,7 millions d'unités vendues à +0,3% Margarine 421,1 M € à +6,1% 78,7 millions d'unités vendues à -1,3%

Source : SymphonyIRI

Le segment des corps gras est toujours à la peine malgré un rebond d'énergie ponctuel sur le début d'année. Les hausses des coûts des matières premières expliquent, entre autres, la croissance de la catégorie beurre.

 

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