UNE ANNÉE CONTRASTÉE

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Malgré la crise, les Français n'ont pas taillé dans leur chariot de courses alimentaires. Ils ont même dopé les rayons liquides et épicerie. Alors que les biens technologiques subissent un brutal retournement de conjoncture.

La progression des ventes en valeur pour les produits alimentaires en hypers et supermarchés, CAM au 11 octobre 2009 (+ 0,8 % dans le hard-discount) Source : Nielsen
La progression des ventes en valeur des produits alimentaires en hypers, supers et hard-discount, CAM au 11 octobre 2009 Source : Nielsen
L'évolution du chiffre d'affaires des biens technologiques, à 16,59 Mrds E (- 4,8 % celle du chiffre d'affaires des biens technologiques en hypers, à 4,63 Mrds E), période octobre 2008-sept 2009 vs un an plus tôt Source : GfK

Bonne nouvelle ! Les familles des produits de grande consommation renouent avec la croissance sur l'ensemble des secteurs, de l'épicerie sucrée (+ 1 % en valeur fin octobre 2009) à l'entretien (+ 1,9 %), sans oublier l'hygiène-beauté, sauvée de justesse (+ 0,6 %). Caracolent en tête les liquides, avec ou sans alcool, dont la croissance des ventes dépasse allègrement les 4 %, le champion toutes catégories étant le whisky, avec 87 millions d'euros de chiffre d'affaires additionnel en hypers et supermarchés au 11 octobre 2009. Les Français se seraient-ils enivrés pour oublier la crise ? Pas seulement... « C'est aussi le rayon où les hausses de prix ont été les plus fortes », souligne Loïc Becquart, directeur relations distribution chez Nielsen. L'inflation dans les liquides a atteint 2,4 % à fin septembre. Même le hard-discount participe à cette euphorie, puisqu'il engrange aussi des parts de marché, pour la première fois cette année dans ce secteur. Idem en hygiène-beauté qui affiche un record dans les enseignes hard-discount, avec un bond de 7,5 % en valeur. Une première, même si les valeurs sont encore faibles dans ce circuit. A contrario, les produits de beauté patinent dans les grandes surfaces alimentaires (+ 0,3 % seulement en valeur). Tout comme la crémerie, qui s'en sort juste avec 0,1 % de progression de ses ventes en valeur. La faute au manque d'innovations dans ce secteur. Seuls les oeufs tirent leur épingle du jeu, cette fois grâce au retour en force du fait-maison. Autre (riche) enseignement des données Nielsen, la course au nombre de références se ralentit. Dans quatre rayons sur dix des hypermarchés (contre deux l'an dernier), le nombre moyen de références diminue. Et pour les supermarchés, c'est le cas dans neuf cas sur dix ! La palme revient à l'entretien (- 2 %). La preuve que les distributeurs ont fait le tri dans leurs innovations, mais aussi dans leurs rayons.

Plus difficile en non-alimentaire

À l'inverse des PGC, le non-alimentaire est à la peine. Les marchés du multimédia se sont ainsi brutalement retournés depuis fin 2008. L'électronique grand public est le plus touché, à - 7 %, avec une anticipation sur la fin d'année à - 8 % environ, en léger redressement toutefois par rapport à la prévision de début d'année. Le secteur du jeu vidéo, où l'innovation est moins forte cette année, est également en baisse. Et le rayon informatique ne rattrape pas les deux précédents, du fait de la forte réduction des prix. Mais le nombre d'unités croît, et le segment du portable reste en croissance de 47 % en valeur. Globalement en baisse en valeur, les marchés du high-tech restent très porteurs en volume. Et chacun d'entre eux recèle des « produits stars » qui continuent de progresser en valeur.

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Article extrait
du magazine N° 2114

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