Une bataille mondiale

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Coup sur coup, deux annonces préfigurent le commerce de demain et les moyens de paiement du futur. Apple a ouvert le bal avec l’annonce d’un iPhone 6, utilisant la norme NFC. Auchan a suivi quelques jours plus tard en dévoilant le déploiement de sa solution flash’N pay. Tous les acteurs fourbissent leurs armes. Il est vrai que les paiements mobiles bouleverseront fortement le quotidien des consommateurs. Bons de réduction, cartes de fidélité et de crédit, crédits instantanés, titres de transport et règlements « mains libres » sont évoqués, mais on parle aussi de possibilités insoupçonnées. Le seul hic, c’est que tout le monde veut sa part du gâteau.

Il y avait déjà les opérateurs historiques, les banques. Malgré leur savoir-faire dans la monétique, la confiance de leurs clients, leur capacité d’investissement, la puissance de leur réseau de distribution et leur vivier de clientèle, elles souffrent d’un manque d’agilité. Il y a aussi les experts des terminaux et lecteurs de paiement ou les opérateurs téléphoniques, comme le consortium Isis (AT & T Mobility, T-Mobile USA…). Des start-up telles que Square ou Intuit se sont ajoutées à cette liste. De même que les réseaux sociaux (Facebook), ou les spécialistes du web type Google (Wallet). Mais aussi les e-commerçants tels Amazon ou eBay (PayPal). Quant aux fabricants de téléphones, comme Apple, ils entrent à leur tour dans le jeu. Avec les distributeurs classiques (Walmart en regroupe déjà 50 autour de lui, et, en France, Leclerc réalise quelques tests), le paysage concurrentiel est donc plus que jamais protéiforme. Pour emporter la mise, il faudra, comme souvent, un peu de chance, être là au moment propice et faire preuve de conviction. Car, au-delà des questions techniques et des choix de normes (NFC, QR code…), il est évident que les multiples échecs de ces dernières années s’expliquent par un manque de confiance des utilisateurs qui craignent pour leur argent. Ils veulent également protéger leur vie privée, et pestent contre des systèmes qu’ils jugent bien trop complexes. Sans oublier la question, cruciale, du montant de la commission prise par les intervenants, qui peut effarer consommateurs et distributeurs.

Autant de raisons marketing et financières qui font que les ­commerçants ne peuvent pas rester de simples spectateurs de cette bataille mondiale. Au risque de voir de nouveaux entrants prendre la main sur les transactions financières, et donc maîtriser mieux qu’eux la relation avec les consommateurs. Ainsi, les distributeurs n’ont guère d’options. Soit ils décident de développer leur propre solution, car ils se sentent assez puissants auprès de leurs clients-consommateurs pour l’imposer. Soit ils choisissent de s’allier avec d’autres enseignes pour contrer et endiguer l’attaque de ces nouveaux entrants. Soit ils décident d’accompagner un opérateur. Il convient alors de ne pas se tromper de partenaire. Au final, nous ne sommes qu’à l’aube de cette bataille mondiale. Le moment où tous les généraux peaufinent leur stratégie et positionnent leur armée. Ils attendent le début des hostilités. Ils veulent être prêts lorsque la guerre se déclenchera, quand les consommateurs auront décidé qu’il est temps d’abandonner leur carte bancaire au profit de leur smartphone. Et comme dans toute bataille, il y aura des vainqueurs et des vaincus...

ypuget@lsa.fr @pugetyves

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Article extrait
du magazine N° 2334

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