Marchés

Une famille de plus en plus nourrie par le bio

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De l'ultrafrais au fromage, en passant par le beurre et les oeufs, le bio est en train de gagner massivement tous les secteurs de la crémerie. Un mouvement amplifié en 2010 par l'arrivée de nouveaux acteurs et par l'extension des gammes.

C'est le berceau du bio ! Avec les fruits et légumes, la crémerie fait partie des secteurs pionniers dans ce domaine. Une poignée d'acteurs comme Vrai ou Lactel, mais aussi et surtout les marques de distributeurs se sont orientés dès le milieu des années 90 sur ce label AB. Le vrai décollage reste malgré tout récent. « Le marché du bio a connu un très bon démarrage ces années-là, avant de subir un creux dans les années 2000, puis à nouveau un boum à partir du Grenelle de l'environnement », rappelle Gwenaelle Le Garrec, directeur marketing de Vrai, leader aujourd'hui, aux côtés des MDD, avec 38% de part de marché en valeur.

 

Un bond de 62% en 2009 pour le fromage bio

 

Ultradominé, effectivement, par les marques de distributeurs, ce marché a véritablement explosé en 2009. En témoignent les progressions à deux chiffres enregistrées par tous les segments de la crémerie. Le fromage bio affiche ainsi une hausse de 62% en 2009, l'ultrafrais bio de près de 24%, le beurre bio d'environ 21% et les oeufs bio de 17,5% « C'est avec le plein air (+ 10,4%) et le label Rouge (+ 9%), le segment qui augmente le plus, alors que le standard, lui, n'est qu'en croissance de 2% », rappelle Amandine Escaravage, responsable marketing de Matines.

Des performances incontestables à relativiser, toutefois, au regard des volumes encore marginaux. « Avec une part de marché comprise entre 1 et 2%, le bio reste un marché de niche pour la crémerie mais il est en train de se démocratiser à vitesse grand V », estime Brieg Olivier, directeur marketing du groupe Senoble, principal fournisseur des MDD.

Déjà fort en 2009, l'essor du bio dans la consommation en général et dans la crémerie en particulier devrait s'accélérer encore en 2010. D'abord et avant tout parce que les consommateurs en sont de plus en plus friands. Selon Kantar World Panel, 18% des foyers français ont acheté un produit bio en ultrafrais en 2009, soit 700 000 de plus qu'en 2008. Ils seront sans doute au moins autant cette année. Mais aussi - c'est le deuxième moteur - car la diversification de l'offre, portée en partie par l'arrivée de poids lourds du secteur, devrait permettre de nourrir cet appétit croissant des Français.

 

Des nouveaux venus

 

Les raisons du succès

La part de la crémerie dans le bio. 74 % des foyers français sont acheteurs de bio sur l'ensemble des produits laitiers.

Après l'incursion l'an dernier de St Hubert avec la première margarine bio ou de Président avec un camembert bio, deux acteurs de renom font depuis quelques jours leurs premiers pas : Bjorg, en partenariat avec Andros, et Lactel qui s'appuie sur son joint-venture avec Nestlé pour lancer sa première gamme de yaourts bio (5 références en pack de 4). « C'est la première extension de la marque Lactel en dehors du lait. En tant que première marque bio du frais laitier, nous estimons que nous bénéficions d'une légitimité et d'un " capital " confiance. Aujourd'hui, Lactel (50% de part de marché sur le lait bio) est présente dans 2,4 millions de foyers Français, soit 9% des foyers acheteurs de produits bio. Or, la moitié d'entre eux ne consomment pas encore de yaourts bio, ce qui représente un vrai potentiel », déclare Claire Travers, chef de groupe forme et santé Lactalis. Qui espère devenir très rapidement une alternative aux marques existantes sur l'ultra-frais (MDD 51%, Vrai 29% et Les 2 Vaches 15%). Une ambition qui vaut aussi pour le beurre, où le groupe détient déjà 14% du marché, derrière les MDD (71%). « Nous sommes sur un trend de 260 tonnes de beurre. L'objectif est de doubler au moins les volumes et de s'arroger 20% du marché d'ici à un an », déclare Caroline Combemorel, chef de produit beurre Président chez Lactalis. Pour cela, cette dernière compte, comme l'ensemble des acteurs, sur la diversification de ses gammes. L'extension de l'offre devrait, en effet, fortement contribuer à la démocratisation de ce marché. « Les prix sont de plus en plus attractifs, les formats et les variétés se multiplient, ce qui permet de drainer de nouveaux profils, et notamment les familles », confirme Claire Travers.

 

Diversification au menu

 

Au menu à venir dans l'ultrafrais : le développement des yaourts aux fruits, aujourd'hui sous-représentés, avec 13% des volumes (contre 15% pour ceux à la vanille et 50% pour les nature) et des desserts. Une diversification pas du tout exclue pour Les 2 Vaches, « qui prévoit, à terme, d'aller partout où une offre conventionnelle tient la route », déclare Daniel Tirat, directeur général de Stonyfiels France (LSA n° 2128). Et d'actualité pour Senoble. Après avoir stoppé son activité en tant que marque sur le bio, ce principal fournisseur des MDD a mis au point une crème dessert et un riz au lait bio. Vrai commercialise de son côté, depuis quelques semaines, des yaourts à boire et des yaourts au lait de chèvre. Dans l'univers du fromage, les acteurs semblent prêts à rattraper leur retard. Après le lancement en octobre 2009 du camembert Président par Lactalis, Bongrain débarque à son tour avec Carré frais. « Nous avons choisi de nous limiter pour le moment à cette marque, car c'était celle qui nous paraissait, de par sa proximité avec la matière brute, la plus légitime. Nous attendrons de voir les réactions des consommateurs avant d'imaginer un développement à d'autres marques », annonce, pragmatique, Ivan de Villers, directeur marketing de Bressor-Bongrain.

Conscient, comme d'autres, que ne s'improvise pas spécialiste du bio qui veut ! Le retrait de ce créneau, l'an dernier, de Senoble en tant que marque ou de la Laitière en témoigne. « La notion de légitimité des produits comme de la marque est primordiale », confirme Gwenaelle Le Garrec.

Pour cette raison, mais aussi parce que se pose toujours, pour cette filière, la question de l'approvisionnement et, in fine, de la réponse à la demande, les experts de la crémerie entrevoient, à terme, non pas une déferlante du bio, mais une prise de position forte, autour de 5% de part de marché.

Les raisons du succès

Les consommateurs se tournent davantage,de façon générale, vers cette consommation, gage de qualité. Parmi les secteurs pionniers, la crémerie s'inscrit pleinement dans cet élan.

L'offre se diversifie à la fois grâce aux acteurs historiques, mais aussi sous l'impulsion de nouveaux intervenants.

Les prix sont de plus en plus attractifs, les formats et les variétés se multiplient, ce qui permet de toucher une nouvelle cible.

Les chiffres

Lait bio

  • 7,7% La part de marché en valeur
  • 4,4% La PDM en volume

Ultrafrais bio (crème fraîche comprise)

  • 20 870 t Le poids en volume (+ 23,9%)
  • 1% La PDM en volume
  • 77,5 M€ Le chiffre d'affaires (+ 23,5%)
  • 2% La PDM en valeur

Source : Iri, CAM à fin 2009

Beurre bio

3 248 t Le poids en volume (+ 20,9%)

2,4% La PDM en volume

30 M€ Le chiffre d'affaires (+ 16,8%)

4% La PDM en valeur

Source : Iri, CAM au 21.2.2010

?Oeuf bio

  • 277 millions Le poids en volume (+ 17,5%)
  • 7,3% La PDM en volume

Source : Iri, CAM à fin 2009

Fromage bio

  • 1 900 t Le poids en volume (+ 62%)
  • 0,3% La PDM en volume

Sources : industriels, LSA

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