Une même logique

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Yves Puget, directeur de la rédaction
Yves Puget, directeur de la rédaction©Bernard Martinez

Au premier abord, ces deux articles que vous découvrirez dans le magazine, l’un sur Saturn et l’autre sur le commerce électronique, n’ont rien à voir. Pire, certains ne manqueront pas d’en tirer des conclusions diamétralement opposées. L’ouverture du magasin Saturn de Rosny Sous Bois (Seine Saint Denis) démontre en effet à quel point les grandes surfaces n’ont rien perdu de leur fonction d’origine. Elles créent encore l’événement, suscitent toujours l’engouement. Plus que jamais, elles servent de locomotive pour des centres commerciaux et de vecteur de développement pour des marchés.

Même si quelques anniversaires de grandes enseignes se sont émoussés, même si les fréquentations de magasins reculent plus souvent qu’elles ne progressent, même si la question du pouvoir d’achat freine les élans ou les allants, le nouveau Saturn, comme la Fnac des Ternes en son temps ou le Auchan de Vélizy récemment, apporte la preuve que la grande surface, qu’elle soit alimentaire ou non alimentaire, n’a pas dit son dernier mot. Que les magasins en dur n’ont pas été terrassés par le commerce virtuel. Mieux encore, qu’ils ont repris l’offensive.

Les lecteurs qui, justement, ne jurent que par le commerce électronique, trouveront, quant à eux, des raisons de satisfaction dans le premier baromètre L4/Ifop/LSA (pages 66 à 68). Ils y apprendront que 86 % des internautes font des achats sur le Net et que, globalement, toutes les catégories de population et toutes les tranches d’âge sont concernées. L’avenir du commerce passe donc inexorablement par la Toile. Pourtant, toujours selon la même étude, 92 % des internautes se déclarent intéressés par une commande sur internet avec une livraison dans une boutique du réseau.

Les consommateurs veulent zapper entre formats et entre concepts au gré de leurs envies, de leurs humeurs et de leurs budgets, mais aussi en fonction des offres et des promesses.


De là à prédire que le futur modèle de la distribution n’est ni un réseau de magasins ni un ensemble de sites internet, mais un nouveau mode de distribution totalement novateur liant et rendant interdépendantes toutes les boutiques virtuelles ou non, il n’y a qu’un pas que certains franchisent allégrement. Ils se réjouissent à la simple vue de la multiplication des drive-in et approuvent l’essor des sites internet fondés sur du picking en magasins. Sans oublier les adeptes du «clic» qui découvrent les vertus du «mortar ». Grosbill (Auchan) ouvre ainsi son 7e magasin, à NoisyleSec, alors que Cdiscount (Casino) table sur 70 points de retrait d’ici à la fin de l’année.

Voilà pourquoi les deux articles ont quelques points communs. In fine, ils font le même constat et pointent du doigt les mêmes tendances. Plus que jamais les consommateurs choisissent, arbitrent. Ils ne se posent pas la question des formats, anciens ou modernes. Ils ne souhaitent ni la mort de l’un ni le décès de l’autre. Ils veulent simplement tirer profit de toutes les opportunités. Lorsque les professionnels évoquent d’éventuelles stratégies multicanal, les consommateurs parlent simplement de logique.

Ils veulent zapper entre formats et entre concepts au gré de leurs envies, de leurs humeurs et de leurs budgets, mais aussi en fonction des offres et des promesses. Ensuite, sur la Toile comme sur le bitume, le niveau de service (le bon produit, au bon prix et au bon moment) fera la différence.

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