Une réflexion de filière

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Yves Puget, directeur de la rédaction
Yves Puget, directeur de la rédaction©Bernard Martinez

La plus grande ferme de France, autrement dit le Salon international de l'agriculture, ouvrira ses portes le 23 février sur fond du scandale de la viande de cheval. Dans ce numéro de LSA, vous trouverez l'une des très rares interviews de Matthieu Lambeaux, le directeur général de Findus France. Il y dévoile comment la marque a été abusée et ce qu'il compte mettre en place pour rassurer les consommateurs. Nous avons également voulu écouter les récriminations et les espoirs de Xavier Beulin, le président de la FNSEA et, donc, des agriculteurs. Enfin, il nous est apparu important de descendre sur le terrain. Pages 10 à 12, nous donnons la parole à de petits producteurs et agriculteurs pour comprendre comment ils travaillent avec une grande surface. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'un sondage représentatif. Nous sommes conscients que ce point de vente, un Leclerc toulousain, ne résume pas à lui seul la totalité des situations. Mais certains doivent aussi admettre que ceux qui ne cessent de pester contre la grande distribution en arguant qu'aucun effort n'a été fait ces dernières années, que tous les fruits et légumes viennent d'Espagne ou d'ailleurs ou que les acheteurs ne rêvent que de pressuriser leurs fournisseurs, ne sont pas, non plus, représentatif des milliers d'entreprises locales qui livrent quotidiennement les grandes surfaces.

Il est urgent de travailler ensemble, dans une réflexion de filière et non comme des illustres et farouches ennemis.

Bien sûr, des cas difficiles existent. Il convient de ne pas le nier et de tout mettre en place pour éviter des situations critiques, voire dramatiques. Mais il ne faut pas pour autant oublier tous ces agriculteurs qui sont heureux, humainement et économiquement, de livrer tel hypermarché ou tel supermarché. L'affaire de la viande de cheval, comme la crise de l'agriculture française, démontre à quel point il est urgent que tous les intervenants travaillent ensemble, dans une réflexion de filière et non tels des illustres et farouches ennemis. Il en va de l'intérêt de tous... mais aussi des consommateurs. Les distributeurs savent que, face à la montée du commerce électronique, il est impératif de rassurer, de jouer la carte de la qualité, de la transparence, de la démonstration et de la preuve. Demain, les clients viendront en magasins parce qu'ils auront la certitude d'y trouver des produits de qualité, avec une traçabilité exemplaire.

Quant aux agriculteurs et autres producteurs, ils ne peuvent ignorer que la grande distribution représente pour eux une formidable opportunité. Qu'il est dans leur intérêt de travailler au mieux et au plus proche des points de vente pour mettre en avant les notions de savoir-faire et de terroir. Sans oublier les consommateurs, qui, quoi qu'ils en disent et en pensent, sont l'un des maillons de cette chaîne et doivent donc en comprendre les enjeux et accepter de payer les produits au juste prix.

La triste histoire de la viande de cheval peut être prise comme un épisode de plus dans ce lancinant feuilleton des crises à répétition ou comme un électrochoc pour travailler autrement. Aux acteurs de décider...

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Article extrait
du magazine N° 2262

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