UNE RESERVE DE CROISSANCE ?

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Le segment, occupé par le groupe Triballat, retrouve de l'allant après deux années de pause. Danone, leader de l'« organic » aux États-Unis, devrait lancer dans les prochains mois des produits en Europe.

Danone s'intéresse à l'agriculture biologique. Comme l'annonçait LSA récemment (n°1948), le groupe, qui s'est longtemps attiré les foudres de la filière avec sa marque Bio dont les produits n'étaient pas issus de ladite agriculture, aimerait dupliquer en l'Europe le modèle de Stonyfield Farm dont il a pris le contrôle en 2004. Il veut savoir si cette marque de produits organic (équivalent des produits bio aux États-Unis) a le potentiel pour devenir un des « blockbusters » de Danone, une marque qui réalise près de 1 MrdEEde chiffre d'affaires dans le monde comme Actimel ou Activia. Pour l'instant, les ventes de produits bio ne représentent que 2,5 % de celles des produits laitiers frais du groupe.

La fin d'une période difficile

Le raisonnement de Danone est simple. La croissance du segment laisse présager que les produits bio pourraient sortir de leur statut de niche. Outre-Atlantique, le bio a ainsi enregistré une croissance de 19,8 % contre + 5 % pour le conventionnel entre 1999 et 2004. Et + 9,7 % en France contre + 2,1 % sur la même période. Avant la fin de l'année, Danone devrait ainsi développer son concept en Europe sur un marché test, a confirmé Bernard Hours, directeur général de la branche produits laitiers frais du groupe. Gary Hirshberg, PDG de Stonyfield, ne cache pas qu'il aimerait que le test ait lieu en France.

Initié en 1995 dans la grande distribution par le groupe Triballat, de Noyal, (35) avec sa marque Vrai, la seule qui bénéficie d'une distribution nationale, le segment des produits laitiers bio est encore très petit dans l'Hexagone - moins de 10 000 tonnes - et reste focalisé sur les yaourts. Il représente plus de deux tiers des ventes (7 200 t) et enregistre + 11 % en volume et + 8 % en valeur.

Après avoir vécu une période difficile, l'ultrafrais bio semble renaître. « Voici quelques années, on a noté un fort engouement des industriels, mais aussi des distributeurs ; et puis plusieurs d'entre eux ont arrêté leurs gammes, commente Gwénaelle Le Garrec, responsable marketing chez Triballat. Aujourd'hui, le marché repart, avec, notamment, l'intérêt des consommateurs pour le développement durable. Nous avons conseillé aux distributeurs de resserrer leur offre sur des gammes plus courtes, ce qui a permis de redynamiser le marché. »

L'arrivée de Danone, si elle devait se confirmer en France, montre le potentiel de ce marché. Elle pourrait en tout cas bouleverser le paysage de la filière laitière bio et probablement la structurer, notamment au niveau d'une production très atomisée. Mais aussi susciter des vocations chez les industriels et relancer l'intérêt des distributeurs. Pour l'instant, hormis Triballat, seul Eurial Poitouraine s'est risqué dans le bio, avec Bio nat, dont l'objectif est d'être une vitrine pour d'éventuels marchés en MDD.

La partie n'est pas gagnée : « Pour faire du bio, il faut payer plus cher le lait, c'est difficile en termes d'approvisionnements, car les coûts de collecte sont plus élevés. Cela s'apparente parfois à une profession de foi ! », avertit Gwénaelle Le Garrec chez Triballat. Le groupe breton, qui va développer sa gamme dans les prochaines semaines avec des produits élaborés à partir du lait de printemps, pourrait bénéficier de l'engouement que ne devrait pas manquer de susciter l'arrivée du groupe de Franck Riboud.

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Article extrait
du magazine N° 1953

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