Une sentinelle pour les crises sanitaires

Cet inspecteur en chef de la santé publique vétérinaire va diriger l'instance de contrôle de la sécurité sanitaire. En pleine crise aviaire.

C'est un habitué des crises qui vient de prendre la direction de la Direction générale de l'Alimentation (DGAL) en pleine influenza aviaire. Jean-Marc Bournigal, 42 ans, a déjà géré, au sein de cet organisme sous tutelle du ministère de l'Agriculture, les crises de la vache folle (ESB), des poulets contaminés par la dioxyne, sans compter les listérioses et salmonelloses qui ont jalonné la dernière décennie. Si ces épisodes dramatiques ont été gérés avec une réelle efficacité, c'est probablement grâce au dispositif de contrôle puissant constitué par les 4 000 vétérinaires de la DGAL. Ceux-ci veillent à la qualité sanitaire des végétaux, des animaux ainsi qu'à celle des aliments, tout au long du cycle, de la production à la distribution.

Les industriels, tout comme les distributeurs, ont souvent affaire à ces services vétérinaires, qui viennent procéder à des contrôles impromptus dans les usines et les magasins et dont les pouvoirs de police sont étendus. La DGAL peut faire procéder au retrait de produits et à leur destruction sans avoir à en référer à quiconque. C'est d'ailleurs l'organisme qui gère les alertes de produits à retirer des rayons.

Plusieurs dossiers brûlants à traiter

 

Jugeant de la situation dans l'industrie et le commerce, Jean-Marc Bournigal indique qu'« un travail considérable a été fait, grâce et des personnels de mieux en mieux formés et au réseau vigilant qui s'est mis en place. Mais il faut rester en alerte, car les risques évoluent sans cesse, les germes deviennent plus résistants ou évoluent, les nouvelles technologies créent de nouveaux dangers ». Le rôle du patron de la DGAL est toutefois plus large : il devra aussi travailler sur le sujet brûlant de la coexistence des OGM avec les cultures classiques de retour au Parlement bientôt. S'attaquer également au sujet du «Paquet hygiène» - une nouvelle réglementation concernant l'ensemble de la filière agroalimentaire et les distributeurs - qui va s'appliquer en France ; à la définition des profils nutritionnels, avec les niveaux de sucre, de sel, l'étiquetage...

Mais l'homme est rompu aux négociations complexes. Il a déjà défendu les positions de la France dans le cadre de l'élaboration du Codex alimentarius, dans les négociations bilatérales nécessaires avec les pays pour exporter selon les critères de qualité hexagonaux. Depuis quatre ans, il représentait même les intérêts agricoles de la France auprès de l'Union européenne, avec les débats houleux que l'on connaît. Tout au long des prochaines semaines, la grippe aviaire sera tout de même au centre des préoccupations de Jean-Marc Bournigal. « Les vétérinaires sont vigilants en matière de veille sanitaire, mais leur présence comme facteur humain est tout aussi déterminante, tant ces crises sont traumatisantes pour les éleveurs. Il faut beaucoup de précautions, ils y sont préparés. »

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Article extrait
du magazine N° 1943

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