Une série d'inconnues

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Flambée des tarifs des matières premières, hausse des prix... Le marché des liquides va devoir redoubler de vigilance s'il veut sortir indemne de cette période de turbulences.

FLORENCE BRAY
FLORENCE BRAY© BERNARD MARTINEZ

L'inflation des matières ? « Un cauchemar ! », avoue un intervenant majeur du secteur des liquides. Pour lui, comme pour l'ensemble de la profession et plus largement pour toute la filière agroalimentaire, la gestion de cette flambée historique des cours s'apparente, en période de négociations commerciales, à un véritable casse-tête. Habituées aux variations de prix, les boissons doivent faire face cette fois à une situation exceptionnelle, marquée par une hausse simultanée de tous ses principaux cours. Du concentré d'orange mais aussi du concentré de pomme, dont les prix à la tonne ont respectivement doublé en un an ; du sucre, dont le prix a bondi de 20% sur les quatre derniers mois ; ou encore du PET, qui a grimpé de 50% en six mois.

Du jamais vu qui devrait conduire inéluctablement à des hausses de prix pour le consommateur final. De quel ordre ? Sur toutes les familles ou seulement sur les plus exposées comme les jus de fruits ? C'est tout l'objet du bras de fer qui se joue à l'heure où nous mettons sous presse entre les industriels et les distributeurs. En question : le niveau de marges des fabricants, notamment les plus fragiles. Du côté des géants, Pepsico a déjà annoncé une baisse de son objectif de croissance de son bénéfice annuel à 7 à 8% pour 2011 contre 11 à 13% initialement. Pernod-Ricard, qui envisage de passer des hausses de prix en France au premier trimestre 2011 sans préciser outre mesure, indique de son côté que l'inflation aura un impact extrêmement faible sur les comptes de l'entreprise. Tandis que Danone déclarait récemment rester serein face au phénomène, confiant dans la capacité des industriels à faire preuve d'imagination et à trouver des alternatives aux matières premières traditionnelles. Simple méthode Coué ou pragmatisme économique ?

En question également, et plus largement à l'issue des négociations : l'image prix du secteur et sa bonne santé. Ralentis dans leur course folle à la croissance sur le dernier trimestre 2010, les liquides devraient justement rivaliser d'ingéniosité pour limiter ces hausses. En adaptant leur politique d'achat, ou plus simplement en développant de nouvelles offres et de nouveaux formats, en jouant sur la qualité, même si tout le monde rejette officiellement cette solution , ou encore en actionnant, mais pas trop, l'efficace mais dangereux levier promotionnel...

Épargné jusqu'à présent par la déferlante des MDD, ce marché de marques, peu sensible globalement à l'évolution du prix de vente, va devoir apprendre à composer avec une série d'inconnues et redoubler de vigilance s'il veut sortir « indemne » de cette période de turbulences.

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Article extrait
du magazine N° HSB2011

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