Une sévère récession a touché tous les acteurs

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Retournement du marché immobilier, prime à la casse pour les voitures, souci d'économies, autant de facteurs qui ont pesé sur le marché de la maison en 2009. Cela n'empêche pas les acteurs du meuble de rester optimistes pour 2010.

Une année coupée en deux. Après un premier semestre catastrophique, les acteurs du meuble se sont rattrapés les trois derniers mois de l'année. « Début 2009, les enseignes de meubles ont subi de plein fouet la crise immobilière, précise Jean-Charles Vogley, directeur de la Fédération française du négoce de l'ameublement et de l'équipement de la maison (Fnaem). Ce n'est qu'au dernier trimestre que leurs efforts ont payé et que les achats ont repris. »

Ce sursaut n'a pas permis au secteur de se redresser. Après une année 2008 qui symbolise un retournement de tendance avec une croissance quasi nulle (- 0,3% en valeur à surfaces non comparables, selon l'Institut de promotion et d'études de l'ameublement [Ipea]), le meuble a marqué le pas en 2009 : ses ventes ont reculé de 3,1% à périmètre non comparable (- 4,8% en comparable), à 9,3 milliards d'euros, selon l'Ipea. En clair, une perte globale de 300 millions.

 

La production en forte baisse

 

300 M €

La perte globale du marché du meuble en 2009, touché de plein fouet par la crise immobilière.

Source : Ipea

Première raison : quand le logement souffre, le meuble trinque. Le secteur a subi de plein fouet le retournement du marché immobilier, les transactions baissant de 21% en 2009, selon la Fédération nationale de l'immobilier, et les mises en chantier de 13,9%, d'après la Fédération française du bâtiment. Cette baisse se répercute sur les ventes de mobilier de cuisine. Habituées à des courbes ascendantes depuis 2003, elles ont chuté de 2,6% en 2009 par rapport à 2008. Idem pour les meubles de rangement.

Deuxième raison, toujours d'ordre conjoncturel, l'instauration de la prime à la casse a clairement détourné les ménages de l'ameublement. Les Français ont préféré en profiter plutôt que de changer leur canapé. Résultat : la famille des sièges rembourrés, dont les canapés font partie, accusent la plus forte baisse de chiffre d'affaires parmi les produits (- 6% en 2009, selon l'Ipea).

Plus inquiétante en 2009, la forte baisse de la production. « C'est un souci majeur. Moins 14% en France, - 25% en Espagne, souligne Christophe Gazel, directeur général de l'Ipea. Au premier semestre 2009, la production française a traversé un trou d'air, avant de redémarrer en septembre. » En cause, le haut niveau des stocks : « Tout le monde a déstocké fin 2008 et début 2009 », poursuit Christophe Gazel.

Face à ce ralentissement général, les circuits de distribution ont cherché avant tout à limiter les pertes. « C'est bien la première année où l'on ne peut pas dire " hourra ! " pour le jeune habitat ! », fait remarquer Christophe Gazel. Les Ikea, Alinéa et autres Fly affichent une croissance de 3,2% en valeur. Une quasi-contre-performance pour des enseignes qui continuent d'étendre leurs parts et qui sont habituées à des bonds à deux chiffres ces dernières années.

 

Si les indicateurs sont dans le rouge, les acteurs du meuble gardent le moral

 

Les spécialistes de la literie sont les autres gagnants de l'année 2009 : leur chiffre d'affaires progresse de 1,9%. « Prix, santé, et innovation sont les trois facteurs qui ont permis au marché de se maintenir », explique Christophe Gazel. A contrario, les enseignes d'équipement du foyer, comme Conforama et But, ont eu du mal à faire face. Selon Jean-Charles Vogley, « elles ont pâti d'une baisse de la fréquentation des magasins. Les enseignes d'équipement doivent s'adapter à une clientèle qui se paupérise ». Les classes moyennes en l'occurrence, grandes perdantes de la crise.

Malgré tous ces indicateurs dans le rouge, les acteurs du meuble gardent le moral. « La France reste à un niveau élevé de consommation, note Jean-Charles Vogley. Entre 2002 et 2009, le secteur a gagné plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires. » Et les possibilités de croissance sont toujours élevées. « Les Français achètent trois fois moins de meubles que les Allemands ou les Belges, et deux fois moins que les Espagnols et les Italiens », observe le directeur de la Fnaem. L'exemple le plus significatif concerne la cuisine : à peine 50% des ménages français sont équipés, contre 80% ailleurs.

Pour inciter les Français à changer de décor et transformer un marché de renouvellement en marché de plaisir, les distributeurs redoublent d'efforts. À coups d'offres exclusives, comme Cinna et son club « in », ou But, qui a animé son réseau marchand grâce à internet. Ce qui lui a permis de reprendre de la part de marché pour la première fois depuis quinze ans. Conforama a misé sur de nouveaux concepts et lancé Confo Dépôt et Confo Déco. Les enseignes de meubles pourront aussi compter sur un regain de consommation, du moins si l'on en croit les intentions globales d'achat de mobilier des ménages. Selon l'Ipea, 27,3% d'entre eux déclarent vouloir passer à l'acte en 2010. Soit près de 7 millions de consommateurs potentiels.

9,3 Mrds €

Le chiffre d'affaires* - 3,1% à périmètre non comparable, - 4,8% en comparable***

Source : Ipea

* Données 2009

** Évolution versus 2008

Tous les circuits touchés… sauf le jeune habitat

Part de marché des circuits de distribution, en valeur, en%, en 2009, et évolution versus 2008, en%
Source : Ipea

Les circuits de distribution ont cherché à limiter la casse. Les Ikea, Alinéa et autres Fly affichent une croissance de 3,2% en valeur. Une contre-performance pour des enseignes qui sont habituées à des bonds à deux chiffres ces dernières années.

Des indicateurs au rouge

Structure du marché du meuble, en valeur, en%, par familles de produits en 2009, et évolution par rapport à 2008, en%
Source : Ipea

Les sièges rembourrés et les meubles de salle de bains ont été les premiers à pâtir du retournement du marché de l'immobilier. Mais aussi, sans doute, de la prime à la casse, qui a vu les Français préférer investir dans leur véhicule.

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