Marchés

Une surveillance de plus pour les compléments alimentaires

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L'Afssa lance un dispositif national de vigilance sur les compléments alimentaires afin d'identifier les effets indésirables liés à leur consommation. Une action qui n'inquiète pas les fabricants.

« La communication sur la mise en place de ce dispositif a été mal faite. Les compléments alimentaires ont été vus comme des produits dangereux, alors que c'est uniquement une surveillance supplémentaire permettant de rassurer le consommateur. »

Un dispositif de plus pour les compléments alimentaires ! Depuis fin octobre, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a mis en place un système de vigilance sur les compléments alimentaires, suite à la loi hôpital, patients, santé et territoires de juillet 2009. Alors que les retombées médiatiques laissent à penser que ces produits sont désormais dans la ligne de mire des autorités sanitaires, il en va, en réalité, tout autrement.

Pour les professionnels, ce système de « nutri-vigilance » n'est au final qu'une énième procédure de sécurité visant à rassurer le consommateur. La nouveauté réside dans le fait que ce dispositif d'alerte n'existait pas avant sur les aliments, mais sur d'autres types de produits tels les cosmétiques. « Nous nous sommes rendu compte que de plus en plus de Français consommaient des compléments alimentaires. Ce système permettra donc de mieux évaluer leurs éventuels effets indésirables », témoigne Marie Favrot, directrice de l'évaluation des risques nutritionnels et sanitaires à l'Afssa. Selon l'Agence, un adulte sur cinq et un enfant sur dix en utilise au moins une fois par an.

Pister les effets indésirables

Concrètement, cette phase pilote vise à mieux identifier les effets indésirables liés à la consommation de ces produits. Les professionnels de santé recensent, via un formulaire, les problèmes ressentis par le patient et l'envoient ensuite à l'Afssa qui l'examine et tente de recouper les liens entre compléments alimentaires et effets indésirables.

Scepticisme sur les résultats

Mais ce système n'inquiète pas outre mesure les fabricants. Le docteur Marie Bejot, fondatrice et présidente des Laboratoires Oenobiol, valide à cent pour cent le travail de l'Afssa : « Ce dispositif est indispensable. Il n'y a pas de raison que ces produits ne soient pas surveillés. » Cependant, les fabricants restent sceptiques quant aux résultats. Selon eux, il va être difficile de montrer les interactions entre compléments alimentaires et effets ressentis par le patient. « Il est évident que les analyses et les rapports de cause à effet vont être délicats à prouver », explique Caroline Legay-Urvoy, chef de service qualité et réglementation santé chez Léa Nature. Pour Christelle Chapteuil, directrice marketing chez Juva Santé, c'est une surveillance de plus : « Le marché des compléments alimentaires est déjà très contrôlé, avec une liste d'ingrédients établie, des étiquetages réglementés... »

En attendant un décret d'application qui fixera les modalités de mise en oeuvre de ce système de vigilance au premier semestre 2010, les professionnels se seront au moins entraînés, avant que cette réglementation ne soit étendue à d'autres catégories alimentaires.

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