Valérie Pécresse ne veut pas que la taxe sodas « soit détournée de son objet »

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LÉGISLATION - LOIS La taxe sodas fait l’objet encore d’un débat au Parlement, la secrétaire d’Etat au budget souhaitant qu’elle reste une taxe «comportementale», et non une taxe «main d’œuvre», laquelle pourrait aussi être étendue aux boissons énergisantes…

Après Coca-Cola et Orangina, Red Bull ? Lors de la discussion sur la taxe sodas, qui sera discutée jeudi ou vendredi, le député Richard Maillé veut étendre son assiette aux boissons énergisantes, pour un produit évalué à 20 millions d’euros. Une initiative qui vient renchérir le projet d’amendement du député Bernard Reynès, soutenu par le Premier ministre, François Fillon, afin que cette taxe soit appliquée à la fois aux sodas sucrés mais aussi à ceux qui contiennent des édulcorants, pour un montant de 250 millions d’euros. Pourtant, Valérie Pécresse, secrétaire d’Etat au budget, a réitéré son souhait hier devant les députés à l’Assemblée nationale « d’avancer sur le terrain de la fiscalité comportementale. « J’ai entendu les propositions des uns et des autres et nous aurons naturellement un débat sur le sujet. Mais dans l’esprit du gouvernement, les choses sont claires, cette taxe est une taxe de santé publique pour modifier les comportements et prévenir l’obésité, notamment chez les enfants. Comme vous, je constate qu’il y a un consensus scientifique sur le lien entre boissons sucrées et surpoids. L’essentiel est d’envoyer un message très clair aux entreprises comme aux familles et nous risquons de brouiller ce message en élargissant l’assiette de cette taxe, qui ne doit pas être détournée de son objet et qui ne doit pas concerner les boissons avec édulcorants». Dans la proposition de budget initiale, le montant de la taxe était limité à 120 millions d’euros
 
La ministre a ajouté que la proposition d’amendement du député Bernard Reynès,est «d’accroître le produit de cette taxe pour pouvoir, en contrepartie, baisser le coût du travail agricole, une mesure souhaitée par le Président de la République pour des raisons de compétitivité de notre agriculture et de convergence franco-allemande », mais elle déplore « ces taxes affectées qui consituent une fuite en avant».. Le président socialiste de la Commission des finances, Jérôme Cahuzac, a moqué cette mesure de taxe sur les boissons sucrées qui fait tant débat « au moment où on a besoin de recapitaliser les banques», « C’est une taxe de plus, la trentième depuis le début de la mandature, après la taxe poisson et mollusques, clés usb, disques dur, appel en justice…et celle sur les chambres de bonne que nous aurons à discuter ». Il se demande si c’est une mesure de santé publique ou une mesure pour soutenir l’agroalimentaire et considère que le choix n’est pas tranché, « Si c’est une mesure de santé publique, elle est dérisoire. Elle augmente de 10 ou 12 centimes le pack de 6 bouteilles de sodas. Or, je suis allé chez Auchan et Leclerc le week-end dernier, j’ai constaté une différence de 20 centimes sur le prix des packs. Ceux qui veulent acheter des boissons sucrées n’auront qu’’à se tourner vers le moins cher, ils ne changeront pas leur comportement ». Il n’a toutefois pas précisé, dans son allocution, qui était l’enseigne la moins chère. A noter que lors de ces échanges préliminaires au vote des députés, l'augmentation de la taxe sur les spiritueux n'a même pas été évoquée, même si elle figure bien dans le projet de loi de finances.     
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