Valse des taxes... et des étiquettes

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L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINEDes taxes en forte hausse pour les boissons, de nouveaux taux de TVA dans l'alimentaire... Le début de l'année 2012 s'avère déjà un véritable casse-tête fiscal pour les professionnels de la grande consommation. Les calculatrices sont de sortie.

PIERRE DECROIX, VICE -PRÉSIDENT, DIRECTEUR COMMERCIAL ET MARKETING DE COCA-COLA ENTREPRISES
PIERRE DECROIX, VICE -PRÉSIDENT, DIRECTEUR COMMERCIAL ET MARKETING DE COCA-COLA ENTREPRISES© DR

La messe était quasi dite en 2011 : les taxes imaginées par François Fillon concernant les boissons ont été adoptées. Si celles sur les boissons rafraîchissantes sans alcool ont fait l'objet de grands débats, celles sur les alcools titrant plus de 18° sont passées comme une lettre à la poste. Reste maintenant à les appliquer. « Ce n'est pas un souci de mettre en place une taxe. C'est juste un paramétrage à régler. Les distributeurs en ont l'habitude », assure un liquoriste. Moins évidente sera la question du prix au consommateur. « Nous n'avons pas les moyens d'absorber cette taxe qui, pour Coca-Cola, représentera 140 M sur les 280 M qu'elle rapportera à l'État », prévient Pierre Decroix, vice président, directeur commercial et marketing de Coca-Cola Entreprises. Selon les premiers calculs, les augmentations pourraient atteindre 20% sur les sodas, en incluant les hausses de matières premières. Du côté des alcools, un litre d'anisé pourrait être renchéri de plus de 1 €. Une chose est sûre : les taxes s'inviteront à la table des négociations commerciales pour savoir qui la paiera.

TVA À 7%

Des mesures ubuesques?

Certaines parties du projet dévoilé par le Bulletin officiel des impôts risquent d'être compliquées à appliquer si elles sont adoptées. Florilège :

- Les plats cuisinés resteront taxés à 5,5%, excepté si le magasin possède un micro-ondes qu'il met à disposition.

- Addition salée pour les salades Celles avec couverts et/ou assaisonnement passeront à 7%.

- Les boissons sans alcool vendues dans « des contenants ne permettant pas leur conservation » (gobelet, verre) subiront le passage de la TVA à 7%, contrairement aux canettes et autres yaourts à boire.

Une logique assez floue

Mesure fiscale surprise celle-là, le rehaussement de la TVA de 5,5 à 7% concerne les produits alimentaires de consommation immédiate « qui ne sont pas destinés à être conservés par le consommateur ». Sandwichs, salades, sushis devraient ainsi être augmentés. Le texte est encore en projet et soumis à consultation jusqu'au 13 janvier. Les mesures annoncées ainsi que les distinctions opérées ont de quoi surprendre (lire ci-dessus). À l'inverse, les yaourts, viennoiserie et autres sachets de chips sont épargnés. « Où est la logique quand Bercy souhaite toucher, par des exceptions, certaines catégories de produits ? », s'interroge Patricia Rebillard, secrétaire générale du Syndicat des entreprises fabriquant des produits traiteur frais et réfrigérés (Synafap). Qui s'attaque au principe de consommation immédiate sur lequel s'appuie le document. « Plus de la moitié des sandwichs et trois quarts des salades vendus en grande distribution passent par le domicile avant d'être consommés. » Caroline Cantin, directrice marketing chez Daunat, va dans le même sens : « Nous avons une DLC de douze jours en moyenne, nos produits ont donc vocation à être conservés. »

Si certains estiment que cette hausse ne générera aucune perte en GMS, car l'offre restera moins chère qu'en restauration rapide, les industriels interrogés dénoncent une « situation floue », et attendent, entre espoir et résignation, l'instruction définitive.

PIERRE DECROIX, VICE -PRÉSIDENT, DIRECTEUR COMMERCIAL ET MARKETING DE COCA-COLA ENTREPRISES

« Nous devons faire face à un contexte exceptionnel : une nouvelle taxe mais aussi des augmentations et une volatilité du prix des matières premières sans précédent. Si, depuis dix ans, nos augmentations de tarifs étaient en général en dessous du niveau de l'inflation afin que nos produits restent les plus accessibles possible, cette année, elle sera plus importante, car nous ne pouvons tout absorber. »

LE CHIFFRE

20%

Le taux d'augmentation que pourraient subir les sodas, hausse des matières premières incluses

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Article extrait
du magazine N° 2210

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