« Vamos fazer um sonho »

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Faisons un rêve : l’équipe de France de football gagne, le 13 juillet prochain, la finale de la Coupe du monde de football. Quelques minutes après le coup de sifflet final, une foule immense déferle sur les Champs-Élysées. En province, de nombreuses fêtes sont improvisées. Depuis le début de cet événement planétaire, la France profite d’une météo exceptionnelle et les Français exultent. Ils ont oublié leurs problèmes et mis de côté leurs soucis.

À la télévision, les grandes marques multiplient les annonces publicitaires pour soutenir le onze français. Dans les rayons, les couleurs du Brésil fleurissent sur un grand nombre de produits. Les animations, plus grandioses les unes que les autres, sont installées dans les allées centrales et sur les parkings. Les pizzas, les chips et les bières s’arrachent comme des petits pains. Les ballons (page 74), barbecues et téléviseurs sont en rupture. Les adultes ont revêtu la tunique bleue. Les jeunes sont maquillés aux couleurs du drapeau national et jouent avec de nombreux produits dérivés estampillés Fifa 2014.

En magasins, les équipes ont le sourire. Chefs de rayon, vendeurs et caissières se réjouissent de cette dynamique commerciale. Ils n’hésitent pas à se retrousser les manches pour des clients qui ont retrouvé le sourire. La grisaille de l’hiver et la noirceur de l’économie sont oubliées. La bonne humeur a remplacé la morosité, voire l’agressivité. Tout le monde se souviendra de ce fameux jour où les Français ont recouvré une certaine joie de vivre. Car pendant que les Bleus accumulent les buts, les économistes font les comptes (pages 8 à 12). Certains parlent d’une hausse du PIB, et d’autres pronostiquent un boum des naissances. Sans oublier ceux qui se lancent dans une véritable surenchère et promettent « un avant et un après ».

Ce rêve se brisera peut-être sur les terrains de Rio de Janeiro ou de São Paulo. Il n’empêche qu’il faut y croire, tout autant sportivement qu’économiquement. La consommation a besoin d’un déclic pour sortir de l’ornière dans laquelle elle se trouve. On peut ne pas aimer le football ou ne pas adhérer aux valeurs de ce sport et de ceux qui le pratiquent à haut niveau. Il n’en reste pas moins que, dans ces temps difficiles, toutes les bonnes nouvelles sont bonnes à prendre. Car, finalement, il en va de la France comme de son équipe de football. Elle ne manque pas de talent. Elle doit simplement admettre qu’il est vital d’agir en équipe et non en somme d’individualités. Qu’il faut passer de la résignation à l’action et comprendre qu’avoir un glorieux passé n’empêche nullement d’espérer un avenir prometteur. Le génie français n’a pas disparu comme par miracle. La rétrogradation (pour le football) et la ­récession (pour l’économie) ne sont pas des fatalités. Et si, dans le sport, un simple déclic – le choc psychologique, disent les entraîneurs – peut changer le sort d’un match, pourquoi n’en serait-il pas de même avec l’économie

En gagnant la Coupe du monde de football, l’équipe de France peut redonner envie aux entrepreneurs d’investir et aux consommateurs de dépenser. Faisons un rêve… Ou « vamos fazer um sonho », comme disent les Brésiliens. 

ypuget@lsa.fr

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Article extrait
du magazine N° 2318

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