Vente-privée en haut de l'affiche

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Le leader de la vente événementielle en ligne s'est encore distingué avec une croissance de 22% en 2012. Il affiche de grandes ambitions dans l'industrie du spectacle avec le rachat du Théâtre de Paris.

 Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente-privée, cherche des relais pour maintenir la croissance de son entreprise.
Jacques-Antoine Granjon, PDG de Vente-privée, cherche des relais pour maintenir la croissance de son entreprise. © DR

Vente-privée (VP) s'est offert un théâtre ! Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit d'un des plus grands théâtres privés dont la création remonte à la fin du XIXe siècle, avec une capacité de 1 100 places pour la Grande Salle à l'italienne et 300 dans le Petit Théâtre de Paris.

« Nous voulions produire et coproduire dans des salles à nous », indique Jacques-Antoine Granjon, le PDG de Vente-privée, qui s'est associé dans cette aventure à Stéphane Hillel, le directeur artistique du théâtre depuis 2003, et au producteur Richard Caillat, qui prend la présidence du conseil d'administration. Pour cela, le site a mis sur la table entre 6 et 7 M €, « le prix de deux grosses campagnes de publicité sur TF1 », souligne Jacques-Antoine Granjon.

« Mais ce n'est pas une danseuse », prévient-il. Car il n'entend pas perdre de l'argent, mais trouver un modèle économique dans la musique à travers une intégration verticale qui va de la vente d'albums à la production de musique en salles, en passant par la billetterie.

Vente-privée en chiffres

  • 1,3 Mrd € Le CA en 2012 (+ 22%)
  • 26% La part de son CA réalisé via le mobile
  • 5% Le résultat net
  • 60 millions Le nombre de produits vendus
  • 75 000 Le nombre de colis expédiés en moyenne chaque jour
  • 2,5 millions Le nombre de visiteurs uniques
  • 18 millions Le nombre de membres à travers 8 pays européens

Source : Vente-privée

Théâtre ouvert à la musique

Il a d'ailleurs renégocié le bail pour pouvoir donner des concerts au Théâtre de Paris, qui deviendra un lieu événementiel « ouvert à toutes formes de spectacles vivants, comme la musique ou l'humour, tout en maintenant une programmation théâtrale ambitieuse et de grande qualité ». Et compte bien acquérir d'autres salles en province. Aujourd'hui, la culture ne représente que 3% de son chiffre à travers sa billetterie en ligne Ticket-minute (3e site de billetterie en ligne le plus visité en France), alors que les ventes de disques (Patricia Kaas, Iggy Pop, Alain Chamfort...) ne rapportent rien, mais permettent de créer des événements pour faire parler du site.

 

Diversifier les activités

Celui-ci a généré un chiffre d'affaires de 1,3 Mrd €, pour un résultat net d'environ 5%, et cherche des relais pour poursuivre sa croissance de 22% cette année (contre + 11% en 2010). « 2012 est l'année de la reprise, après deux années de consolidation. Nous avons réalisé une belle performance dans un contexte de crise où les ménages thésaurisent plutôt que de dépenser, par peur de l'avenir », constate Jacques-Antoine Granjon, qui sait qu'il doit diversifier son activité s'il veut continuer à croître. Car le textile représente encore 50 à 60% du chiffre d'affaires de VP. « Il faut être moins dépendant des stocks des entreprises, qui fluctuent au gré de la confiance que ces dernières portent dans l'avenir », reconnaît-il.

Parmi les facteurs de succès, les nouveaux secteurs, dont le voyage qui a réalisé une année « exceptionnelle » et généré 100 M € en 2012, avec plus de 260 ventes événementielles. Mais aussi le vin qui a une croissance soutenue depuis 2005. Les Oneday (450 ventes en 2012), les Rosedeal et la billetterie ont été plébiscités.

Le succès est plus mitigé dans le reste de Europe, qui ne représente encore que 20% du chiffre d'affaires et outre-Atlantique où le site n'est pas profitable, avec des ventes de l'ordre de 25 M $ (18,4 M €) en 2012. Aux États-Unis, « la première année a été dispendieuse, admet Jacques-Antoine Granjon. Nous avons 100 personnes, un bureau à Manhattan et un centre logistique dans l'Ohio. Mais nous resserrons les boulons. Nous ne sommes pas là-bas pour dépenser l'argent gagné en Europe ».

Pour l'Europe, il vise 50% du CA d'ici à trois ans. « Il est difficile de se développer en Europe où il n'y a pas d'harmonisation fiscale, regrette-t-il. La Fevad (Fédération du e-commerce et de la vente à distance) se bat pour cela. » Le patron du site en a profité pour mettre en garde sur la fragilité du secteur. « Les coûts d'acquisition sont de plus en plus élevés. Il y a peu de sociétés rentables. Il ne faut pas davantage taxer le secteur, ce serait mettre un terme à son dynamisme. »

 

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Article extrait
du magazine N° 2260

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