Vers des magasins entièrement virtuels ?

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La vente à distance a connu sa révolution au début des années 2000, avec l'explosion des achats sur internet. Et l'avenir semble radieux pour ce secteur dont on ne connaît pas les limites. Pour les professionnels, l'offre virtuelle totale reste néanmoins du domaine de l'utopie.

Tout simplement incontournable. Trois Français sur quatre achètent à distance aujourd'hui, et un sur trois sur internet. Tout ou presque s'achète et se vend, et cela n'est plus l'affaire des seules entreprises ou sites spécialisés. La vente à distance, boostée depuis le début des années 2000 par l'explosion des achats sur la Toile, s'est clairement imposée comme un circuit incontournable de vente généraliste.

Toutes les enseignes s'y intéressent, y compris les grands noms du commerce de détail, pour qui la complémentarité entre magasins réels et virtuels est devenue un atout essentiel dans la conquête de nouveaux marchés. De fait, « il n'existe plus vraiment de frein à l'e-commerce, explique Gauthier Picquart, PDG de Rueducommerce. Celui du paiement est déjà levé, idem pour la qualité de l'offre. Et l'obstacle de la relation physique est lui aussi sera bientôt oublié : la théâtralisation de l'offre sur internet permettra en effet de mieux appréhender les produits. » L'e-commerce a d'ailleurs gagné 2 millions d'acheteurs en un an (+ 11 %). De nouvelles recrues captées dans toutes les classes d'âge et catégories socioprofessionnelles, attirées par la praticité du circuit, la variété de l'offre, et le prix.

Explosion de sites...

La France rejoint au pas de charge le peloton de tête des pays européens, en termes de poids des acheteurs au sein de la population des internautes. D'autant que les sites marchands se multiplient. « On assiste à une véritable explosion, avec 43 000 sites en France », souligne Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

... et concentration

Un mouvement qui selon Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de Price Minister, devrait se doubler d'un phénomène de bipolarisation. « Le marché va rapidement se concentrer. Dans les trois ou quatre prochaines années, on devrait assister à une vague de rachats par des acteurs de la distribution physique. Notamment ceux qui sont encore absents de l'e-commerce. Au final, dix à quinze gros sites en France et trois ou quatre à l'étranger feront l'essentiel du business. De l'autre côté, 40 000 ou 50 000 sites préempteront des niches très précises. »

Marc Lolivier pousse plus loin l'analyse : « Demain, il n'y aura pas une enseigne, pas un magasin, les plus petits, qui n'aura son site internet. De la même façon que tous possèdent aujourd'hui une ligne téléphonique. » Du côté des acheteurs, la révolution aura pour nom le M-commerce. Autrement dit, les achats via les téléphones mobiles. Un nouveau canal où l'on « pourra faire du suivi de commande, acheter des billets de cinéma, réserver des places de théâtre... D'ailleurs, on compte déjà 1 million de personnes qui achètent par l'intermédiaire de leur portable. » Deuxième grande tendance qui devrait rapidement essaimer sur internet, « la personnalisation dans la relation clients avec la possibilité de pouvoir customiser son produit ». L'internet va-t-il finir par faire disparaître la distribution physique ? « Je ne crois à une offre virtuelle totale, explique Marc Lolivier. Je partage l'avis de ces gens qui pensent que les circuits classiques et l'e-commerce vont cohabiter. »

Sur la piste d'envol

Quoi qu'il en soit, tout est en place pour l'envol de l'e-commerce. En plus de ce mouvement de fond, le plan Besson pour développer l'économie numérique et accélérer la conversion au haut-débit devrait stimuler la progression des cyberacheteurs. Le respect de l'environnement et la fluctuation des prix du pétrole pourraient en outre pousser nombre de nos concitoyens à faire leurs courses sur la Toile, afin, notamment, de réaliser de substantielles économies.

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Article extrait
du magazine N° 2070

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