Vers un commerce global

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Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

Stop! Halte à la segmentation par le vocabulaire pour le moins abscons. Au départ, il y a eu l'e-commerce. Puis est venu le temps du m-commerce, sur mobile. Maintenant, on évoque le f-commerce, autrement dit sur Facebook. À ce rythme, toutes les lettres de l'alphabet vont y passer. Pourquoi, en effet, ne pas évoquer le g-commerce (Google), le t-commerce (Twitter) et même le d-commerce (drive) ? Encore une fois, quelques experts se complaisent à inventer des termes qui, parfois, sont oubliés aussi vite qu'ils apparaissent et de temps en temps s'imposent et deviennent des « génériques ».

Si cette pratique rassure les professionnels - elle sert les statisticiens qui additionnent des parts de marché ; elle permet aux salariés de s'identifier et elle sécurise les dirigeants qui se comparent -, l'essentiel n'est pas là. Sérieusement, avez-vous déjà rencontré une consommatrice déclarant à sa voisine : « Aujourd'hui, je vais faire mes courses dans un magasin populaire » ? Non, elle va chez « Monop ». Et quelle différence entre un hard-discounter de 1 200 m² avec des marques nationales et un supermarché... de 1 200 m² avec des marques nationales? Pour les consommateurs, aucune. Sur internet, il en va de même. Car dans la réalité, dans la vraie vie, les jeunes se contrefichent de savoir s'ils ont téléchargé le dernier tube de Lady Gaga sur leur téléphone ou sur leur ordinateur. En revanche, ils savent très bien s'ils sont clients d'Amazon, de la Fnac ou de l'Apple Store. Et ce phénomène ne fera que s'amplifier tant il apparaît évident que, demain, les consommateurs seront plus zappeurs que jamais. Qu'ils fréquenteront, au gré de leur humeur et de leur budget, tel ou tel format de vente.

Même si les métiers ne sont pas forcément les mêmes, les frontières sont vouées à disparaître. À tel point que certains annoncent déjà, avec ironie, la fin du commerce électronique ! Il se diluerait dans un ensemble : le commerce. On se dirige ainsi vers un commerce uni, mais réparti sur plusieurs plates-formes interdépendantes, s'alimentant mutuellement. Un exemple ? La possibilité de commander sur le Net et d'aller chercher le produit dans une boutique physique. Ou encore de recevoir des bons de réduction sur son téléphone portable plutôt que de présenter de vieux coupons en papier tout froissés aux caisses. Sans compter la possibilité de payer ses achats dans une boutique classique avec son portable.

L'enjeu est crucial pour tous les acteurs. D'un côté, les pure players ont besoin d'aller chercher de la croissance. Ils ont bien compris que les magasins en dur recèlent encore quelques avantages (trafic, proximité, contact humain, services...).De l'autre, les bons vieux points de vente, petits et grands, courent après internet. Ils veulent « à tous prix » éviter de voir leur part de marché fondre comme neige au soleil. Et ils savent que le web génère non seulement du chiffre d'affaires, mais qu'il fait aussi venir des clients en magasins et qu'il apporte de nouveaux services. Les concurrents d'aujourd'hui seront les alliés de demain.

 

Certains annoncent déjà, avec ironie, la fin du commerce électronique ! Il se diluerait ainsi dans un ensemble : le commerce.

 

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Article extrait
du magazine N° 2222

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