Marchés

Vers une deuxième année record

|

Étude - Après avoir tenu la vedette des fêtes en 2003, l'appareil photo numérique est en passe de doubler la mise pour 2004. Une bonne nouvelle pour le marché, bien sûr, à condition de se préparer au déferlement et de savoir l'accompagner.

C'est une nouvelle année record qui s'annonce pour les ventes d'appareils photo numériques (APN). Après le million de pièces écoulées en 2002, les 2 millions de 2003, les instituts d'études et les fabricants tablent sur un nouveau bond pour 2004 : 4 millions d'appareils devraient être vendus cette année (représentant un chiffre d'affaires d'environ 1milliard d'euros). Autant dire que, comme l'an dernier, l'APN comptera parmi les cadeaux incontournables de ce Noël et qu'un certain affolement est à craindre dans les linéaires. Parmi les biens techniques, seul le photophone (un terme pratique permettant de désigner les téléphones mobiles à fonction photo) devrait faire mieux, avec 4,5 à 5 millions de pièces attendues cette année. Ajoutons à cela que le salon bisannuel Photokina se tiendra fin septembre à Cologne et devrait apporter son lot de nouveautés, et l'on comprendra que le succès de l'APN n'est pas appelé à se tarir dans l'immédiat.

Logiquement, l'accroissement des volumes de ventes s'accompagne d'autres évolutions qu'il faudra également prendre en compte. Citons principalement une baisse continue des prix, une segmentation croissante de l'of-fre, et un effondrement rapide des appareils argentiques. L'année 2004 aura encore vu les tarifs chuter fortement, et seule la progression constante des performances aura permis de maintenir un prix moyen satisfaisant. Les APN vendus moins de 100 E sont désormais nombreux, et commencent à empiéter sur le territoire des prêts-à-photographier (les bons vieux « jetables » argentiques).

De nouveaux segments

Par ailleurs, l'offre Pass de Photo Service a brisé le tabou de la subvention - même si ce n'est pas vraiment de cela qu'il s'agit -, en proposant un appareil dernier cri pour 1 E(LSA n° 1866). « Nous sommes partis du constat suivant : l'APN est LE produit d'actualité, mais son achat reste anxiogène, résume Stéphane Duc, directeur du marketing et de la communication de l'enseigne. Nous avons donc élaboré cette offre qui allie un tarif préférentiel sur l'appareil et un abonnement sur vingt-quatre mois. Les clients ont compris tout de suite, car c'est très inspiré de la téléphonie mobile. Quant aux fabricants, nous avons craint au début qu'ils ne rechignent à voir leur produit vendu pour 1EE, mais, finalement, il n'y a eu aucune opposition. » Confirmation avec Roch Hollande, vice-PDG de Konica Minolta France, qui parle d'une « excellente idée ». Et estime que les consommateurs comprennent bien que le prix de 1 E« est de l'ordre du symbolique et ne correspond pas à une valeur de marché ».

Incarnation de la baisse des prix, l'entrée de gamme actuelle se compose d'appareils offrant une résolution de 3 mégapixels pour environ 200 E. Et l'équation classique qui voulait qu'un mégapixel supplémentaire se négocie pour 100 E a volé en éclats. Les gammes se sous-segmentent de plus en plus finement, et d'autres critères - performances de l'optique, design, etc. - viennent compliquer les hiérarchies. Chez Sony, Hervé Vancompernolle, chef de groupe photo et vidéo numériques, liste les nouveaux segments qu'il convient désormais de viser : « Les modèles féminins, les modèles très mass-market pouvant être utilisés par les 60 % de foyers ne possédant pas de PC, les modèles conçus pour le renouvellement, et les modèles de deuxième équipement. » La marque japo-naise vient, par ailleurs, d'annoncer une baisse de prix de tous ses modèles lancés au printemps. Comme le rappelle Miguel Lopez, chef de produits photo numérique chez Sony, « le premier critère de choix lors de l'achat d'un APN reste le prix, suivi, dans l'or- dre, par la résolution, le rapport qualité-prix,le design et l'auto- nomie des batteries ».

Des modèles performants

Autre tendance claire : l'apparition d'un vrai segment haut de gamme dans l'offre grand public. Avec des prix descendus aux alentours de 1 000 E, les reflex numériques et autres « bridges » séduisent maintenant une partie des photographes amateurs, grâce à leur haute définition (8 mégapixels en général) et à la possibilité d'y adapter des optiques différentes, comme sur un reflex argentique. Selon le Syndicat des entreprises de commerce international de matériels photo et cinéma-vidéo (Sipec), 34 000 modèles haut de gamme ont été vendus au premier semestre 2004, soit une augmentation de 386 % par rapport à la même période de l'année précédente.

L'apparition de ces modèles performants a-t-elle donné des envies aux consommateurs ? Une chose est sûre, en tout cas : la course aux pixels n'est pas terminée. Alors que les modèles à 1 et 2 mégapixels disparaissent progressivement, phagocytés par les photophones, les résolutions continuent à augmenter. Dernière annonce en date : Sony vient de présenter plusieurs modèles équipés d'un capteur à 7 mégapixels. Une définition qui n'existait pas encore. Commentaire du chef de produits, Miguel Lopez : « Si vous voulez imprimer une photo au format A4 et avec une définition de 200 dpi, un appareil photo de 4 mégapixels suffit. Mais pour monter à 300 dpi, c'est-à-dire la qualité utilisée dans la presse, il faut environ 8 mégapixels. Et l'impression au format A4 devient une demande importante chez les consommateurs, qui sont de plus en plus nombreux à être équipés d'imprimantes capables de telles performances. Et puis, le fait d'acheter un appareil avec un capteur de dernière génération rassure le client sur son investissement. Comme lorsque vous achetez un PC : aucun consommateur n'achèterait aujourd'hui une machine équipée d'un Pentium III, alors qu'il suffirait largement à ses besoins. »

La course aux mégapixels

Un discours ambivalent, dont certains concluront que la course éperdue à toujours plus de pixels ne correspond pas forcément à un besoin vital. « Ayant été les premiers à lancer un compact 6 mégapixels et un bridge 8 mégapixels, nous sommes mal placés pour critiquer cette tendance, note pour sa part Roch Hollande. Je pense que nous ne sommes plus dans une course, mais dans une volonté d'adapter la définition à l'usage de l'appareil. Cela dit, il faut admettre deux choses. D'abord que ce sont un peu les trois fournisseurs de capteurs - Sony, Panasonic et Fuji - qui orientent le marché. Et, ensuite, que pour le grand public, des définitions supérieures à 5 ou 6 mégapixels ne se justifient pas. Si vous tirez une photo au format 10 x 15, vous ne verrez pas la différence entre un 3 et un 6 mégapixels. »

En attendant que les consommateurs prennent conscience de l'importance relative du nombre de pixels, les professionnels profitent du phénomène, qui accélère le renouvellement des appareils, fait vendre des cartes mémoires sans cesse plus haut de gamme... mais complique le travail des laboratoires. Chez Photo Service, Stéphane Morin, président du directoire, s'étonne : « Nous pensions que la course aux pixels s'arrêterait à 5 ou 6 mégapixels, eh bien non ! Ça pose des problèmes parce que les tirages sont plus longs, mais si c'est ce que veut le marché, allons-y ! »

Les tirages, le sujet reste brûlant en matière de numérique. Selon les enseignes, les distributeurs proposant le développement photo dressent des constats plus ou moins satisfaits. Mais tous se rejoignent sur un point : comme ils nous le disaient déjà en début d'année (LSA n° 1846), la progression des tirages de photos numériques ne suffit toujours pas à compenser la baisse des développements analogiques. Deux chiffres permettent de mettre le problème en perspective. Le premier : si les ventes d'APN s'envolent, le taux d'équipement des foyers français reste bas, aux alentours de 30 %. Le second : 30 % seulement de ces foyers équipés tirent leurs photos sur papier, ce pourcentage prenant en compte les gens qui impriment eux-mêmes leurs tirages à la maison.

Kodak et Fuji, les deux grands concurrents du tirage photo, ne sont donc pas au bout de leur peine. Chez le fabricant américain, on a choisi de communiquer avec un spot télévisé chantant les louanges de la photo numérique tout en déplorant : « Il ne nous manque qu'une chose... les photos. » Le but est de convaincre les consommateurs d'utiliser les bornes de développement instantané installées par la marque. Quant au laboratoire japonais, sa stratégie consiste, explique le directeur du marketing Benoît Barron, à multiplier les clés d'entrée pour le consommateur. Fuji propose donc des bornes à installer dans la distribution, offrant plusieurs délais de tirage, et même un pack avec lecteur de carte et logiciel de commande disponible chez Auchan. Dernière initiative en date : des bornes compatibles avec la technologie sans fil Bluetooth, afin d'y décharger ses fichiers depuis un photophone.

Un argument de choc

Mais, malgré une offre de services large et complète, il semble que trop peu de consommateurs ont réalisé que le développement par un laboratoire de leurs photos numériques était désormais aussi facile qu'avec un film argentique, et pas forcément plus cher. Pour Benoît Barron, « la distribution a un gros travail d'explication à fournir lorsqu'elle vend un appareil numérique, pour faire comprendre au client qu'il peut faire des photos comme avant. Elle le fait, mais pas assez. » Un espoir tout de même : depuis quelques mois, le monde des photographes professionnels bruit de rumeurs alarmistes. À l'origine de leurs craintes : la dégradation dans le temps des CD-Rom - et plus encore des DVD-Rom - sur lesquels ils ont pris l'habitude de stocker leurs images depuis de nombreuses années. Ces supports n'étant pas éternels, certains commencent à perdre des données qu'ils n'avaient pas eu la prudence de garder sur un disque dur ou, au moins, de faire imprimer. Un argument de choc en faveur du tirage papier, que les laboratoires ont bien l'intention d'utiliser.

Carnet des décideurs

Shigeru Kumekawa

Shigeru Kumekawa

Futur directeur général et président de Sony Marketing Inc

Hideyuki Furumi

Hideyuki Furumi

Président de Sony Europe

Machiel Frijters

Machiel Frijters

Directeur marketing de Sony France

Philippe Cardon

Philippe Cardon

Vice-président Europe du Sud de Sony Computer Entertainment Europe

Richard Brunois

Richard Brunois

Directeur de la communication de Sony Interactive Entertainment France

Emmanuel Grange

Emmanuel Grange

Directeur administratif et financier de Sony Interactive Entertainment France

Fabrice Colusso

Fabrice Colusso

Directeur du compte Orange du groupe Sony Mobile Communications

Jean-Raoul de Gélis

Jean-Raoul de Gélis

Directeur général de Sony Mobile France

Kazuo Hirai

Kazuo Hirai

Président-directeur général de Sony Co entre 2012 et 2019

Dennis Van Schie

Dennis Van Schie

Vice-président, directeur commercial de Sony Mobile Communications

Hiroki Totoki

Hiroki Totoki

Président-directeur général de Sony Mobile Communications Inc

Kenichiro Yoshida

Vice-président exécutif et directeur financier de Sony Corporation

Nick Caplin

Nick Caplin

Directeur de la communication de Sony Computer Entertainment Europe

Gildas Pelliet

Gildas Pelliet

Directeur général de Sony France

David Mignot

David Mignot

Directeur général France de Sony Mobile Communications

Nicole Seligman

Nicole Seligman

Présidente de Sony Corporation of America (SCA)
Présidente de Sony Entertainment […]

Mark Khalil

Mark Khalil

Vice-président exécutif et conseiller juridique général de Sony Corporation of America

Steven Kober

Steven Kober

Vice-président exécutif et directeur financier de Sony Corporation of America (SCA)

Andrew House

Andrew House

Président de Sony Computer Entertainment

Olivier Terme

Olivier Terme

Directeur marketing France de la division mobile de Sony

Benoît Lambert

Benoît Lambert

Directeur général de Sony France

Hiroshi Kawano

Président de Sony Japon

Stéphane Labrousse

Stéphane Labrousse

Directeur du marketing de Sony France

Masaru Ibuka

Co-fondateur de Sony

Akio Morita

Cofondateur de Sony

Howard Stringer

Howard Stringer

Ex président-directeur général de Sony Corporation

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message