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Viande de cheval: GS1 défend la traçabilité

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TRIBUNE D'EXPERTS Dans un communiqué de presse, Pierre Georget, président du Directoire GS1 France, donne son avis sur la mise en cause de la traçabilité dans l'affaire Findus. GS1, ce sont plus de 32 000 entreprises adhérentes en France, dont 90 % de PME, qui grâce aux standards GS1 peuvent dialoguer et commercer avec 1 million de partenaires dans le monde.

Pierre Georget
Pierre Georget© B.MARTINEZ

L'affaire des lasagnes à la viande de cheval, supposées de boeuf, illustre le rôle respectif de la traçabilité et de la qualité, la traçabilité comme outil d’enquête, la qualité comme outil de production. Dans le cas présent elle pointe non pas les limites de la traçabilité mais celles de la qualité comme fonction de contrôle dans l'entreprise.

La reconstitution rapide du chemin de traçabilité jusqu’au laboratoire roumain témoigne du bon fonctionnement des systèmes de traçabilité en Europe, de même que la réactivité des acteurs de la chaîne d’approvisionnement pour organiser le retrait des produits est une démonstration de procédures de traçabilité bien rôdées.

La traçabilité vise à reconstituer le chemin d'un produit ou d'un objet dans un enchaînement d'événements. Cette traçabilité sera dite amont si la recherche des traces se fait à partir du produit fini. C’est le cas dans la première phase de l'affaire des lasagnes. La viande de cheval est découverte dans les lasagnes, d'où vient-elle ? Et l'enquête aboutit en Roumanie. La traçabilité est dite avale quand l'enquêteur cherche où le produit à été envoyé, utilisé, consommé. C'est la deuxième phase de l'affaire ; si la viande de cheval a été trouvée dans les lasagnes, a-t-elle pu être utilisée dans d’autres produits ? Le soupçon pèse sur d’autres produits, les moussakas, hachis, cannellonis, ou encore spaghettis bolognaises… c’est pourquoi leur retrait est organisé avec les enseignes de la distribution. La traçabilité en tant qu’outil de l’enquêteur montre là son efficacité. Elle concourt en cela à la sécurité du consommateur. Elle évite que la crise sanitaire, ce qui n’est pas le cas pour les lasagnes, ou la tromperie, dans le cas présent, ne se propage plus avant.

La qualité en tant que fonction de l’entreprise a pour objectif de mettre en place des contrôles permettant d’assurer que les promesses d’une marque sur ses produits sont bien tenues vis-à-vis de ses clients et des consommateurs. Dans l’affaire des lasagnes, la marque n’a pas tenu sa promesse du 100% boeuf, parce que les procédures de contrôle n’ont pas été suffisantes. Ou pour le dire plus précisément dans le langage de la qualité, les points critiques n’ont pas tous été identifiés et les contrôles appropriés mis en place. En effet le secret d’une bonne procédure qualité réside dans l’identification des étapes dans la procédure de fabrication où un risque de malfaçon peut se produire. Et dès lors d’y positionner les contrôles pour s’assurer du niveau de qualité souhaitée.

Il apparaît assez naturel que toutes les allégations nutritionnelles figurant sur le conditionnement du produit fassent l’objet d’un contrôle avant commercialisation. C’est semble-t-il ce qui n’a pas été fait pour les lots de fabrication des produits incriminés, lasagnes, et autres. Cet épisode doit être une alerte pour tous les industriels de l’agro-alimentaire et tous les distributeurs sur le contrôle du respect des allégations obligatoires sur les produits. La directive européenne 1169/2011 fait obligation d’afficher en clair sur les sites marchands ces informations, la conformité des allégations n’engagera dès lors plus seulement le fabricant et la marque mais aussi le distributeur du produit.

Pierre Georget
Président du Directoire GS1 France

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