Video : Les enregistreurs DVD se démocratisent

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Il s'est vendu en 2002 près de deux millions de magnétoscopes, contre 40 000 unités de son successeur annoncé, l'enregistreur DVD. L'écart reste monumental, mais se réduira dès cette année. La victoire du standard numérique est inéluctable.

Le phénomène concerne l'électronique de loisir dans son ensemble. Chez Panasonic, Pascal Petitpas, responsable formation, le résume de manière abrupte : « L'analogique a vécu. Aujourd'hui, tout l'effort en recherche et développement porte sur le numérique. » Nouveaux écrans de télévision, caméscopes DV, appareils photo numériques, supports MD, CD ou SACD en audio c'est un secteur tout entier qui fait sa mue.

Et si le domaine de la vidéo, en tout cas dans sa partie enregistrement, semblait à la traîne jusqu'en 2001, il paraît désormais gagné par le mouvement général. En clair, le magnétoscope, dinosaure analogique, a entamé la pente descendante qui le mènera lentement mais sûrement vers une fin inéluctable .

L'opération menée par la Fnac au mois de février dernier est, à ce titre, emblématique. Sous le titre Happy End, l'enseigne proposait à ses clients de leur échanger leurs « vieilles » cassettes VHS préenregistrées contre des bons de réduction de 6 EUR sur l'achat d'un DVD.

Ce qui s'appelle pousser le marché à la transition ! Une transition assurée pour ce qui est des lecteurs DVD - 2 480 000 pièces vendues en 2002, et surtout autant de disques DVD écoulés en un an que sur toute la période 1998-2001 ! -, mais qui ne fait que débuter sur les enregistreurs.

Enregistrer les programmes télévisés

Car le véritable remplacement de la VHS par le DVD suppose que le nouveau standard rende tous les services de l'ancien, et donc qu'il autorise l'enregistrement des programmes télévisés. Ce que permettent aujourd'hui les quelques enregistreurs proposés par des marques comme Philips, Pioneer, Samsung, Panasonic et quelques autres.

Apparus de manière significative en 2001, devenus moins onéreux en 2002, ces appareils se sont écoulés à 40 000 exemplaires l'an dernier, et GfK prévoit au minimum 200 000 ventes en 2003. Si l'on reste très loin des 900 000 enregistreurs achetés par les consommateurs japonais, le chiffre n'en est pas moins respectable pour des appareils vendus entre 1 000 et 1 500 EUR et dont l'utilité profonde, si l'on excepte le montage des films personnels pris avec un caméscope DV, n'a encore rien d'évident.

Concernant ce dernier point (à quoi bon « gâcher » un support d'enregistrement numérique pour enregistrer la télé française, analogique ?), le discours des marques a évolué. Évoquant la future génération de disques enregistrables Blu Ray, Pascal Petitpas admet que leur lancement sera « vraiment intéressant pour les consommateurs japonais et américains, qui reçoivent la télé haute définition ». Mais estime néanmoins que le Blu Ray « offrira aux Européens une grande qualité et une grosse capacité d'enregistrement pour enregistrer nos formats standards ».

Un raisonnement transposable aux enregistreurs actuels. Mais qui ne permet cependant pas de s'affranchir du frein majeur qui pénalise le marché : l'existence de trois standards concurrents et quasiment incompatibles. Rappelons pour mémoire que, comme aux temps héroïques du lancement du magnétoscope où VHS, V2000 et Betamax se disputaient le marché, les enregistreurs DVD se divisent entre DVD-RAM, DVD-R (et -RW) et DVD+R (et +RW). L'un des trois standards va-t-il s'imposer comme la VHS en son temps ? Et si oui, lequel ?

Chez Pioneer, promoteur du DVD-R, l'heure est plutôt au pessimisme. « Nous avons choisi dès le départ de nous inscrire dans la démarche du DVD Forum, qui a fait le succès du lecteur DVD, rappelle David Sutrat, directeur de la division multimédia. Nous aimerions que tout le monde se rallie à ce standard, mais nous n'y croyons plus vraiment. Si chacun campe sur ses positions, les fabricants vont se livrer une véritable course, et il est probable que le premier qui parviendra à produire de gros volumes à un prix grand public l'emportera. »

Une offre complexe et perturbatrice

Un discours fataliste, presque désabusé, qu'un professionnel du secteur explique par les rapports de force du marché. « Jusqu'au début 2002, le -R était le leader incontestable, se souvient-il. Mais Philips a lancé une offensive très forte qui a renversé le marché, en tout cas en grand public. Nous prévoyons maintenant que les formats +R et +RW représenteront 90 % des ventes de disques vierges à la fin 2003. » Appelant à la rescousse les nombreuses marques soutenant le -R, Pioneer souligne tout de même son ancienneté sur le secteur. Mais reconnaît qu'il fait face à « de vrais poids lourds ».

Principal adversaire de Pioneer : Philips, qui a fait de l'enregistreur DVD un axe de développement majeur depuis 2001. Avec succès. Selon Rudy Provoost, vice-président exécutif Europe, « le DVD+RW représente désormais 73 % des ventes d'enregistreurs en Europe ». Tenant du troisième standard DVD-RAM (avec Hitachi), Matsushita tente de bousculer l'omnipotent Philips sur le marché européen, et va jusqu'à rendre ses appareils compatibles avec le standard -R de Pioneer.

Offensif, Pascal Petitpas souligne que, contrairement à ce qu'assurent les concurrents, « le DVD-RAM n'a rien d'un format de stockage informatique », et propose même des avantages exclusifs. Des arguments qui n'ont malheureusement pas séduit l'éternel rival Sony. Arrivé très tard sur le segment (son RDR-GX7 ne sera disponible en Europe qu'en mai prochain), le constructeur innove avec une machine bi-mode, compatible aussi bien avec le -RW qu'avec le +RW. Mais pas avec le -RAM !

« Le +RW et le -RW s'équilibrent, mais le -RAM est en train de se marginaliser et offre très peu de compatibilité avec les lecteurs existants », explique Hélène Ousset, chef de produits marketing DVD, pour justifier le choix de Sony. Autant dire que l'unanimité n'est pas de mise aujourd'hui, inspirant à Pascal Petitpas une conclusion révélatrice : « Le DVD enregistreur est un secteur complexe et très perturbateur, aussi bien pour nous que pour les consommateurs. Il est difficile de savoir où l'on va »

La possible arrivée d'un format chinois

L'avenir est-il plus rose ? À l'évidence, les grands fabricants aiment à le croire. Neuf des principaux acteurs mondiaux ont annoncé, voici un an, un format commun (voir LSA n °1759 et 1788), le Blu Ray Disc, dont les premiers exemplaires devraient voir le jour en fin d'année au Japon, et dans un ou deux ans en Europe. Belle unanimité qui rend d'autant plus étonnant l'allant avec lequel les mêmes s'étripent aujourd'hui autour des -R, +R et -RAM. Il faut donc préciser qu'au-delà de l'annonce spectaculaire certains fabricants expliquent déjà que le Blu Ray ne visera que le haut de gamme, et plutôt les pays recevant la télévision en haute définition.

Par ailleurs, Toshiba et NEC ont annoncé à l'automne leur association sur un standard concurrent du Blu Ray. Et il se dit que les industriels chinois, déjà très présents sur les lecteurs DVD, développent actuellement une norme d'enregistreurs spécifique, leur évitant de payer des droits sur les brevets existants. Autant dire que le standard mondial est encore loin.

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Article extrait
du magazine N° 1808

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