Vivarte va vendre André et Naf Naf

|

Les syndicats du groupe Vivarte affirment que le groupe, qui va mettre en place un vaste plan de fermetures pour La Halle aux chaussures, s'apprête également à vendre André et Naf Naf.

Vivarte s'apprête à céder ses enseignes André et Naf Naf.
Vivarte s'apprête à céder ses enseignes André et Naf Naf.© © RACHID-BELLAK/ ANDRE

Vivarte, dans « une situation catastrophique » selon le responsable CFDT du groupe, interrogé au micro de RMC, s’apprête à se séparer d’André et de Naf Naf. Avec, comme bonne nouvelle, si l’on veut, le fait qu’un repreneur aurait déjà été trouvé pour André, enseigne aux 135 magasins… On dit « bonne nouvelle » dans la mesure où Kookaï, Pataugas et Chevignon, en vente également depuis l’été dernier, n’ont pas encore, eux, trouvé preneur… Et on dit « aurait » puisque, chez Vivarte, tout le monde est aux abonnés absents pour prendre la parole sur ce sujet pourtant ô combien important pour le groupe.

Naf Naf et ses 180 M€ de CA est à vendre

La parole est donc aux syndicats. Et ces derniers expliquent que Naf Naf est à vendre. L’enseigne de mode, si l’on regarde l’évolution de son chiffre d’affaires, ne s’en sort pas si mal avec ses 180 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016. Les ventes ont même crû de 2,8% l’année dernière. Sauf que, si l’on regarde les pertes, à hauteur de 14 millions en 2016, c’est évidemment nettement moins florissant. Même chose si l’on recule encore un peu dans le temps : Naf Naf, il y a trois ans de cela, flirtait encore avec les 200 millions de chiffre d’affaires, et affichait des bénéfices de plus de 36 millions d’euros. Des années fastes qui semblent loin derrière.

Même chose avec André, 101 M€ de CA

Même constat avec André qui, elle, aurait cependant déjà trouvé un repreneur. De quoi permettre à Vivarte de récupérer un peu d’argent frais. Encore que, pas sûr qu’André vaille grand-chose, à y bien réfléchir… L’enseigne, l’année dernière, a réalisé un chiffre d’affaires de 101 millions d’euros, pour des pertes de plus de 20 millions d’euros. Et cela fait trois ans que la situation se dégrade année après année : 114 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 pour 24 millions de pertes, 127 millions d’euros de ventes en 2014 pour 8 millions de pertes… Il faut remonter à 2013 pour voir André bénéficiaire : un petit million d’euros, alors…

Vivarte, un navire à la dérive depuis dix ans

Reste une marque qui, encore, veut dire quelque chose. C’est même assez terrible de penser que Vivarte s’apprête à se séparer de son enseigne phare qui, jusqu’en 2001, donnait encore son nom au groupe… Mais la survie du groupe passe par là, sans doute. Avec, comme grande question sous-jacente, de savoir maintenant quoi faire ? Quel avenir pour Vivarte, navire à la dérive depuis dix ans, tombé en quatre ans de 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires à 2,3 milliards d’euros, et plombé par une dette abyssale ?

Le groupe devrait sans doute se recentrer sur deux pôles principaux : le couple La Halle mode et accessoires et La Halle aux Chaussures d’un côté, un pôle spécialisé dans la chaussure ensuite, avec Besson, San Marina ou Minelli.

La Halle et La Halle aux chaussures, un couple de un milliard d'euros

Attardons-nous un peu sur chacun. La Halle mode et accessoires souffre elle aussi. Son chiffre d’affaires a encore glissé de 15% pour s’établir à 461 millions d’euros en 2016. Certes, de nombreux magasins ont fermé – plus de 40% du parc – mais, il n’y a pas si longtemps, en 2012, les ventes atteignaient encore quasi 730 millions d’euros. Les comptes de La Halle aux chaussures n’ont pas été publiés, eux, mais on les avait laissés en chute de 17% en 2015, à 607 millions d’euros. A voir l’annonce d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) faite hier pour cette enseigne, avec 147 fermetures dans les tuyaux, pas besoin d’être grand clerc pour deviner que 2016 n’est pas venue améliorer la situation…

Besson et Caroll en bons élèves

Un mot du pôle chaussures, encore. Minelli a vu son chiffre d’affaires s’effriter de 2,7% pour atteindre 122 millions d’euros, et perd pour la première fois de l’argent en 2016 : 4 millions d’euros en l’occurrence. San Marina recule de 2% également, à 125 millions d’euros, tandis que Besson, sans faire parler d’elle, mais fidèle à son positionnement discount de périphérie, maintient le talon hors de l’eau, réussissant l’exploit de voir ses ventes croître de près de 4% à 244 millions d’euros. Même jolie performance pour l’enseigne de mode Caroll qui, elle aussi, s’affiche dans le vert : +4% à 213 millions d’euros, avec même un bénéfice de plus de 13 millions d’euros. Le signe, quand même, que tout n’est pas complètement noir chez Vivarte. Sauf que tant que le peu d’argent dégagé par le groupe servira plus au remboursement des intérêts de la dette qu’aux investissements en magasins, évidemment, on voit mal comment le Salut pourrait advenir. C’est tout l’enjeu qui se pose à Patrick Puy, Pdg de Vivarte depuis l’automne dernier.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter