Vive la foire !

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Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

C'est parti ! Dans toutes les grandes et moyennes surfaces de France, les foires aux vins sont de retour.

Tous les magazines grand public en parlent, tous les clients l'attendent. Cet événement, créé en 1973 par un Centre E. Leclerc, attire toujours autant de monde. Selon le sondage exclusif mené par Toluna pour LSA, près de la moitié des Français (47,7%) déclarent fréquenter les foires aux vins. Cette année encore, l'objectif sera de faire mieux que l'an passé. Le pari n'est pas gagné d'avance lorsque l'on regarde le cru 2010 : 80 millions d'euros pour Leclerc (+ 8%), 55 M € pour Auchan (+ 7%), 48 M € pour Intermarché (+10%) et 36 M € pour Système U (+ 10%). Le seul Auchan de Roncq, dans le Nord, montre la démesure de l'événement. Avec 1 700 références, il attire 15 000 clients chaque jour. Et cet hypermarché prévoit de vendre un million de bouteilles! Depuis le 13 et jusqu'au 26 septembre, on y dispense des cours d'oenologie, on y rencontre des producteurs. Une soirée « Ladies night » est réservée aux femmes, et une vente aux enchères est lancée sur le Net.

Certes, ce magasin n'est pas unique. Dans de nombreux hypermarchés, mais aussi dans des supermarchés, chez des cavistes ou sur internet, les foires aux vins sont orchestrées par des passionnés qui peuvent parler pendant des heures d'un petit vignoble qu'ils ont dégoté dans le Sud-Est ou en Alsace. Et c'est peut-être là une des grandes raisons de la réussite de cette opération depuis trente-huit ans. Elle ne se banalise pas parce que ceux qui la mettent en musique goûtent, jugent et jaugent (plus de 5 000 vins sont dégustés tous les ans par les oenologues de chaque enseigne). Dans les centrales, les acheteurs, rompus à la négociation et redoutés par bon nombre de petits producteurs, font aussi un véritable travail de sélection par le goût et la qualité, et non plus seulement par le prix ou la quantité. Ensuite, ils réfléchissent « clients ». Ils adaptent l'offre en fonction des demandes des consommateurs, mais aussi de leurs porte-monnaie. Ils savent que, cette année, les Français ne lâcheront pas quelques euros pour un vin décevant, qu'ils recherchent les valeurs sûres et s'aventureront peu sur des terroirs exotiques.

En magasins, les équipes ont su conserver l’esprit de la fête. Ils savent encore ce que signifie animer un rayon.

Enfin, en magasins, les équipes ont su conserver l'esprit de la fête. Ils savent encore ce que signifie « animer » un rayon. Avec des dégustations alléchantes, des mises en avant attractives, des promotions pertinentes. Sans oublier des soirées privées rémunératrices (pour certaines plus de 100 000 € de chiffre d'affaires...). Chacun y va de sa petite idée. Parce que ces chefs de rayon, qu'ils soient oenologues avertis ou simples passionnés, connaissent parfaitement leurs produits et leurs clients. Qu'ils s'approprient l'événement. Et que, en haut, dans les sièges sociaux, on les laisse faire. Finalement, c'est ça le commerce. Dommage que, le reste du temps, centralisation et rationalisation prennent trop souvent le pas sur animation et passion...

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Article extrait
du magazine N° 2195

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