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Vivifiant ! [Edito de la semaine]

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EDITORIAL "Il faut en finir avec la pitoyable image de la génération Y." Par Yves Puget, directeur de la rédcation de LSA

Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA
Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA

Cette semaine, cet éditorial aurait pu porter sur la nouvelle entente sur les prix débusquée par l’Autorité de la concurrence, ou sur les ventes de produits de grande consommation, qui patinent toujours autant. Et même sur la météo, qui n’est guère favorable au commerce. Les sujets ne manquent pas et, malheureusement, ils sont tous plus pessimistes ou tristounets les uns que les autres. Pour qui ne veut pas tomber dans la sinistrose ambiante, il existe pourtant des raisons de s’enthousiasmer.

Le 5 mai, la 8e remise des Trophées Scops de l’innovation commerciale, organisée par le Master Distribution et Relation Client de l’université Paris-Dauphine, a démontré à quel point des jeunes conservent intact leur capacité d’émerveillement. Un signe d’autant plus encourageant que deux mois plus tôt, le 6 mars, la remise du Grand Prix Essec des industries de consommation responsable ne prouvait pas autre chose. Les étudiants, qui ont préparé les dossiers et participé au jury, donnaient l’impression d’avoir de solides convictions et de vouloir les partager, mais aussi de tout faire pour tenter de les imposer.

Ces deux sessions étaient vivifiantes et auraient dû être prescrites à tous ceux qui pensent que l’avenir est sombre et jugent négativement la génération qui s’apprête à prendre la relève. Ces jeunes ne paraissent ni désabusés ni démotivés. Sur les questions du développement durable et de la responsabilité sociétale des entreprises, ils sont beaucoup plus convaincus et motivés que bien des professionnels, parfois blasés et sceptiques. Ils sont passionnés par les marques, adorent les innovations, vivent au quotidien la révolution digitale et ne rejettent en rien le marketing et la société de consommation, comme certains le prétendent (ne pas confondre le refus avec le souhait d’évolution ou de transformation…). Voilà pourquoi si certains s’interrogent non pas de savoir quel monde allons-nous laisser à nos enfants, mais quels enfants allons-nous laisser au monde, on peut leur répondre qu’ils sont prêts à relever le défi.

Il faut en finir avec cette pitoyable image de la génération Y. Ces « apprenants », comme disent les experts de l’Éducation nationale, pour qui le travail ne serait qu’une composante de leur épanouissement personnel, désormais prioritaire. Ces jeunes, rencontrés ici et là, illustrent à quel point idées reçues et poncifs ne font pas des vérités. Que si ces filles et garçons ne prônent pas la révolution, ils ont néanmoins des rêves et des idéaux. Ils ont compris que rien ne leur sera « offert », et qu’ils devront batailler ferme pour faire bouger les lignes et conquérir ce qu’ils souhaitent.

Industriels et distributeurs ont raison de se rapprocher d’eux. De tout faire pour débusquer les perles rares, aussi bien dans les grandes écoles et les universités que du côté des bacs professionnels, des CAP, des BEP et de l’apprentissage – notamment pour les métiers de bouche. Ces futurs salariés ne peuvent et ne doivent pas délaisser le secteur de la consommation. S’ils succombent tous aux sirènes du conseil, du luxe ou de l’internet, ou s’ils décident de s’expatrier une fois leur diplôme en poche, les professionnels prennent un grand risque : celui de passer à côté des managers de demain. Ceux qui regarderont le monde autrement et pousseront à faire ­différemment. 

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