Vobis France joue la franchise

· Le plan de restructuration annoncé par la filiale française du constructeur-distributeur allemand illustre sa difficulté à s'imposer dans l'Hexagone.

Le 18 juillet, Vobis annonçait sa volonté de recourir exclusivement à la franchise pour le développement de son réseau. A l'origine de cette décision, un constat : l'actuel réseau des franchisés se révèle plus efficace que celui des boutiques détenues en propre par le constructeur-distributeur. « La micro-informatique est encore un produit complexe qui réclame une approche individualisée de la clientèle et une politique de services très souple. Deux raisons qui expliquent que la franchise se révèle plus performante », explique Christoph Schniewind, directeur général de Vobis France.

Cinq magasins jusqu'ici détenus en propre par le constructeur sont directement concernés. Ceux de Bordeaux et Lyon vont disparaître (l'enseigne reste malgré tout présente dans ces deux villes grâce à deux franchisés) ; celui de Toulouse, dont l'exploitation fait l'objet d'un plan de reprise par son personnel ; celui de Lille, repris par un franchisé déjà présent dans la ville. Enfin, le magasin du boulevard Haussmann sera transformé en show-room et abritera le siège de la filiale. Seuls les points de vente de la Samaritaine et de Vélizy, bénéficiant d'un trafic suffisant, échappent à la restructuration.

En termes d'emploi, la filiale va voir ses effectifs ramenés de 44 à 16 salariés. 25 auraient déjà accepté un reclassement chez HyperMedia (autre filiale du groupe Metro). La restructuration ne devrait donc entraîner aucun licenciement.

Objectifs inchangés

Pour autant, Christoph Schniewind ne modifie en rien ses objectifs en termes d'implantation (40 magasins à la fin de l'année pour 34 actuellement après restructuration) et d'activité (doublement du CA moyen par magasin d'ici à l'an 2000 (180 millions prévus en 1997). En effet, toujours selon le directeur général, cette restructuration reflète seulement l'immaturité du marché français : « 500 000 micro-ordinateurs ont été vendus en France au premier trimestre 1997 pendant que la Grande-Bretagne en écoulait plus du double. » Et d'affirmer que cette restructuration ne correspond pas à une remise en cause du modèle de distribution basé sur la proximité et une clientèle à dominante domestique.

Pourtant, difficile de ne pas voir dans cette décision les difficultés d'un modèle de distribution calqué sur celui en vigueur en Allemagne. « Le modèle de distribution allemand est très différent de celui que nous connaissons en France. Il ignore les hypermarchés et le poids croissant que ceux-ci exercent sur le marché français de la micro-informatique. Par ailleurs, le client allemand est beaucoup plus pragmatique dans ses choix que son homologue français, beaucoup plus sensible aux grandes marques internationales. Deux facteurs qui gênent sans aucun doute l'épanouissement du modèle Vobis en France », affirme un observateur du marché.
Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1550

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Produits techniques, objets connectés, électroménager : chaque semaine, recevez l’essentiel de l’actualité de ces secteurs.

Ne plus voir ce message