[Woman tax] Non, les produits femmes ne seraient pas plus chers que les produits hommes

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C'est un rapport de Pascale Boistard, secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes, et de Martine Pinville, secrétaire d'Etat au commerce. Non, les produits de grande consommation destinés aux femmes - rasoirs ou autres - ne sont pas plus chers que ceux destinés aux hommes. L'affaire d'une "woman tax" ou d'une "taxe rose", qu'infligeraient les industriels ou les distributeurs, avait fait le buzz et l'Assemblée nationale avait demadé une enquête...

Martine Pinville, secrétaire d'Etat au commerce, il n'y aurait pas de discrimination sur les prix au détriment des femmes
Martine Pinville, secrétaire d'Etat au commerce, il n'y aurait pas de discrimination sur les prix au détriment des femmes

L'affaire avait jeté le trouble sur les pratiques supposées d'industriels et de distributeurs sur les prix des marques de grande consommation destinées aux femmes. "Les femmes paient plus cher que les hommes certains produits du quotidien", ou "pour les femmes, c'est plus cher" ou encore "le surcoût des produits genrés", ou "la woman tax": suite à la dénonciation d'un collectif féministe, les médias s'étaient enflammés et l'Assemblée nationale s'était emparée du sujet à l'occasion de l'examen de la loi Macron. Vrai ou faux ? Le gouvernement devait répondre dans les six mois, avec une étude fiable. 

Pascale Boistard, Secrétaire d’Etat chargée des Droits des femmes et Martine PINVILLE, Secrétaire d’Etat chargée de la Consommation, ont donc fait un rapport, qu'elles viennent d'adresser à la délégation aux droits des femmes et à l’égalité entre les hommes et les femmes de l’Assemblée Nationale et du Sénat sur les différences de prix entre les produits et services destinés aux femmes ou aux hommes. Au final, il n'y en aurait pas, globalement. Rasoirs, shampoings, gels ou mousses à raser, les prix seraient globalement les mêmes. Même si certaines blogueuses, lançeuses d'alerte, ont trouvé des différences. Et avaient interpellé notamment l'enseigne Monoprix sur les écarts constatés. 

"L'étude a été menée sur deux volets, l’un examinant les différences de prix sur les produits, l’autre examinant les différences de prix sur les services, indique un communiqué. Elle n’établit pas de phénomène global et avéré de discrimination ayant un impact significatif sur le pouvoir d’achat. En effet, on constate que les disparités entre sexes peuvent être alternativement défavorables aux hommes ou aux femmes selon les produits. toutefois, la segmentation des marchés en produits plus spécifiquement adressés aux femmes ou aux hommes peut soulever des questions sur l’impact de certaines pratiques de marketing différencié".  

Evaluer les surcoûts liés aux "stéréotypes"

Du coup, le gouvernement veut engager une concertation avec les acteurs  sur ce phénomène. Martine Pinville va saisir prochainement le Conseil national de la consommation (CNC) afin qu’il constitue un groupe de travail  qui sera en charge d’étudier les questions femmes-hommes dans les stratégies mercatiques. En confrontant les pratiques des industriels, des fédérations de service, des distributeurs et les travaux des associations de consommateurs, le CNC devra évaluer l’existence de stéréotypes dans la présentation des produits et services, détablir les surcoûts qu’ils sont susceptibles d’engendrer pour les consommateurs et de proposer des mesures permettant de favoriser l’accès à une information objective pour le consommateur.

"Je salue cette démarche essentielle alors que les femmes sont soumises à des inégalités, notamment professionnelles et salariales, qui pèsent sur leur pouvoir d’achat et les exposent davantage à la précarité", indique la députée Catherine Coutelle, auteur de l'amendement demandant un rapport au gouvernement. Si l'étude des produits (rasoirs, crèmes hydratantes, déodorants) et services (dépanneurs, déménageurs, serrures) sélectionnés, ne permet pas de tirer une conclusion globale, le rapport atteste cependant de l’existence d’inégalités pesant sur les prix, conséquences d’un marketing différencié pesant différemment sur le pouvoir d’achat des femmes et des hommes. Comme l’indique la conclusion du rapport : « la segmentation des marchés en produits plus spécifiquement adressés aux femmes ou aux hommes au-delà d’entretenir les stéréotypes, sont à l’origine d’un surcoût (achats de plusieurs produits, différenciation produisant un prix supérieur) ».

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