Marchés

Xavier Beulin (FNSEA) appelle à l’application de "l’accord du 3 mai"

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Le président de la FNSEA indique que l’évolution des revenus des agriculteurs n’est que le constat "d’une très forte volatilité" des cours des matières premières. Et n'empêche en rien la nécessité "de renforcer l’action pour l’application de l’accord du 3 mai pour la volaille, la filière bovine et la filière porcine" pour rouvrir les négociations avec la grande distribution.

Xavier Beulin veut sauver la flière animale
Xavier Beulin veut sauver la flière animale

Il ne faut pas trop chatouiller le président de la FNSEA sur la forte hausse du revenu des céréaliers, des producteurs colza, de pommes de terre ou de betteraves. La hausse dépasse certes les 40 % d’une année sur l’autre, mais "cette situation ne résulte que de la forte volatilité des marchés" et d’ailleurs, les cours avaient baissé en 2009 dans l’autre sens de 40 % pour l’élevage laitier, les grandes cultures et fruits et légumes. "La volatilité, il va falloir vivre avec, et les exploitations supportent une flambée des prix de l’énergie de 60 %, des intrants de 34 % et de l’aliment du bétail de 25 % en deux ans". A quoi s’ajoute 10 % de baisse du revenu dans le lait et la viande bovine, et 50 % dans la viticulture. Pas de quoi pavoiser.

"Pas de négos sur le boeuf et le porc"

Et pour les filières animales, il faut que la grande distribution accepte des hausses de tarifs. Or, l’accord dit du 3 mai, signé avec la grande distribution sous l’égide des pouvoirs publics comporte toute une batterie d’indicateurs sensés provoquer l’ouverture de négociations dès lors qu’un seuil est atteint. C’est le cas, "pour les trois espèces, la volaille, le bœuf et le porc. Si on ne fait rien pour la filière porcine, il y aura des dégâts dans cette industrie où la main d’œuvre est très importante. Certes, en volailles, les négociations ont démarré et produit des effets, mais rien pour le porc et le bœuf. On attend avec impatience la réaction de la grande distribution".

Une vraie réflexion sur la chaîne de valeur

Pour Xavier Beulin, l’effort demandé n’est pas gigantesque, puisqu’il ne concerne que la part de l’agriculture, à savoir "5,4 % sur 100 € de dépenses alimentaires des Français, comme l’indique le rapport Chalmin". Rapport qui selon lui ne suffit plus. "Nous devons savoir comment se répartit vraiment la valeur ajoutée tout au long de la chaîne. Quand un emballage vaut trois fois le produit qui est dedans, il devient nécessaire de demander aux industriels et aux distributeurs de prendre leur part de réflexion à ce sujet".

Déçu par le ministre

Il est aussi très déçu de l'action du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui aurait supprimé une aide "promise" par l’ancien gouvernement de 8 millions d’euros, rayée d’un trait de plume ; des déclarations du même en faveur du stockage de l’eau alors que la ministre de l’Environnement vient à contrario de bloquer toute évolution à ce sujet. Ou encore de la nomination de Corinne Lepage, ancienne ministre de droite de l’environnement, chargée d’une mission sur les biocarburants. "Si c’est pour nous dire que nous devons abandonner les biocarburants de première génération sans même avoir eu le temps d’obtenir un retour sur investissement, on ne sera pas d’accord".

Pas de leçon à recevoir de la FCD

Et concernant la très forte évolution des revenus céréaliers et la très forte volonté affichée d’une solidarité entre la filière végétale et animale ? Là, Xavier Beulin n’entend pas du tout se laisser donner de leçon comme l’a fait le président de la FCD, Jacques Creyssel, le 21 novembre, lors de la grand’messe des relations commerciales au ministère de l'Agriculture. "On n’a pas du tout aimé ses déclarations consistant à considérer qu’il s’agissait uniquement d’un problème en amont qui devait se régler entre les céréaliers et la filière animale. Le coût de revient de l’alimentation est le même partout dans le monde, on veut mettre en faillite toute une filière sous prétexte de défense du pouvoir d’achat".  La réunion du 21 novembre l’a déçu, même si elle a donné l’occasion de réfléchir "aux deux ou trois amendements nécessaires –dans la future loi Hamon -  pour faire appliquer la LME".

Le fonds de solidarité céréaliers éleveurs mal en point

Et concernant le fonds promis par les céréaliers pour aider les éleveurs ? "Je ne cache pas que nous avons un problème, il n’est pas possible d’imposer une CVO (cotisation volontaire obligatoire), parce qu’il y a déjà eu des condamnations pour ce type de pratique. Cet engagement ne peut être que volontaire et il y a des difficultés pour  trouver le bon moyen d’y parvenir. Je demande à Stéphane Le Foll de nous aider à ce sujet". De là à considérer que l’élan de solidarité originel, alignant toute les filières depuis les céréaliers en passant par les industriels de l’aliment et les coopératives a fait long feu… Pourtant, l’effort paraissait minime, de l’ordre de 2 € la tonne de céréales pour créer un fonds de quelques dizaines de millions d’euros. Dur. Vivement la trêve de Noël qui pourrait donner à réfléchir sur les bienfaits de la générosité !  

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