Xavier Beulin veut des hausses de prix et "repenser le mode de consommation"

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Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, est sur le pont pour transformer la hausse de prix des matières premières qui sévit tous secteur confondus en hausse des tarifs à présenter à la grande distribution.

Xavier Beulin

"La répercussion des prix doit être acceptée par les grandes surfaces, et celles-ci doivent faire preuve de discernement. Il est évident que les prix des produits peu transformés doivent augmenter plus que les produits élaborés et marketés. Pour une côte de porc, la hausse nécessaire pour les producteurs est de huit centimes, en amont, ce qui veut dire que les prix en magasin doivent augmenter de 6 centimes".

Appel à la grande distribution

Il estime que le dialogue avec la grande distribution, qui est engagé, va aboutir à 100 % "parce que nous sommes dans notre bon droit", mais sans se substituer aux entreprises comme "LDC ou Bigard qui restent maîtres de leurs propositions". Le président du syndicat agricole majoritaire demande également à la grande disribution d'être "le quatrième maillon de la chaîne de valeur" dans la voie de la contractualisation afin de fixer des prix et des volumes à moyen terme, qui assureraient des débouchés aux producteurs à une fourchette de valeur convenue d'avance. Mais Christiane Lambert, membre du bureau de la FNSEA, a admis qu'il était difficile de faire signer des contrats aux producteurs quand les prix sont à la hausse.

Préparer les négociations commerciales

Interrogé sur l'Observatoire des prix et des marges, ainsi que sur le taux de marge de 7 centimes annoncé par la FCD sur un panier de 50 euros, Xavier Beulin a indiqué qu'il respectait le sérieux de la démarche de l'Observatoire et qu'il ne contestait pas les chiffres de la FCD. "Ce n'est pas le problème, ce que nous voulons avec la distribution c'est qu'il y ait de la maturité intellectuelle pour les négociations". Christiane Lambert a toutefois rappelé que "la grande distribution dit qu'il fait moins de 1 % de marge, mais sur le jambon blanc c'est 6,7 % !". Question de péréquation, sans doute.

Réduire les dépenses connexes

Le président a enfin posé la question de la valeur des matières premières dans le prix du produit. "J'entends Unilever et Michel-Edouard Leclerc qui se posent la question de la pauvreté en Europe. Je pose la question, est-ce qu'il n'y a pas des économies à faire sur tout ce qui entoure le produit, les emballages, le marketing ? Sans revenir à la vente de produit en vrac, il y a sans doute à réfléchir sur une autre consommation. Ce n'est pas la valeur de la matière première, qui n'a cessé de baisser, qui est en cause".

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