Y aura-t-il un effet Coupe du monde ?

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L'euphorie de la qualification de l'Équipe de France de football pour la Coupe du monde, qui se déroulera au Brésil l'année prochaine, ne devrait avoir aucune conséquence macroéconomique. Quelques secteurs pourraient néanmoins en bénéficier.

Brazuca, le nom du nouveau ballon de la coupe du monde.
Brazuca, le nom du nouveau ballon de la coupe du monde.

« OUI » SUR LE SPORT

Adidas fournisseur officiel a vendu 1 M de ballons officiels en France lors de la dernière édition (et 13 M dans le monde). L'équipementier anticipe un bond de 15% des ventes de son ballon Brazuca (photo) par rapport à 2010. Pour Nike, fournisseur du maillot bleu, ça dépendra du parcours de l'Équipe de France.

Les répercussions de la Coupe du monde sur l'économie, c'est un peu comme le loto. Tout le monde en parle, beaucoup en rêvent, mais, au final, il y a très peu de gagnants quand il y en a... La qualification de l'Équipe de France pour la Coupe du monde au Brésil en 2014, sorte d'oasis de bonne nouvelle dans un désert de morosité, aura-t-elle des conséquences positives sur l'économie ? « Non », assurent en choeur les économistes, qui estiment que, si bénéfices macroéconomiques il y a, ce sera pour le pays organisateur (on évalue en général à 1% du PIB le surcroît d'activité). Mais pour la France, simple participante, l'effet « Coupe du monde » ne sera certainement pas retenu à Bercy au moment de ficeler le prochain budget.

Susciter l'enthousiasme

« PEUT-ÊTRE » SUR L'ALIMENTAIRE

Si le snacking pourrait bénéficier de la présence de la France grâce à des opérations promos accrues (les ventes de pizzas sont 10 à 12% supérieures sur ces périodes), cela dépendra du parcours de l'Équipe. Pour les bières, sodas, etc., l'influence de la météo est encore plus importante.

S'il n'y aura pas c'est certain de raz-de-marée, il y aura néanmoins des vaguelettes dans la consommation, qui pourraient profiter à certains secteurs. À commencer par le sport, évidemment. Les Coupes du monde sont toujours des événements lucratifs pour les équipementiers et enseignes de sport. Ainsi Adidas, le fournisseur officiel du ballon depuis plus de quarante ans. « Nous en avons vendu plus de 13 millions lors de la dernière Coupe du monde et allons dépasser les 15 millions pour l'édition brésilienne, évalue Nicolas Favre, le directeur de la communication d'Adidas France. Nous en vendons plus d'un million en France. » Côté maillots, c'est plus aléatoire. Ça dépendra d'avantage du parcours de l'équipe de France et de l'enthousiasme qu'elle suscite. Mais la marque aux trois bandes se souvient que, lorsqu'elle était en contrat avec la FFF (c'est désormais Nike), elle vendait entre 300 000 et 500 000 maillots bleus, selon les compétitions. Pour les distributeurs spécialisés dans le sport, la présence française a surtout été vécue comme un soulagement. Les enseignes ayant déjà passé commandes des maillots « replicas » floqués du nom des joueurs auraient eu de gros stocks sur les bras en cas de non-qualification. Un grand « ouf » doublé d'un enthousiasme : « La présence de la France, c'est plus d'animations, plus de commandes et, in fine, plus de chiffre d'affaires », estime Michel Sorin, administrateur chez Sport 2000.

« OUI MAIS » SUR LA TÉLÉ

Sur un marché de la télé touché depuis trois ans, la Coupe du monde ne devrait pourtant n'être qu'une légère bouffée d'oxygène. Les industriels anticipent des ventes orientées à la baisse en volume pour 2014 (- 9%, à 4,7 M). Mais un léger sursaut en valeur du fait de l'équipement en plus grande taille.

 

Autres gagnants potentiels dans le non-alimentaire : les téléviseurs. Lors des deux précédentes éditions de la Coupe du monde, les ventes d'écrans plats avaient bondi. Et sur un marché qui souffre depuis trois ans, le coup de pouce de la bande à Ribéry est appréciable. Mais pas de quoi s'enflammer. « C'est difficile de comparer avec 2006 et 2010, qui étaient deux années de renouvellement technologique pour les foyers, avec l'écran plat et le " switch " du numérique, prévient Patrick Chardin, directeur général de LG France. Il y aura, selon nous, deux effets de cette qualification : une anticipation des achats à mai-juin au lieu de la fin d'année, et un petit effet en valeur, car les enseignes mettront en avant les plus grandes tailles d'écran. »

Amortir le choc

Au final, le coréen estime que les volumes devraient poursuivre leur dégringolade en 2014 (- 9%, à 4,7 millions d'unités), mais un petit effet en valeur devrait permettre d'amortir le choc (- 5 à - 6%, contre - 12%, initialement estimés par le fabricant).

Si dans le non-al, industriels et distributeurs se livrent à des prévisions, dans l'alimentaire, c'est plus arbitraire. Les marchés du snacking, des boissons et des pizzas pourraient bénéficier d'un possible effet, à condition que la France se qualifie et génère un engouement du public. Ce qui n'avait pas été le cas il y a quatre ans. « Sur la période juin-juillet 2010, il y avait bien eu une croissance de 5% de la consommation de bières par rapport à la même période un an plus tôt, note Jacques Dupré, directeur insights d'Iri, mais c'est surtout l'effet de la météo, qui avait été meilleure sur la période. » Et si la dynamique avait été aussi favorable sur les pizzas et apéritifs sur la même période en 2010 (+ 4 à 5%), elle s'était poursuivie après l'élimination de l'Équipe de France en Afrique du Sud. En juin prochain, le seul bleu qui fera vendre sera peut-être celui du ciel...

 

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Article extrait
du magazine N° 2299

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