Amazon veut recruter 3000 collaborateurs en CDI en France en 2022

Le géant de l'e-commerce pourra grâce à ces 3000 embauches soutenir la croissance de son activité tricolore. Mais les recrutements ne sont chose aisée pour Amazon, dont les conditions de travail en entrepôt sont difficiles. Pour pallier à la pénurie de main d'œuvre, la société travaille en France main dans la main avec Pôle emploi. Aux USA, le groupe a revu sa politique salariale à la hausse.

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amazon senlis
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Data scientist, chargés des opérations logistiques, techniciens de maintenance, responsables des relations fournisseurs, développeurs… Amazon prévoit de créer 3000 postes en CDI en France en 2022, portant les effectifs du groupe à 18 500 CDI. En 2021, le géant de l'e-commerce a recruté 4000 personnes en contrat à durée indéterminé. "Nous avons créé plus de 10 000 emplois en CDI au cours de ces cinq dernières années", indique Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France dans un communiqué. Ces embauches permettent à la société de soutenir la croissance forte de son activité, portée par la pandémie de Covid-19. Le chiffre d'affaires tricolore du groupe en 2020 (dernier chiffre dévoilé par Amazon) s'est élevé à 7,3 milliards d’euros, contre 5,7 milliards en 2019.

Le titan de la vente en ligne communique tous les ans sur ses embauches, à grand renfort de communiqués de presse, car il a besoin de muscler sa marque employeur à deux niveaux : pour recruter des ouvriers dans ses centres logistiques, mais aussi pour attirer des talents de la tech dans les équipes de sa branche cloud ou celles chargées d'améliorer le fonctionnement de sa marketplace, alors que la concurrence avec les autres géants du net pour ces profils techniques rares fait rage, en France et ailleurs dans le monde.

Conditions de travail difficiles en entrepôts

Les conditions de travail des ouvriers des entrepôts Amazon sont difficiles : en 2019 aux USA, 6% d'entre eux ont été victimes d'un accident du travail les obligeant à cesser provisoirement leur activité ou à prendre un autre poste, moins intense physiquement. C'est 80% de plus que chez les employés d'autres sociétés américaines travaillant à des postes équivalents, soulignait en 2020 dans un rapport le Strategic organizing center, un groupement de syndicats. Le groupe essaye d'améliorer la situation. Il a investi plus d'un milliard de dollars dans de nouvelles mesures de sécurité en 2020 et dispose d'une équipe de 6200 personnes pour gérer les questions de santé et de sécurité de ses salariés.

Pour les postes techniques, Amazon fait face à la concurrence de Meta (ex-Facebook) et autres Google, qui recrutent des ingénieurs informatiques à des salaires atteignant parfois le million de dollars annuels sur certains postes, rémunérations auxquelles s'ajoutent des plans d'épargne en actions. En 2021, 35% des ingénieurs auraient quitté Amazon Web Service (la branche cloud de la compagnie) aux USA, principalement pour des questions salariales, selon des sources internes citées par Insider. Pour ce qui est de la France, Amazon ne donne pas, dans son communiqué, d'informations sur le nombre de salariés qui ont choisi de quitter ses rangs en 2021, tant au niveau de ses centres logistiques que de ses équipes informatiques.

Des augmentations de salaires

Dans ce cadre, le recrutement n'est pas une mince affaire. Dans l'Hexagone, le groupe a signé en février 2021 une convention nationale avec Pôle emploi. "Conformément aux engagements de la convention, Amazon a eu recours au dispositif des emplois francs pour permettre aux candidats les plus éloignés du marché du travail de bénéficier de ces opportunités d’emploi. Cet engagement porte ses fruits notamment à Brétigny-sur-Orge en Ile-de-France, puisque fin 2021, 300 recrutements ont été réalisés grâce à ce dispositif", détaille Jean Bassères, directeur général de Pôle emploi dans un communiqué Amazon. Présenté comme un engagement du groupe "en faveur de la diversité, de l’égalité des chances, et de l’insertion durable des demandeurs d’emploi notamment parmi les jeunes", cet accord met aussi en lumière les difficultés auxquelles fait face la multinationale pour recruter des salariés intégrés au marché du travail en France.

Aux Etats-Unis, Amazon a été contraint d'augmenter fortement les salaires de ses salariés, d'autant plus qu'ils diminuent mécaniquement à cause de la forte inflation (6% en 2021 dans le pays). La pénurie de main d'œuvre a coûté à la société 4 milliards de dollars en 2021, a indiqué le PDG Andy Jassy lors de la présentation des résultats du groupe, impactés par cette dépense. Au bas de l'échelle salariale, Amazon US a augmenté d'un dollar les émoluments des ouvriers de ses centres logistiques à l'embauche, passant de 17 à 18 dollars de l'heure, en septembre 2021. En haut, le groupe a décidé de doubler le niveau maximal du salaire de base de ses collaborateurs Américains, "afin que nous restions compétitifs", a indiqué l'entreprise dans un communiqué. Le salaire de base chez Amazon sera ainsi aligné sur le salaire médian aux Etats-Unis sur des postes similaires, indique la société au média Insider. Reste que dans ce contexte de pénurie de main d'œuvre, les concurrents d'Amazon vont eux aussi ajuster leur politique salariale, en entrepôts et pour trouver des talents pour leurs équipes techniques. Cette course à la hausse des salaires pourrait bien être un marathon plutôt qu'un sprint.

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