L'UE inflige à Google 4,3 milliards d'€ d'amende pour abus de position dominante

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La Commission européenne a conclu que Google utilisait Android pour renforcer la position dominante de son moteur de recherche. L'Américain, qui estime au contraire avoir contribué à la démocratisation du marché du mobile, va faire appel.

La Commission européenne vient d'infliger à Google une amende de 4,3 milliards d'euros pour abus de position dominante.
La Commission européenne vient d'infliger à Google une amende de 4,3 milliards d'euros pour abus de position dominante.© Grecaud Paul

Le 18 juillet, la commissaire européenne à la concurrence a conclu une enquête de plus de trois ans en condamnant Google et son système d'exploitation mobile Android à 4,34 milliards d'euros (5 milliards de dollars), un record. Margrethe Vestager a ainsi estimé : "Google utilise Android comme un véhicule pour consolider la position dominante de son moteur de recherche. Ces pratiques ont privé ses concurrents de la possibilité d’innover et de lui livrer concurrence par leurs mérites. Elles ont privé les consommateurs européens des avantages d’une concurrence effective sur le marché important des appareils mobiles. Cette pratique est illégale au regard des règles de l’UE en matière de pratiques anticoncurrentielles." Google dispose de 24h pour cesser ses pratiques, "sinon il encourt de nouvelles pénalités".

Cette amende est la plus importante jamais infligée par Bruxelles au motif d'une infraction au droit de la concurrence. Google détenait déjà le précédent record - 2,4 milliards d’euros en juin 2017 - pour avoir favorisé son comparateur de prix Google Shopping sur son moteur de recherche principal, au détriment des services concurrents.

Une pression sur les fabricants de smartphones et les opérateurs

Dans le cas présent, la Commission reproche à Google, dont Android équipe 80% des smartphones dans le monde, d'avoir :

  • "exigé des fabricants qu'ils préinstallent l'application Google Search et son navigateur (Chrome) comme condition à l'octroi de la licence pour sa boutique d'applications en ligne (Play Store)".
  • "payé certains grands fabricants et certains grands opérateurs de réseaux mobiles pour qu’ils préinstallent en exclusivité l’application Google Search sur leurs appareils".
  • "empêché les fabricants souhaitant préinstaller les applications Google de vendre ne serait-ce qu’un seul appareil mobile intelligent fonctionnant sur d’autres versions d’Android non approuvées par Google (les “forks Android”)".

Autrement dit, Bruxelles reproche à Google d'avoir entravé le développement de moteurs de recherche concurrents de Google Search ainsi que de systèmes d'exploitations concurrents d'Android.

Google va faire appel

La firme américaine, pour sa part, estime qu'Android a au contraire oeuvré à la diminution du prix des smartphones et à la démocratisation de ce marché. Elle a donc immédiatement annoncé qu'elle allait faire appel. "Android a créé davantage de choix pour tout le monde, pas moins. Un écosystème vivant, des innovations incessantes, et des prix plus faibles qui sont des marqueurs classiques d’une concurrence robuste", a commenté son porte-parole Al Verney.

Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a salué mercredi "une excellente décision". "Personne n'est au-dessus des règles qui ont été établies en commun, ni Google, ni personne" a-t-il commenté lors du compte rendu du conseil des ministres.

Rappelons qu'Alphabet, la maison-mère de Google, a enregistré en 2017 un chiffre d'affaires de 110,9 milliards de dollars pour 12,7 milliards de profits.

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