Chapitre.com entame son redressement
Ballotté, malgré lui, par la chute du réseau de librairies Chapitre, le site chapitre.com, entité juridique à part, entend maintenant sortir de l’ornière et jouer à fond sa carte de pure player du livre.
Depuis huit longs mois, pour chapitre.com, pas grand-chose d’autre à faire que le dos rond… Et comment pouvait-y en aller autrement ? Fin novembre 2013, le réseau des 57 librairies Chapitre disparaît. Le site chapitre.com a beau être une entité juridique différente, non concernée par cette chute, l’amalgame est évident. « On a courbé l’échine, relate Didier Ballot, directeur général de Chapitre.com. Nous avons a perdu mécaniquement jusqu’à 30 % de visiteurs sur le site, et donc autant de chiffre d’affaires. Il nous faut maintenant repartir de l’avant. »
L’histoire, en somme, d’un pure player, né en 1997, devenu retailer et qui, par la force des choses, redevient pure player… Mais sans repartir de zéro, loin de là. Le site, troisième vendeur de livres en ligne, après Amazon et la Fnac, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros. Certes, loin des deux premiers, mais avec un parti pris intéressant à développer. « Nous réalisons 30% de notre chiffre via les livres rares et les livres d’occasion », explique ainsi le directeur général, qui dévoile par ailleurs la nouvelle signature du site : « Tous les livres, même les introuvables ».
Un concurrent de poids
Pour être au rendez-vous de cette promesse, chapitre.com s’appuie sur la profondeur de son catalogue, puisée notamment grâce aux partenariats passés avec 300 bouquinistes. C’est bien, mais c’est, quand même, se retrouver en concurrence frontale avec un certain… Amazon. Pas facile.
Un rapide test, sur Le Grand Meaulnes, d’Alain-Fournier, permet de s’en apercevoir très vite. Si les sites de la Fnac et d’Amazon arrivent en haut de la liste du moteur de recherche, ce n’est pas le cas de chapitre.com… Pour autant, assure Didier Ballot, « 50 % des connexions sur notre site proviennent de ces moteurs de recherche ». C’est donc dire si des progrès sont à faire. Et c’est dire, surtout, si les techniques de référencement sont plus que jamais au centre de toute la stratégie, si chapitre.com veut se faire sa petite place au soleil du web. « 30 % de notre budget marketing sont investis dans le référencement », assure le directeur général, conscient que là se gagne la bataille.
Le reste est affaire d’excellence d’exécution, comme on dit. Chapitre.com dispose, dans ses deux entrepôts de 3 000 m², à Lamnay et Conneré, près du Mans, de plus d’un million de livres en stock. « Notre objectif est que 80 % des commandes soient traitées et expédiées dans la journée », explique Didier Ballot. Une nécessité aujourd’hui.
Plus de stock et de réactivité
Sauf que chapitre.com n’y est pas encore : le ratio atteint 70 % aujourd’hui. Mais le site travaille ardemment à améliorer ce pourcentage. Cela passe par davantage de stocks, encore. Cela passe aussi par des entrepôts sans cesse plus efficaces. « Nous avons doublé notre capacité de traitement et d’envoi pour la porter à 1 000 colis de l’heure, détaille Didier Ballot. Jusqu’à 16 heures, toute commande passée doit pouvoir être traitée et prise en charge par La Poste le jour même. » En clair, faire aussi bien qu’Amazon pour, sinon rivaliser avec le géant américain, du moins, se mettre dans son sillage. Et faire valoir sa petite musique de libraire, surtout.
Jean-Noël Caussil
Les pistes du renouveau<
- Une nouvelle signature, « Tous les livres, même les introuvables », pour s’inscrire en librairie spécialiste, notamment dans le livre rare et d’occasion.
- De gros efforts, en amont (stockage, entrepôts), pour répondre aux exigences de qualité de service client : expédier les livres le plus rapidement possible.
- Se différencier en proposant des services inédits : un accord avec la BNF et sa base de livres anciens Gallica (240 000 titres) avec possibilité d’impression à la demande. Un service d’autopublication à la demande également.
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