Livraison rapide : la foodtech La Belle Vie lève 5,5 millions d'euros

La jeune pousse parisienne, rentable sur ses commandes, coupe au maximum ses coûts grâce à une organisation logistique millimétrée.

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Livraison rapide : la foodtech La Belle Vie lève 5,5 millions d'euros
Livraison rapide : la foodtech La Belle Vie lève 5,5 millions d'euros.

La foodtech La Belle Vie, Speedy Gonzales spécialisée dans la livraison rapide de produits alimentaires, lève 5,5 millions d'euros. Le fonds d'investissement Kima Ventures, l’accélérateur ShakeUp Factory ainsi que les business angel Julien Mangeard (CTO de Vente Privée), Thibaut Faurès Fustel de Coulanges (CEO de Dalenys) et Louis Duclert (CEO de LO capital) ont participé à ce tour de table.

Grâce à ces fonds, l'entreprise prévoit d'ouvrir un nouvel entrepôt à Paris. Elle souhaite également étendre son offre de livraison de 4500 produits frais en une à trois heures, aujourd'hui disponible en région parisienne, en France et en Europe. En 2018, la société se lancera à Lyon. Elle prévoit de se déployer à Bordeaux, Lille et Londres en 2019. Elle va également étendre son catalogue de 4500 produits haut de gamme frais, secs et faits maison, sans donner de chiffres plus précis.

Bouillonnement dans le secteur de la livraison rapide

Partenariat Monoprix-Amazon autour du service de livraison rapide Prime Now officialisé au mois de mars, lancement de l'offre de livraison à domicile Leclerc chez moi à Paris en mars également… Le bouillonnement en cours autour de cette verticale business a facilité la levée de fonds de La Belle Vie. "Cette effervescence valide l'existence d'un marché important", se félicite Paul Lê, co-fondateur et président de la start-up, fondée en 2015 et qui a lancé son offre en janvier 2016.

Mais l'intérêt des investisseurs est surtout lié à la rentabilité du service, qui détonne dans un secteur où de nombreuses foodtech flambent le cash qu'elles collectent au cours de levées de fonds géantes. "La Belle Vie ne perd pas d'argent sur chaque commande. Nous nous sommes construits comme des épiciers, pour lesquels un centime est un centime. Nous avons donc créé un logiciel de gestion des commandes et des livraisons que nous mettons à jour une fois tous les deux jours en moyenne. Son objectif numéro un : couper les coûts. En jouant sur des variables comme le parcours des préparateurs dans notre entrepôt, le parcours des livreurs ou leur nombre, nous sommes parvenus jusqu'à présent à gagner entre 0,5 et 1,5 point de marge tous les mois depuis notre lancement", explique Paul Lê.

Couper les coûts au maximum

Pour couper les coûts, l'entreprise a également créé un laboratoire de transformation de produits en interne, où elle prépare en moyenne une centaine de plats frais par jour. "Cela nous permet de faire tourner les stocks pour ne livrer que des articles ultra-frais. Lorsqu'un concombre a la gueule cassée, nous en faisons des bâtonnets ou des rondelles pour une salade. Nous pouvons ainsi acheter de plus gros volumes et donc faire baisser les prix", souligne le patron.

Le cœur de métier de La Belle Vie est la logistique. Les distributeurs optent souvent pour une logique ship from store. "En magasin, les préparateurs de commandes sont en concurrence avec les clients ce qui les ralentit et fait baisser la fiabilité des stocks. Nous avons opté pour un entrepôt de 500 mètres carrés dans le 13e arrondissement de Paris, où les produits sont rangés à côté des articles avec lesquels ils sont souvent commandés, ainsi que par poids (les articles les plus lourds étant les plus proches du point de contrôle qualité, par lequel passe chaque commande, ndlr)", détaille le président. La Belle Vie modifie l'organisation des articles dans son entrepôt au moins une fois par jour en fonction des conseils de son algorithme autoapprenant.

La foodtech compte aujourd'hui 5000 clients réguliers. Son cœur de cible est proche de celui de Monoprix. "Mais notre gamme de produits bios et d'artisans est plus étendue. Nous vendons en plus du fait maison ce qui nous différencie de ce concurrent", indique Paul Lê. L'entreprise peut se targuer d'un taux de rétention important. 50% des clients consomment toujours sur la plate-forme un mois après leur inscription et 40% au bout de 10 mois. La jeune pousse compte rester indépendante, même si elle n'exclut pas de collaborer avec de grands distributeurs, qui l'ont déjà contactée à plusieurs reprises.

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