Marchés

Nicolas Neykov (Ferrero): "Des millions et des millions d’articles ont été détruits"

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Dans une interview au Parisien, Nicolas Neykov, directeur général de Ferrero France, répond aux questions des lecteurs du quotidien à la suite du scandale sanitaire qui a touché les produits de Nutella. 

Nicolas Neykov se dit "profondément désolé".
Nicolas Neykov se dit "profondément désolé".

"Nous avons perdu 40 % de notre chiffre d’affaires à Pâques, qui est un temps fort pour nous. L’impact financier global avoisinera plusieurs dizaines de millions d’euros", explique Nicolas Neykov, directeur général de Ferrero France, dans un entretien accordé à quelques lecteurs du Parisien. Plus de "3 0000 tonnes. Des millions et des millions d’articles ont été détruits", assure-t-il. Nicolas Neykov se dit "profondément désolé. Ce n’est pas acceptable. Les familles qui ont subi des préjudices, comme vous, seront indemnisées. Ferrero veut joindre les actes à la parole et vous dédommager financièrement". On apprend ainsi dans cet entretien que Ferrero a reçu plus de 150 000 demandes de dédommagement "Aujourd’hui, nous en avons satisfait 90 %". Avant de dire "Je vous le dis droit dans les yeux : vous serez dédommagée. Je ne parle évidemment pas de bons d’achat, mais bien de la réparation d’un préjudice, que nous allons apprécier individuellement, famille par famille, en fonction de la durée d’hospitalisation, de la présence ou non de séquelles, etc. Nous sommes actuellement en lien avec plusieurs dizaines de familles".

Que s'est-il passé. "Le 15 décembre, notre système de sécurité détecte de la salmonelle. Dès cette alerte, on se met en état d’urgence : on arrête toutes les lignes de production, on ferme l’usine, on jette ce qui a été fabriqué. Tout est nettoyé avec de l’huile végétale à 75 degrés. La zone de contamination est ensuite identifiée : la cuve à beurre. La totalité de nos tests réalisés les jours suivants sont négatifs, ce qui nous permet alors de rouvrir l’usine. À ce moment-là, on est absolument certain qu’aucun produit contaminé n’a été mis sur le marché. Que s’est-il passé après ? L’enquête le dira", explique-t-il. Affirmant aussi que "Non. Arlon n’est pas une usine poubelle, 36 millions d’euros y ont été investis ces dernières années. Jamais il n’y a eu tromperie ou volonté de cacher la vérité". Et l'usine d’Arlon en Belgique va-t-elle rouvrir ? "Nous avons demandé une réouverture à compter du 13 juin pour redémarrer la production au plus tôt. Nous avons pour cela présenté le 4 mai un plan aux autorités sanitaires belges. 1 000 salariés de l’usine travaillent sept jours sur sept à sa réouverture. 10 000 pièces vont être démontées et nettoyées une par une. Nous travaillons aussi sur les deux points d’entrée potentiels de la bactérie : les matières premières (que nous allons entièrement isoler du reste de l’usine, afin de vérifier qu’elles sont bien saines) et les hommes (par la création d’un sas de décontamination). Je vous l’annonce : alors que, pour l’heure, 100 % de ces tests étaient faits en interne par Ferrero, 50 % de nos tests seront désormais réalisés par un laboratoire extérieur homologué. Ces nouveaux protocoles seront étendus à toutes nos usines, dont celle de Normandie". 

Et pour l'avenir? "L'industriel qui est aujourd’hui le plus regardé et contrôlé dans le monde, c’est Ferrero. Nous avons eu un nombre inimaginable de contrôles dans nos usines et nos entrepôts, partout dans le monde. En Normandie à Villers-Écalles (Seine-Maritime), où est fabriqué le Nutella, les autorités sanitaires françaises sont venues plusieurs fois. Elles ne seraient pas reparties sans de fortes garanties. Vous pouvez consommer des produits Ferrero sans aucun souci", répond Nicolas Neykov. 

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